Pornographie juvénile: dix mois de prison pour Vincent Bouchard

Vincent Bouchard, ex-entraîneur de football du Complexe Alphonse-Desjardins... (Photo: Archives, Le Nouvelliste, François Gervais)

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Vincent Bouchard, ex-entraîneur de football du Complexe Alphonse-Desjardins et de l'Académie Les Estacades, a reçu une sentence de dix mois de prison, dont cinq dans la collectivité.

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Joliette) Vincent Bouchard, cet ex-entraîneur de football du Complexe Alphonse-Desjardins et de l'Académie Les Estacades, devra purger dix mois de prison, dont les cinq derniers dans la collectivité, pour des infractions en lien avec la pornographie juvénile.

Lors de son retour au palais de justice de Joliette mercredi, il savait toutefois ce qui l'attendait puisqu'il avait pris soin d'apporter sa valise. C'est que la sentence entérinée par le juge Bruno Leclerc était issue d'une suggestion commune des avocats au dossier. 

Dans les faits, il a pris le chemin de la prison pour les cinq prochains mois pour avoir produit et distribué de la pornographie juvénile. En ce qui concerne l'infraction d'avoir comploté avec Sonia Boivin, une ex-enseignante de Notre-Dame-des-Prairies, pour commettre un leurre, il écope de cinq mois consécutifs qu'il pourra cependant purger dans la collectivité. Au cours des deux premiers mois, il sera assigné à son domicile 24 heures sur 24 sauf pour fins de travail et urgences médicales.  Il sera ensuite soumis à un couvre-feu de 23 h à 7 h. 

Une probation d'une année lui a également été imposée. Enfin, il sera inscrit au Registre des délinquants sexuels à perpétuité et ne pourra pas avoir d'armes en sa possession pour les dix prochaines années. 

Quant à Sonia Boivin, coupable des mêmes chefs, elle a écopé de trois mois de prison, suivis de cinq mois dans la collectivité avec les mêmes conditions. La seule différence est qu'il lui sera interdit de consommer de l'alcool durant son sursis et sa probation. 

Elle a par ailleurs eu droit à une sentence suspendue pour avoir brisé une condition qui lui interdisait d'utiliser un ordinateur à la suite de son arrestation. Elle avait voulu vendre des bijoux par le biais de son compte Facebook pour se renflouer.

Les faits qui leur sont reprochés ont été commis entre le 3 septembre 2011 et le 15 octobre 2011. Vincent Bouchard a rencontré Sonia Boivin sur le Réseau Contact en se faisant passer pour un autre homme. Or, leurs conversations ont rapidement pris une tournure sexuelle dans laquelle il était question de personnes mineures. Bouchard a donc créé un autre personnage fictif, soit celui d'une jeune fille de 12 ans, afin de la mettre en contact avec Sonia Boivin. Bernée, celle-ci a eu des conversations à connotation sexuelle avec cette fausse jeune fille au point où elle lui a même demandé de la rencontrer afin d'aller plus loin dans leurs «échanges sexuels».

Or, cette affaire n'est pas allée plus loin justement; elle a plutôt  atterri entre les mains des policiers. Lorsque Mme Boivin a voulu faire réparer son ordinateur par son ex-conjoint, ce dernier a trouvé les conversations compromettantes et l'a confrontée à celles-ci. Elle a donc contacté les policiers pour avouer ses crimes.

Au départ, la procureure de la Couronne, Me Roxanne Gagné, avait porté contre eux des chefs de pornographie juvénile sur acte criminel, de sorte que la peine minimale était d'une année de prison.

Toutefois, les longues discussions entre les parties ont permis d'en arriver à une entente sur l'issue des procédures. Les ex-enseignants ont donc plaidé coupable à des accusations réduites par voie sommaire de sorte que la peine minimale est tombée à trois mois.

Selon Me Eddy Ménard, la peine infligée à Vincent Bouchard est certes sévère et lourde mais elle aurait pu être pire, faisant référence à la peine minimale d'un an à laquelle il était exposé au départ. D'un autre côté, il rappelle que c'est un crime particulier avec des faits particuliers. «Il s'agit d'écrits avec des personnages fictifs. Il n'y a eu aucune exploitation sexuelle de mineurs. Aucune photo ou vidéo de pornographie juvénile n'a été retrouvée dans l'ordinateur de mon client et il n'a pas fréquenté des sites de pornographie juvénile», a-t-il précisé. 

Mercredi, les avocats ont d'ailleurs expliqué au juge à quel point cette affaire avait eu de lourdes conséquences. Me Ménard a notamment relaté que Vincent Bouchard avait perdu son emploi et qu'il avait été stigmatisé socialement lors de la médiatisation, vivant une descente aux enfers. Il avait dû consulter des professionnels et avait suivi une thérapie sur la délinquance sexuelle. Il avait cependant été capable de faire un retour aux études et de se dénicher d'autres emplois. 

Sonia Boivin, représentée par Me Johnny Bianchi, a elle aussi été congédiée. Elle a éprouvé de grosses difficultés financières et souffre encore de dépression. Et si sa sentence est moins lourde que Vincent Bouchard, c'est principalement parce qu'elle s'est dénoncée aux policiers.

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