Trois-Rivières: cinq immeubles détruits par un incendie (vidéo)

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(Trois-Rivières) Un simple incendie de véhicule s'est soldé par la destruction de cinq immeubles, à l'angle des rues Saint-Georges et Saint-Denis, à l'entrée du centre-ville de Trois-Rivières, dans la nuit de jeudi à vendredi. Une dizaine de personnes se retrouvent à la rue. Heureusement, malgré la propagation fulgurante des flammes, personne n'a été blessé.

Le feu aurait pris naissance derrière ce bâtiment. ... (Gabriel Delisle) - image 1.0

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Le feu aurait pris naissance derrière ce bâtiment. 

Gabriel Delisle

À la Pizzeria 67, située tout près du coeur du brasier, des employés ont rapidement réalisé qu'un incendie faisait rage à proximité. «À la fermeture du restaurant, le livreur est venu me dire que le feu était pris. J'ai entendu un homme hurler. Il y avait le feu à l'arrière de son camion», raconte Éric Neault, cuisinier. «En cinq à dix minutes, le feu s'est propagé partout. Tous les immeubles étaient en train de brûler. Ça s'est fait vraiment très, très vite.»

Son collègue, Louis-Philippe Vézina, et lui se sont précipités vers les bâtiments touchés. «On n'avait pas de temps à perdre. Les gens devaient sortir. Je donnais des coups de pied et des coups de poing dans les portes», affirme M. Neault. Il a aidé un homme souffrant de problèmes de vision et d'audition à sortir de son logement, situé au deuxième étage. «Le monsieur était sur sa galerie en arrière et il se demandait ce qui se passait. Il était sous le choc.» Il a également sauvé son chien.

D'autres passants sont venus à la rescousse de sinistrés. Alexandre Matton et Yoan Guilbert ont défoncé des portes pour s'assurer que les appartements étaient vides. Ils ont notamment porté secours à trois personnes qui se trouvaient dans un même logement dont une dame qui se déplaçait à l'aide d'une marchette. «On dirait qu'ils ne savaient pas quoi faire. Ils ne semblaient pas se rendre compte de ce qui se passait. On les a aidés à sortir», raconte M. Matton. Ce dernier s'est même fait mordre par un chien paniqué qu'il a réussi à éloigner d'une clôture en feu.

Une quarantaine de pompiers de la Sécurité publique ont combattu les flammes. Quatre immeubles résidentiels et une épicerie ont été détruits. Quant à la pizzeria, elle n'a pas subi de dommages. Le coeur serré par l'angoisse, les propriétaires du restaurant ont passé la nuit à suivre l'évolution de l'incendie. «On ne pouvait pas croire que tout était en train de brûler autour, sauf notre restaurant. Chaque fois qu'il y avait un petit coup de vent, le coeur nous arrêtait. Je suis sans mot», mentionne Kristine Barriault, propriétaire de la Pizzeria 67, tout en se disant très attristée pour ses voisins.

Il y a quelques mois à peine, le propriétaire de l'immeuble, Alphonse Tremblay, a investi «une couple de centaines de mille» en rénovation. «Il y a un bon dieu à quelque part, je ne comprends pas pourquoi ça n'a pas brûlé. Il n'y a même pas six pieds entre les deux bâtisses», ajoute quant à lui le propriétaire du restaurant, Yves Courchesnes. Dès aujourd'hui, la pizzeria ouvrira à nouveau ses portes à la clientèle.

Voisins immédiats du brasier, Jean-François Gratton et Suzie L'Archevêque ont dû quitter illico leur appartement avec leur chien et leurs trois jeunes enfants. Fruit du hasard, et parce que le vent soufflait à l'opposé de leur demeure, ils n'ont subi aucun dégât, malgré les tisons qui sont venus se poser sur leur toiture à maintes reprises. Somme toute, ils avouent avoir eu très chaud.

«Ça flambait sur un méchant temps», relate M. Gratton. «Beaucoup de gens se ramassent à la rue. On se compte bien chanceux de ne pas faire partie de ceux-là. Et surtout qu'il n'y ait personne de blessé. Le matériel, c'est une chose, mais...»

À la Sécurité publique, on indique que «tout porte à croire» que les flammes ont pris naissance dans un véhicule, qui était stationné au coeur du pâté de maisons balayé par l'incendie. «Le véhicule était pratiquement appuyé sur des bâtiments, c'est pourquoi ça s'est propagé aux bâtisses autour», mentionne le capitaine Steve Véronneau, chef de division à la Direction des opérations incendies. «À notre arrivée, déjà cinq bâtiments étaient affectés par l'incendie», note le capitaine Véronneau. L'enquête se poursuit pour déterminer les causes du brasier, mais pour l'instant, la piste criminelle n'est pas privilégiée. Il s'agirait d'un accident. Des témoins ont mentionné que le propriétaire de la camionnette en cause était en train de faire de la mécanique ou de la soudure lorsque les flammes ont pris naissance. Des éléments qui n'ont pas été confirmés par la Sécurité publique.

Les sinistrés ont été pris en charge par la Croix-Rouge. Rodrigo Canessa fait partie de ceux qui ont tout perdu. Il s'apprêtait à aller se coucher lorsqu'il a entendu des cris. «C'était le voisin. Il était en panique. Son camion était déjà enflammé et ça avait touché l'arrière de ma maison. En cinq minutes, ça s'est propagé un peu partout. Dix minutes et c'était incontrôlable», déplore-t-il. 

Il n'a pu sauver qu'un ordinateur et son vélo. Il a assisté impuissant à la destruction de sa demeure qui avait été construite en 1903. «Je suis resté ébahi de voir ainsi ma maison. C'était un triste spectacle. Je ne le réalise pas encore, mais en même temps, je me dis qu'au moins, personne n'a été blessé.» Ce qu'il déplore le plus, c'est la perte des photos de son fils.

Il a revu son voisin dans l'autobus nolisé pour les sinistrés. «Il était complètement absent. Il serrait sa petite fille. Je ne voudrais pas être dans ses souliers aujourd'hui.»

Avec la collaboration d'Olivier Gamelin

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