Un chat tiré en pleine rue à Trois-Rivières

Jennifer Dumas, maîtresse de Vivaldi, espère que la... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Jennifer Dumas, maîtresse de Vivaldi, espère que la population l'aidera à défrayer les frais nécessaires pour soigner son chat, mais surtout elle compte sur la police pour arrêter la personne qui a fait feu sur le chaton à l'aide d'une carabine à plomb.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Vivaldi célébrera son premier anniversaire de naissance le 25 septembre prochain. Une nouvelle de prime abord anodine, en somme, si Vivaldi n'était passé à l'ombre de la mort la semaine dernière.

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Vivaldi s'est fait tirer en pleine rue dans le secteur Trois-Rivières-Ouest.

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Il s'en est fallu de peu pour que le chaton, un persan au poil maculé, ne franchisse jamais un an d'âge. En effet, Vivaldi a été la victime innocente d'un tireur armé d'une carabine à plomb qui, deux fois plutôt qu'une, l'a utilisé comme cible sur la rue Mongeau dans le secteur Trois-Rivières-Ouest.

Vendredi dernier, Vivaldi a pris la clé des champs. Les fugues sont rares chez le chaton pure race qui évolue au sein d'une famille de deux enfants. Complètement sourd, Vivaldi n'a pas l'habitude de prendre la poudre d'escampette. Vendredi, cependant, le désir d'élargir son horizon a triomphé. Erreur. Quelqu'un l'a pris en grippe et lui a logé un plomb dans l'oeil. Deux jours plus tard, le chaton regagnait ses pénates estropié, le poil en friche, tacheté d'huile, l'oeil meurtri.

«Il était énormément amoché, son poil était rempli d'huile, comme s'il s'était caché sous une voiture et qu'il avait eu très peur. Son oeil était tout enflé et saignait. J'ai essayé de le nettoyer, mais il n'y avait rien à faire», relate sa maîtresse, Jennifer Dumas. Trois voisins lui ont assuré avoir vu un individu, de l'autre côté de la rue, mirer le chaton et faire feu.

Si mal en point, pour tout dire, que l'animal refusait de se nourrir. Un temps, Mme Dumas a craint pour sa vie. Rapidement, elle s'est rendue chez le vétérinaire où, depuis, la facture augmente au même rythme que les traitements s'additionnent. Plusieurs centaines de dollars, en fait. Pour l'instant. Car si l'inévitable doit avoir lieu, soit l'ablation de l'oeil de Vivaldi, Mme Dumas ne sait trop où elle dénichera l'argent, considérant que toutes ces dépenses n'étaient pas prévues dans le budget de la mère monoparentale.

Mme Dumas espère qu'un bon samaritain l'aidera à défrayer les coûts du vétérinaire. Sur sa page Facebook, elle indique qu'on peut s'adresser directement à la clinique vétérinaire de Normanville où Vivaldi est soigné pour effectuer un don.

D'ores et déjà, du plomb a été retiré de son oeil. Reste à savoir si d'autres corps étrangers pourraient infecter le chaton.

Au cours des prochains jours, Vivaldi s'endormira donc sous les rayons de la radiographie pour vérifier si du plomb demeure, ou dans son oeil, ou dans son corps. «Il a énormément de médicaments à prendre, par voie orale, deux sortes de gouttes... Il faut attendre que l'inflammation passe pour savoir si son oeil sera sauf ou s'il faudra l'enlever. L'ablation de l'oeil, c'est extrêmement dispendieux», se désole la jeune femme.

Euthanasier le chaton? Une avenue rejetée du revers de la main. Vivaldi appartient à la fille de Mme Dumas qui, il y a à peine quelques semaines, perdait sa vieille Charlotte, une chatte, comme un membre de la famille, morte de vieillesse.

«C'est un chat tellement docile. Il ne fait jamais de mal à personne. Il n'est pas indésirable, ne fouille pas dans les poubelles, ce n'est pas un chat errant. Il est à ma fille. Lorsqu'on a perdu Charlotte, elle l'a pris dur. S'il fallait que Vivaldi meurt parce que maman n'a pas les moyens de payer pour son oeil, ce serait vraiment très triste.»

«Je trouve ça complètement stupide de tirer sur un chat. Je ne comprends pas les motivations de la personne. Je ne sais pas si c'est un jeu pour elle, mais si c'en est un, c'est complètement stupide», lance Mme Dumas. La jeune mère s'inquiète également pour les enfants du quartier, qui sont légions dans ce secteur de la ville. «S'il y a un projectile qui part un peu croche, il pourrait frapper un enfant.»

Aujourd'hui, Vivaldi prend du mieux. Sa fièvre est tombée, il a recommencé à se nourrir, à boire, les médicaments calment momentanément sa douleur. Chose certaine, Mme Dumas le surveille deux fois plutôt qu'une pour qu'il ne lui passe pas entre les jambes et se risque à goûter de nouveau à la liberté. «De toute façon, il n'a plus du tout envie de sortir», assure-t-elle.

Lorsqu'elle a publié cette attaque sur les réseaux sociaux, près de 3000 personnes relayaient la nouvelle quelques heures plus tard. «Partagez ce statut afin que cette personne ait la punition qu'elle mérite. Vivaldi est sourd et sera dorénavant à 50 % aveugle. Je refuse que cette personne s'en sauve si facilement», écrit Mme Dumas.

PLAINTE

À la SPA de la Mauricie, on avait eu vent de l'affaire par les médias sociaux, hier matin, mais l'organisme n'avait pas reçu de plainte.

Le directeur, Serge Marquis, invite le voisinage à signaler tout cas du genre à la Sécurité publique de Trois-Rivières (SPTR), dont les moyens d'enquête sont nettement supérieurs à ceux de la SPA, fait-il valoir.

Du côté de la police, on n'avait pas reçu de plainte pour cette affaire, mercredi après-midi. En soirée, Mme Dumas indiquait, sur les réseaux sociaux, qu'une plainte officielle avait finalement été retenue par la SPTR, une information qui n'a pu être confirmée au moment de mettre sous presse. «Une enquête pour trouver celui qui a fait cela est en cours», écrit Mme Dumas.

Somme toute, le responsable des communications à la SPTR, l'agent Michel Letarte, indique qu'il est évidemment interdit de tirer des projectiles sur les animaux, qu'ils soient domestiques ou sauvages.

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