Procès Turcotte: «Je n'ai jamais pensé qu'il pourrait les tuer»

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Isabelle Gaston a poursuivi son témoignage mardi au palais de justicede Saint-Jérôme.

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
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«Je n'ai jamais pensé qu'il pourrait les tuer», a répété plus d'une fois Isabelle Gaston, mardi, au second procès de Guy Turcotte, accusé du meurtre prémédité de leurs deux enfants.

«Les brasser? Oui. Mais de les tuer? Jamais de ma sainte vie», a témoigné la mère d'Olivier et d'Anne-Sophie.

Lors de son contre-interrogatoire mené par Guy Poupart, l'avocat de Guy Turcotte, Mme Gaston a déclaré que sa relation avec lui était devenue «toxique».

Elle s'est fait questionner assez longuement sur l'état de sa vie de couple avec l'accusé au cours de l'année 2008, celle qui a précédé la mort des enfants, en février 2009.

«C'était une année difficile», a-t-elle déclaré, admettant que le couple s'éloignait de plus en plus. Elle a parlé de beaucoup d'accrochages, de paroles dures, de querelles.

Questionnée par Me Poupart, elle a dit que l'accusé n'avait pas eu de gestes violents envers elle lors des nombreux voyages faits en couple ou avec les enfants.

Il y avait des accrochages, un peu comme à la maison, le reste de l'année. Mais aussi de bons moments, a-t-elle dit, à sa deuxième journée à la barre des témoins, au palais de justice de Saint-Jérôme.

Elle a souligné qu'elle considère maintenant - avec le recul - avoir été victime de violence conjugale, car son ex-conjoint la dénigrait sans cesse, a-t-elle rapporté.

«Il ne m'a pas frappée, mais il y avait de la violence verbale et psychologique», a précisé

Mme Gaston.

«À l'époque, je considérais que c'était moi le problème, la pomme pourrie, (...) la mère absente», a-t-elle ajouté.

«Je considère maintenant que je vivais de la violence conjugale», a dit la femme qui estime qu'elle a été une excellente mère, malgré les paroles de Guy Turcotte à son égard.

«Moi aussi je faisais de la violence verbale», a-t-elle toutefois convenu, en réponse à une question de Me Poupart. «C'est comme une spirale», a ajouté la femme qui dit se reconnaître des torts.

«On avait une dynamique toxique», a-t-elle aussi admis.

Pressée de détails, Mme Gaston a fini par perdre un peu patience: «Je ne sais pas pourquoi on parle encore du couple. J'essaie d'oublier cette relation-là.»

Le juge a donné une directive au jury sur ses propos: il a avisé les 12 jurés que la violence conjugale - qui n'est pas le sujet de ce procès et qui n'a pas été prouvée - ne doit pas faire en sorte qu'ils jugent Guy Turcotte «plus susceptible» d'avoir commis les crimes dont il est accusé.

Au cours de la journée, Mme Gaston a réitéré à plusieurs reprises que l'accusé était un bon père et qu'il s'occupait des enfants.

Mais à une occasion, après la séparation, il a frappé Olivier. Selon elle, c'était pour la provoquer. Il ne l'a pas battu «comme on voit à la télévision», lui causant un oeil au beurre noir ou un bras cassé, a-t-elle précisé, après avoir mimé la scène dans la salle de cour. Selon cette démonstration, l'accusé semble avoir donné une tape vigoureuse à l'enfant.

«Il était devenu un peu plus agressif», a-t-elle ajouté.

Elle a aussi été questionnée sur la relation qu'elle a nouée en 2008 avec Martin Huot, son entraîneur. Il formait à l'époque un couple avec Patricia Giroux et ceux-ci fréquentaient Mme Gaston et Guy Turcotte.

Elle a témoigné s'être rapprochée de Martin Huot lors d'un voyage pour un congrès à Québec en 2008, un voyage qui devait se faire à deux couples, mais lors duquel Mme Giroux et l'accusé étaient finalement absents.

«Je le regrette encore», a-t-elle dit, comme la veille lors de son témoignage.

Isabelle Gaston et Guy Turcotte se sont séparés vers la fin du mois de janvier 2009 - et il a quitté à ce moment le domicile familial - moins d'un mois avant la mort des deux enfants.

Mme Gaston a quitté le palais de justice mardi après-midi juste après son témoignage, sans parler aux journalistes. 

L'ex-cardiologue est en procès pour le meurtre d'Olivier, 5 ans, et d'Anne-Sophie, 3 ans, qu'il a poignardés à 46 reprises. Par la bouche de ses avocats, il a admis avoir causé leur mort. Il a toutefois plaidé non coupable aux deux accusations de meurtre qui pèsent contre lui.

Mardi, les jurés ont aussi entendu le témoignage d'une spécialiste en biologie judiciaire, du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale de Montréal. Elle a réalisé une expertise sur un verre retrouvé sur la table de chevet dans la chambre de l'accusé. Elle a analysé les taches rougeâtres sur le verre de vitre et a conclu qu'il s'agissait de sang et qu'il était celui d'Anne-Sophie.

Le procès se poursuit mercredi matin.

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