René Lesage et Luc Gendron coupables de proxénétisme

René Lesage et Luc Gendron ont été reconnus coupables de proxénétisme en lien... (Émilie O'Connor, Archives Le Nouvelliste)

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Émilie O'Connor, Archives Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) René Lesage et Luc Gendron ont été reconnus coupables de proxénétisme en lien avec le réseau de prostitution qui opérait à l'ancien motel Turco à Trois-Rivières en 2011 et 2012.

Au terme d'un procès qui s'était tenu en juillet dernier, la juge Guylaine Tremblay a en effet conclu, hier, qu'ils avaient bel et bien exercé un contrôle et une influence sur des femmes afin qu'elles s'adonnent à la prostitution à des fins de lucre. Il s'agit en effet de l'accusation qui avait été portée contre eux à la suite de leur arrestation en mars 2012.

Dans cette affaire, l'enquête policière avait révélé que Lesage et Gendron vendaient non seulement des stupéfiantss (cannabis, cocaïne, méthamphétamines et Viagra) à cet ancien motel mais qu'ils avaient également mis sur pied un réseau de prostitution par le biais des agences Éveil et Clin d'oeil. Les escortes, recrutées dans les petites annonces, travaillaient dans les chambres du motel et dans des logements situés sur la rue Louis-Pasteur.

Lors du procès, l'avocat de la défense Me Michel Lebrun avait plaidé le fait qu'en aucun temps ses clients n'avaient forcé les femmes à se prostituer et qu'ils n'avaient usé de violence envers elle. En ce sens, il avait même indiqué que des représentants du projet CatWowan se rendaient régulièrement sur place pour rencontrer les prostituées et leur fournir des condoms.

Or, le procureur de la Couronne Me Julien Beauchamp-Laliberté avait pour sa part rappelé que la violence n'était pas nécessaire pour exercer un contrôle et une influence sur ces femmes.

La juge a en effet relevé plusieurs faits démontrant que les suspects avaient bel et bien eu ce contrôle sur les activités des prostitution en leur imposant par exemple un minimum de six heures de travail lorsqu'elles avaient des clients, en fixant les tarifs, en s'octroyant des redevances sur leurs gains, en leur fournissant un chauffeur, en les obligeant à verser 20 $ pour le ménage de la chambre sans égard au nombre de clients. Les escortes ne pouvaient abuser de l'alcool et de la drogue dans le cadre de leurs fonctions et il leur était interdit de travailler pour une autre agence.

Pour ces raisons, le tribunal a donc déclaré coupables René Lesage et Luc Gendron d'avoir agi comme proxénètes. Les plaidoiries sur sentence ont été fixées au 8 octobre.

Rappelons que l'accusation qui pesait contre eux n'avait pas été invalidée par la Cour suprême contrairement à celle d'avoir tenu une maison de débauche. Ces chefs qui avaient également été portés contre MM. Lesage et Gendron, avaient d'ailleurs fait l'objet d'un arrêt des procédures.

La preuve policière découle du travail d'agents d'infiltration qui avaient acheté de la drogue au comptoir du motel et qui avaient aussi prétendu être des filles intéressées par le travail d'escorte afin de passer une entrevue avec les dirigeants présumés. De plus, des policiers avaient fait appel aux services d'escortes dans différents endroits pour ensuite annuler à la dernière minute. Par exemple, le tarif d'une heure pour une relation sexuelle complète dans un des endroits dirigés par le réseau était de 120 $. De ce montant, 35 $ allait à l'agence, 70 $ allait à la prostituée et 15 $ étaient versés à la réception.

En ce qui concerne la vente de stupéfiants, MM. Lesage et Gendron avaient plaidé coupable en avril dernier à des accusations de trafic de stupéfiants et possession pour fins de trafic. Les plaidoiries sur sentence auront également lieu le 8 octobre.

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