Fraude d'un million $ envers un nonagénaire: verdict le 13 novembre

Après une vingtaine de jours de procès, le sort d'Alain Satgé et de Liliane... (Émilie O'Connor, Archives Le Nouvelliste)

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Émilie O'Connor, Archives Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Après une vingtaine de jours de procès, le sort d'Alain Satgé et de Liliane Devries, ce couple de Français accusés d'avoir dérobé 1 million $ à un nonagénaire, est maintenant entre les mains de la juge Guylaine Tremblay.

Le verdict sera dévoilé le 13 novembre au palais de justice de Trois-Rivières. 

On reproche à Alain Satgé 79 ans et Liliane Devries, 71 ans, d'avoir profité de la vulnérabilité physique et psychologique d'Albany Duhaime pour lui dérober plus d'un million $ entre 2004 et 2010. Ce dernier venait de perdre son épouse en France et souffrait de démence et d'isolement social entre autres. À titre d'amis, l'homme et la femme auraient donc fait des pressions sur la présumée victime pour obtenir des procurations bancaires et prendre le contrôle de ses avoirs. 

En l'espace de six ans, soit jusqu'au moment où M. Duhaime a atteint l'âge de 94 ans, les suspects auraient fait des virements bancaires, endossé des chèques et retiré plusieurs milliers de dollars en argent liquide à leur profit. 

Ils lui ont ainsi dérobé la presque totalité de ses revenus de retraite et de l'héritage de sa femme. Les gestes auraient été commis à Trois-Rivières mais aussi au Lac-Saint-Jean où les prévenus auraient notamment utilisé cet argent pour ouvrir un centre de plein air à Lamarche. Ils auraient aussi acheté une luxueuse résidence en bois sur le bord du fleuve à Bécancour. 

C'est la famille de M. Duhaime qui avait alerté au départ la Commission des droits de la personne du Québec. La présumée victime avait ensuite été soumise à une série d'examens qui avaient révélé sa très grande vulnérabilité psychologique. Les responsables de la Commission des droits de la personne avaient donc retiré l'homme de son milieu et soumis le dossier à la Sécurité publique de Trois-Rivières. Le couple avait été arrêté en mai 2010 et des accusations de fraude et de vol ont été portées contre lui.

À la suite d'une longue enquête préliminaire qui s'était tenue en mai 2012, le couple avait été cité à subir son procès. Celui-ci avait finement commencé le 10 novembre 2014 et s'est étiré sur une vingtaine de jours. Le procureur de la Couronne, Me Maxime Chevalier, a présenté une preuve très volumineuse et technique à la juge Guylaine Tremblay. En effet, près d'une trentaine de témoins ont défilé à la barre comme des experts, des comptables, un médecin généraliste, un psychiatre, un expert en documents, un gériatre et deux proches de la victime, soit un neveu et une nièce. Il faut préciser que la victime est maintenant décédée. 

Plusieurs documents pertinents à la cause comme les transactions bancaires, les factures, les chèques ont également été déposés. 

Quant aux deux coaccusés, qui bénéficient de leur liberté durant les procédures judiciaires, ils sont représentés par l'avocat Pierre Gagnon. Seules Mme Devries et une amie ont témoigné dans le cadre de ce procès. 

En guise de défense, Mme Devries a prétendu que M. Duhaime lui avait tout simplement fait le don de cette importante somme d'argent de son vivant. 

Par ailleurs, le recours civil devant la Commission des droits de la personne est encore loin d'être terminé. Une date d'audiences est prévue ce 23 novembre à Trois-Rivières.

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