Le Dr Claude Saint-Arnaud acquitté de voies de fait

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Claude Saint-Arnaud

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Au terme d'un procès qui avait duré pas moins de six jours, l'ophtalmologiste Claude Saint-Arnaud a finalement été acquitté, mercredi, de l'accusation de voie de fait causant des lésions corporelles qui pesait contre lui.

On reprochait au médecin spécialiste de Trois-Rivières, qui était défendu par Me Louis R. Lupien et Me Simon Ricard, d'avoir violemment poussé Michel Duval, un paraplégique en fauteuil roulant le 4 juin 2010, causant ainsi sa chute sur le dos et des lésions. Les événements étaient survenus après plusieurs disputes entre les deux hommes concernant l'ex-conjointe de M. Duval, qui fréquente désormais le Dr Saint-Arnaud, et des mésententes concernant la garde des enfants et la pension alimentaire.

Dans cette affaire, l'accusé a admis l'avoir repoussé et par le fait même appliqué une force physique à l'endroit de la présumée victime sans son consentement. La question en litige était donc de déterminer s'il avait agi par légitime défense, ce qu'on appelle aujourd'hui la défense des biens et de la personne.

Pour rendre sa décision, le juge Jacques Trudel a, dans un premier temps, apprécié la crédibilité des deux témoignages, soit celui du plaignant et celui du prévenu. Le facteur déclencheur est notamment le refus de M. Duval de permettre à son fils, qui demeurait avec sa mère et le Dr Saint-Arnaud, de retourner chez lui à la suite d'une chicane. Comme ultime recours, le couple avait décidé de faire appel à la Direction de la protection de la jeunesse et ce faisant, il était passé devant le domicile de M. Duval pour relever son adresse civique.

Selon le plaignant qui était alors à l'extérieur, le médecin était en colère et agressif. Il se serait rué sur lui le poing en l'air pour le pousser. Selon l'accusé, c'est plutôt M. Duval qui était agressif au point d'endommager son véhicule. Il avait donc dû débarquer de sa voiture pour tenter de l'éloigner. Le plaignant s'était ensuite précipité vers lui à grande vitesse avec son fauteuil roulant et lui avait heurté la jambe. Il l'avait donc repoussé avec sa main à la hauteur de l'épaule, ce qui avait provoqué sa chute.

D'emblée, en tenant compte du contexte émotif de cette affaire, le juge estime que M. Duval avait davantage de raisons d'être en colère à ce moment-là que le Dr Saint-Arnaud. Il a d'ailleurs peine à le croire lorsqu'il a affirmé en cour avoir mis fin à une relation avec sa conjointe pour son plus grand soulagement et avoir souhaité qu'elle rencontre un homme riche. On sait que la preuve a plutôt révélé que la dame en question avait commencé à fréquenter le médecin avant leur rupture officielle, notamment lors d'un voyage dans le Sud.

Sur ce point, le juge écrit sur M. Duval: «Sa version n'est pas compatible avec son témoignage, encore aujourd'hui empreinte d'amertume manifeste, j'oserais dire de douleur révélée par le sarcasme, parfois de l'exagération ou l'amplification de certains faits. Son témoignage comporte aussi des contradictions, possiblement attribuables à des ressentiments, des émotions vives à l'époque des événements, mais toujours palpables aujourd'hui.»

Sa colère est donc venue affecter sa fiabilité, d'autant plus qu'il a été contredit sur certains points par une voisine qui est venue lui prêter main-forte après l'altercation.

D'un autre côté, aucune véritable contradiction, invraisemblance, ni agressivité n'ont été relevées dans le témoignage du Dr Saint-Arnaud.

Enfin, le juge a conclu que l'ensemble de la preuve soulevait un doute raisonnable sur le fait que l'accusé avait repoussé le plaignant pour se protéger, agissant pour défendre sa personne et ses biens. Il lui en a fait bénéficier et l'a donc acquitté.

À sa sortie de la salle d'audience, Me Lupien s'est dit très satisfait de ce jugement, le qualifiant de long et très élaboré. «Le tribunal a fait le tour de la question et a soupesé les versions. Plusieurs éléments et contradictions que nous avions plaidés ont d'ailleurs été retenus par le juge. Nous sommes heureux du résultat.», a-t-il mentionné.

Pour sa part, le plaignant avait peine à cacher sa déception mais il a préféré réserver ses commentaires. Après l'avoir rencontré, la procureure de la Couronne Me Marie-Ève Paquet a indiqué qu'elle allait évaluer la possibilité d'en appeler de ce jugement.

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