Abus sexuels en famille d'accueil: l'homme de 52 ans nie tout

Le procès conjoint de cette ancienne mère d'accueil, accusée de voies de fait,... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Le procès conjoint de cette ancienne mère d'accueil, accusée de voies de fait, et de son fils biologique, qui doit répondre pour sa part à des accusations d'agressions sexuelles, s'est poursuivi, mardi, au palais de justice de Trois-Rivières.

Cette fois-ci, c'est l'accusé, un homme aujourd'hui âgé de 52 ans, qui a été invité à livrer sa version des faits. Or, il prétend n'avoir jamais abusé sexuellement deux des trois soeurs dont sa mère avait la garde. «Ce qu'elles ont rapporté est faux. Oui, il y a eu des choses, des baisers et des caresses, mais jamais de tentatives de pénétration ou de fellations», a-t-il mentionné.

Ce dernier est accusé de viol, d'attentat à la pudeur, de grossière indécence et d'agression sexuelle contre les deux soeurs plus âgées. Les gestes auraient été perpétrés à plusieurs reprises entre 1976 et 1986. L'une des présumées victimes avait environ 8 ou 9 ans lorsque les abus auraient commencé alors que la seconde avait 11 ou 12 ans.

Mardi, il a en effet avoué que des gestes étaient survenus alors qu'il était âgé entre 11 et 15 ans. Au départ, il aurait embrassé les deux soeurs pour ensuite se livrer à des caresses sur leurs seins et leur vulve. Selon lui, les filles lui auraient également caressé le pénis.

Toutefois, il prétend que c'est lui qui a dû mettre fin à ces «expérimentations» pour reprendre son terme.

«Je n'étais pas à l'aise avec ça compte tenu de mes croyances religieuses. C'était un péché mortel. Je me rappelle d'un cours de catéchèse où la sexualité avait été abordée. J'ai réalisé que pour moi, l'important n'était pas le plaisir mais l'amour. Je les aimais mais pas de cet amour. Tout cela n'aurait mené à rien. J'ai donc décidé d'arrêter ça afin d'avoir plutôt des relations frères-soeurs avec elle, sans «expérimentations», a-t-il raconté au juge David Bouchard.

D'ailleurs, dans le cadre de l'interrogatoire mené par son avocat, Me Simon Ricard, il s'est décrit comme un homme respectueux, qui s'est impliqué pendant plusieurs années dans l'animation d'une équipe de pastorale auprès des jeunes. Il n'a pu retenir quelques sanglots en parlant de la visite du pape au Stade olympique au cours de laquelle il s'était senti interpellé directement par Jean-Paul II sur l'importance de s'impliquer.

Au cours de sa jeunesse, il soutient avoir eu une belle relation avec les trois jeunes filles qui sont venues demeurer chez lui. Il les considérait d'ailleurs comme ses véritables soeurs, sans discrimination.

Il prétend que les caresses se sont produites dans un contexte de curiosité, de jeux, à une quinzaine de reprises tout au plus. «Je leur en faisais la demande mais des fois, ce sont elles aussi qui initiaient. Avant ça, je ne connaissais rien alors qu'elles avaient déjà eu des chums», a-t-il indiqué.

Dans le même ordre d'idées, il précise qu'il n'y a jamais eu de violence ou de menaces.

Dans le cadre des témoignages des deux soeurs entendus plus tôt dans ce procès, l'aînée avait dit que le suspect profitait de l'absence de ses parents pour l'agresser sexuellement, que ce soit par des gestes de masturbation, des fellations ou des tentatives de pénétration. Elle avait répété n'avoir jamais été consentante mais ne pas avoir eu le choix; l'accusé lui disait que si ce n'était pas elle, il s'en prendrait à ses soeurs.

La seconde présumée victime avait aussi affirmé avoir subi des agressions entre l'âge de 12 et 16 ans. Le prévenu l'aurait touchée pour ensuite la forcer à se livrer à des gestes de masturbation et à des fellations. Puis, à l'âge de 15 ans, il l'aurait carrément violée au point qu'elle a eu peur de devenir enceinte.

Quant à la mère d'accueil qui subit ce procès conjointement avec son fils, elle est accusée de voies de fait entre 1983 et 1986 contre l'une des soeurs dont elle avait la garde. C'est Me Martine Tessier qui est la procureure dans cette affaire. Elle a terminé de la contre-interroger plus tôt dans la journée.

Les audiences vont se poursuivre mercredi.

nancy.massicotte@lenouvelliste.qc.ca

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