Piratage informatique: 18 mois dans la collectivité pour Kevin Courtois

Un pirate informatique, Kevin Courtois, dont les attaques avaient eu pour... (Émilie O'Connor, Archives Le Nouvelliste)

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Émilie O'Connor, Archives Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Un pirate informatique, Kevin Courtois, dont les attaques avaient eu pour conséquences de perturber le réseau de communications de la police de Trois-Rivières et les services 911, a été condamné, vendredi, à une peine de 18 mois de prison dans la collectivité.

Non sans hésitation, le juge Guy Lambert a en effet entériné une suggestion commune de sentence formulée par le procureur de la Couronne, Me Jean-Marc Poirier et l'avocat de la défense, Me Louis R. Lupien. Il a notamment indiqué que son dossier constituait un cas limite pour la prison ferme compte tenu des conséquences que son geste avait eues et de l'importance de dénoncer et dissuader le piratage informatique.

Rappelons que Kevin Courtois a commis une série de méfaits informatiques visant à ralentir et créer des pannes de réseaux entre mai 2012 et février 2013. Il s'était attaqué tout principalement à son ex-employeur, Concepta, avec qui il avait un conflit. Pour ce faire, il avait utilisé l'entreprise qu'il avait lui-même démarrée pour installer des virus dans 23 ordinateurs appartenant à différentes compagnies, dont la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie, Portes et Fenêtres J.M. Ferron et Assurancia Groupe Labonté Provencher Mauricie.

Il avait aussi utilisé un service de Botnet situé aux États-Unis afin de lancer les attaques sur les serveurs de Concepta. Comme les adresses IP étaient fournies par Xittel, cette dernière avait elle aussi été ciblée par les attaques.

Or, le piratage avait notamment perturbé le réseau de communication de la police de Trois-Rivières ainsi que la compagnie ICO de Shawinigan qui fournit les services de communication pour les différentes centrales 911.

Les dommages ont été estimés à plus d'un demi-million de dollars, et ce, c'est sans compter les dommages collatéraux liés à la fiabilité des services informatiques. Xittel a connu des pertes beaucoup plus importantes en raison des clients qui ont réclamé des crédits ou qui se sont désabonnés. À l'époque, l'entreprise avait en effet déploré le fait qu'entre 3000 et 4000 clients résidentiels ainsi que quelque 200 clients corporatifs avaient été affectés par le piratage.

Toutefois, la suggestion commune de sentence faite par les avocats tenait compte du fait que Courtois n'a aucun antécédent judiciaire, qu'il est un père de famille, qu'il occupe un emploi, qu'il a plaidé coupable et qu'il devra éventuellement composer avec la poursuite de plus de 250 000 $ intentée contre lui par Xittel et Concepta.

Ainsi, dans le cadre de son emprisonnement avec sursis, Kevin Courtois devra demeurer chez lui 24 heures sur 24 pendant les six premiers mois, sauf pour fins de travail, urgences médicales et pour faire les commissions lui permettant de survenir à ses besoins essentiels. Les six mois suivants, il devra respecter un couvre-feu entre 22 h et 6 h et enfin, de minuit à 6 h les six derniers mois de sa peine. Au cours de cette période, il lui sera interdit d'utiliser un ordinateur ou de se connecter sur Internet sauf sur les lieux de son travail et pour les fins de celui-ci uniquement. Il sera également soumis à une probation pendant 18 mois.

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