Un crime homophobe au Festival western de Saint-Tite

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Mathieu Grégoire estime que son agresseur était motivé par l'homophobie.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Saint-Tite) Un homme a été tabassé à coup de bouteille de bière au Festival western de Saint-Tite (FWST) parce que, juge-t-il, il est gay. L'incident est survenu dans la nuit de vendredi à samedi. La veille, rebelote, homophobie en moins. Un homme de Joliette a subi une fracture du crâne après avoir encaissé un violent coup de pied au visage. Un triste bilan, en terme de faits divers, pour cette 48e édition du FWST.

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Mathieu Grégoire s'estime chanceux dans sa malchance, puisqu'il s'en est tiré avec un coquard à l'oeil, des ecchymoses et une légère commotion cérébrale qui ne devrait pas laisser de trace.

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Martin Caron 

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Mathieu Grégoire marchait dans la rue avec sa soeur, dans la nuit de vendredi à samedi. Les deux jeunes gens sortaient d'un bar et, de leur propre aveu, étaient passablement éméchés. Derrière eux, des hommes dans le même état d'ébriété les suivaient, sifflant à quelques reprises la jeune femme. Mécontent de ce comportement, M. Grégoire s'est retourné, faisant part de son mécontentement, en avouant du même souffle qu'il trouvait l'étranger de son goût. L'étincelle de la bagarre venait de s'allumer. 

«J'ai dit au gars qu'il était crissement chaud. Je voulais dire que je le trouvais bien beau, mais lui a compris qu'il était en boisson. Là, la provocation a monté», raconte M. Grégoire. «Sachant que je le trouvais beau, le gars a trouvé ça dégueu. Je l'ai entendu dire ''ark'' Moi et ma soeur avons continué à marcher, pour nous c'était fini. Mais là le gars a vidé sa bouteille de bière et m'a traité de criss de fif. Je me suis retourné et, à peine retourné, le gars m'a sacré un gros coup de bouteille de vitre dans la face», se rappelle M. Grégoire.

Perdant connaissance, ce dernier a tout de même essuyé d'autres coups alors qu'il reposait au sol en position foetale. «Il s'est acharné sur moi, et ça l'air qu'il trouvait ça ben drôle. Je ne vois pas d'autre raison que de l'homophobie», croit M. Grégoire pour expliquer le geste de son agresseur. «Vendredi soir, je me suis fais attaquer parce que je suis gay! Bienvenue en 2015.»

M. Grégoire se dit chanceux dans sa malchance, puisqu'il s'en est tiré avec un coquard à l'oeil, des ecchymoses et une légère commotion cérébrale qui ne devrait pas laisser de trace. Cependant, le jeune homme n'est pas près d'oublier cette 48e édition du FWST. «Je suis traumatisé à vie», admet-il en se remémorant le bruit de la bouteille de verre sur son visage. Ses parents ont porté plainte à la Sûreté du Québec et une enquête a été ouverte. 

Un festivalier repose dans le coma

Quelques heures après publication sur Facebook, plus de 41 000 personnes avaient partagé le message de Mylène Ruel, la conjointe de l'homme qui a été assailli dans la nuit de jeudi à vendredi. Mme Ruel écrit que son conjoint, Martin Caron, a été frappé «par un type de 6 pieds, cheveux brun foncé, chandail noir et barbiche. Martin s'était penché pour ramasser un toutou qu'il avait gagné et le type l'a frappé à coup de pied au visage. Martin est tombé et s'est fracturé le crâne.»

«Martin n'est pas un gars de nature agressive», ajoute le beau-frère de ce dernier, Louis Boisvert, qui est venu expressément de Rivière-du-Loup lorsqu'il a appris la nouvelle. «Il a reçu un coup de pied au visage, mais comme il mesure plus de six pieds, lorsqu'il a perdu conscience, il est tombé par en arrière, il est tombé sur sa tête. C'est le cerveau qui a pris le choc.»

M. Caron a ainsi été hospitalisé d'urgence au CHRTR où il a subi une opération cérébrale. Samedi, il était toujours plongé dans le coma mais reposait dans un état stable au département des soins intensifs. «Martin est enflé. Les médecins nous ont dit que c'est normal. Nous attendons de voir la suite. On croit qu'il nous entend puisqu'il est très agité. On nous recommande de ne pas parler et d'éviter de le toucher», indique Mme Ruel.

«Les médecins ne peuvent pas nous dire si Martin aura des séquelles tant qu'il ne se réveillera pas. Ça peut prendre deux jours, ça peut prendre une semaine, ça peut prendre un mois... Plus longtemps il reste endormi, plus ça peut être dommageable pour son cerveau. Va-t-il avoir une perte de mémoire? Redeviendra-t-il parfaitement normal? Sera-t-il légume à vie, on ne sait pas, on ne sait rien», renchérit M. Boisvert. «C'était [un geste] gratuit et on est tous sous le choc! Je veux qu'on retrouve ce gars pis qu'il pourrisse en prison!», tempête la conjointe de M. Caron. «Je suis détruite.»

Joint au téléphone, M. Boisvert mentionne qu'une plainte officielle a été déposée à la Sûreté du Québec et qu'une enquête a été ouverte. Cela dit, pour maximiser ses chances, il remettra une récompense à quiconque fournira aux policiers des informations qui leur permettra de retracer l'agresseur. «J'offre une récompense monétaire. Ça peut être 5000 $, 10 000 $, je m'en fous, j'ai ce qu'il faut pour payer. Je veux qu'on mette la main dessus.» 

Le FWST déplore et dénonce

Pour le directeur général du FWST, «une bagarre sera toujours une bagarre de trop». Pascal Lafrenière condamne vertement ces événements qui, considérant les 600 000 visiteurs, est tout de même relégué dans le tiroir «des cas isolés».

«On déplore et on dénonce ce genre de situation. On ne veut pas de ça chez nous», affirme-t-il, catégorique. «Ce sont des cas isolés, mais qui sont tout de même très malheureux. Ce n'est pas ça le FWST. Les gens viennent ici pour avoir du plaisir, ils ne viennent pas ici pour se chamailler.»

Du même souffle, M. Lafrenière rappelle que la sécurité est une priorité pour son organisation. La Sûreté du Québec, entre autres, a augmenté ses effectifs de 30 % cette année et se montre très visible sur le site des festivités.

«Je parlais avec des gens de Californie, je parlais avec des gens d'Oklahoma, et ils n'en reviennent pas comment le FWST est sécuritaire. Lorsque tu te promènes en ville, il n'y a pas de klaxon, il n'y a pas d'impatience. La foule s'autorégule. Mais évidemment, il se peut que certaines personnes soient en état d'ébriété, mais ça arrive ici comme ça arrive à Trois-Rivières ou au centre-ville de La Tuque. Toute proportion gardée, je pense cependant qu'il n'y en a pas beaucoup [de bagarre] compte tenu qu'il y a autant de monde qui vient nous voir», signale le directeur général, en répétant «qu'une bagarre sera toujours une bagarre de trop».

Rappelons que le 12 septembre dernier, un jeune homme de 22 ans, Guillaume Pilon-Côté, avait été agressé dans une ruelle par trois individus mal intentionnés qui avaient fait main basse sur son portefeuille. La victime avait eu le nez fracturé et souffrait de multiples ecchymoses.

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