Procés de Jean Sigman: un témoin et présumé complice se rétracte

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Un témoin et présumé complice, qui avait incriminé Jean Sigman dans une déclaration faite aux policiers en mai 2012, s'est rétracté, lundi, lors du procès de celui-ci pour incendies criminels, complots et fraudes contre les compagnies d'assurances.

Marc Caza était le propriétaire de l'un des immeubles incendiés, soit celui situé sur la rue Montcalm à Trois-Rivières. Dans le cadre de l'enquête, il avait été rencontré en mai 2012 à titre de témoin par les policiers pour faire la lumière sur cet incendie. À ce moment, les policiers soupçonnaient Jean Sigman d'être impliqué non seulement dans cet événement mais également dans trois autres incendies de même nature compte tenu du modus operandi.

Après quelques heures d'interrogatoire, il avait finalement avoué avoir bénéficié de l'aide de Jean Sigman pour mettre le feu à son immeuble en utilisant des torchons imbibés d'huile de lin. En retour, il devait investir une partie de l'argent des assurances, soit 100 000 $, dans sa compagnie de fruits et légumes avec la promesse de recevoir des intérêts.

On sait que le procureur de la Couronne, Me Benoît Larouche, entend démontrer dans le cadre de ce procès que Jean Sigman, ancien lieutenant du caïd Raymond Desfossés, aurait fait incendier quatre résidences en 2003, 2011 et 2012 afin de récolter une partie des assurances. Son objectif était d'investir cet argent dans une compagnie de fruits et légumes et d'utiliser celle-ci pour importer de la cocaïne.

Or, lundi, dans le cadre du procès, Marc Caza a nié l'implication de Jean Sigman. Il a soutenu que si l'immeuble avait brulé, c'était de sa faute à lui, ou plutôt le résultat d'une négligence de sa part en faisant des travaux. Son idée n'avait jamais été de mettre le feu en dépit de ses difficultés financières.

Sa déclaration aux policiers, qu'il avait pourtant signée et qui avait fait l'objet d'une assermentation, a d'ailleurs été contestée par l'avocat de Sigman, Me Patrice Gagnon, quant au caractère libre et volontaire de celle-ci. Caza a prétendu lundi qu'il avait signé sa déclaration sous l'effet de la contrainte et des menaces faites par les policiers.

Ces derniers sont donc venus témoigner dans le cadre du voir-dire pour expliquer les circonstances dans lesquelles s'était déroulé l'interrogatoire de Marc Caza à titre de témoin au départ, puis à titre de suspect compte tenu de ses propos incriminants.

Finalement, le juge Jacques Lacoursière a conclu que sa déclaration avait été faite sur une base libre et volontaire et que ses droits fondamentaux avaient été respectés, notamment son droit à l'avocat. Selon lui, Marc Caza savait ce qu'il faisait en signant le document et avait été bien informé des conséquences s'il se rétractait.

Le tribunal a aussi mentionné que Caza avait eu la possibilité de partir au début mais qu'il ne l'avait pas fait. Il s'est dit convaincu que les policiers n'avaient pas inventé certains détails de sa déclaration, d'autant plus que Caza en reconnaissait une bonne partie sauf celle touchant Sigman et lui-même. Sa déclaration a donc été versée en preuve.

Marc Caza est lui aussi accusé d'incendie criminel et de complot entre autres. Sa cause est toujours pendante devant le tribunal.

Quant au procès de Jean Sigman qui a débuté le 24 août, il va se poursuivre au cours des prochains jours.

Pour l'instant, plusieurs témoins experts et policiers ont été entendus.

nancy.massicotte@lenouvelliste.qc.ca

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