Sentence suspendue pour avoir tenté de tuer son père

Un jeune homme de 24 ans souffrant de schizophrénie, Alexandre Guilbert, devra... (Photo archives La Presse)

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Un jeune homme de 24 ans souffrant de schizophrénie, Alexandre Guilbert, devra réaliser 240 heures de travaux communautaires au cours de la prochaine année pour avoir tenté de tuer son père le 28 novembre dernier à Trois-Rivières avec un pic à glace, de sorte qu'il évite la prison.

C'est la situation particulière de cette famille, et plus particulièrement les troubles mentaux dont le père et le fils souffrent, qui lui ont permis d'éviter une peine plus sévère.

Dans le cadre de cette sentence suspendue, l'individu devra par contre se soumettre à une probation de trois ans avec suivi au cours de laquelle il devra suivre toute thérapie suggérée par son agent de probation, demeurer dans une ressource choisie par celui-ci en tout temps, prendre sa médication et poursuivre son suivi médical. Il lui sera interdit d'avoir de la drogue en sa possession, des armes et d'importuner son père. La tentative de meurtre pour laquelle il a plaidé coupable mercredi matin est survenue le 28 novembre dans la résidence de son père. Alexandre Guilbert y demeurait sans son consentement et lorsque le père lui a demandé de quitter, la situation a dégénéré. Le fils, qui venait d'ingurgiter 15 ritalins, s'est emparé d'un pic à glace afin de le frapper à plusieurs reprises sur le thorax et les bras.

Le pauvre homme a réussi à prendre la fuite. À l'extérieur, il a hélé un bon samaritain qui passait devant la maison afin qu'il contacte le 911. Son fils est alors revenu à la charge, avec une pelle cette fois-ci, pour le frapper encore devant les yeux du citoyen. Peu de temps après, le jeune homme a été arrêté pour des voies de fait avec lésions et conduit au poste de police. Il a alors déclaré qu'il voulait tuer son père mais qu'il avait arrêté de le frapper parce que ça ne fonctionnait pas. C'est sa déclaration qui a fait en sorte que l'accusation portée contre lui est devenue tentative de meurtre, compte tenu de son intention criminelle.

Souffrant de blessures très superficielles, le père n'a pas voulu être conduit à l'hôpital. Il aura finalement reçu des soins plus tard parce qu'il avait des idées suicidaires.

La sentence imposée, mercredi, à Alexandre Guilbert fait suite à une suggestion commune faite par les avocats au dossier, soit Me Benoît Larouche à la Couronne et Me Jean-Sébastien Gladu à la Défense. Elle a été entérinée par la juge Dominique Slater après qu'elle eut pris connaissance des expertises psychiatriques et d'un rapport confirmant que Guilbert a complété avec succès une thérapie contre sa dépendance aux stupéfiants.

Cette dernière avait toutefois sursauté au départ lorsque Me Larouche lui avait fait part de cette suggestion. Ce dernier a expliqué que le père et le fils souffraient tous les deux de problèmes de santé mentale. Selon lui, il aurait été très hasardeux de faire subir un procès sur le seul chef de tentative de meurtre à Alexandre Guilbert puisque son seul témoin, en l'occurrence son père, veut retirer sa plainte, refuse de témoigner et menace de se suicider si son fils va en prison.

Qui plus est, le voir-dire sur les circonstances de l'arrestation aurait probablement fait l'objet d'une contestation. Les seules chances de réussite se seraient limitées au procès sur une infraction moindre, soit celle de voies de fait causant des lésions avec la pelle.

On a tenu compte également de sa détention provisoire de trois mois et demi, de son absence d'antécédent judiciaire, des relations conflictuelles qu'il a avec son père et du fait qu'il était sous l'emprise des stupéfiants lors du crime. De plus, Guilbert a déjà été déclaré non criminellement responsable dans le passé pour menace de mort.

Pour sa part, Me Gladu a précisé que son client était abstinent depuis les événements de novembre, qu'il demeurait maintenant dans une ressource où il s'implique dans une démarche de réinsertion sociale et qu'il était repentant.

Voilà pourquoi une entente a été négociée pour un plaidoyer de culpabilité sur le chef de tentative de meurtre et que cette suggestion de sentence a été présentée à la juge. Elle l'a qualifiée de raisonnable compte tenu des circonstances mentionnées précédemment, tout en rappelant à Guilbert que son geste aurait dû lui valoir une peine de prison.

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