Elle brise le logement et part sans payer

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La locataire est partie en laissant plusieurs détritus sur le plancher

François Gervais

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Jonathan Cyrenne
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Un locataire qui ne paie pas et qui quitte son logement en le laissant dans un état insalubre, voici le cauchemar de Jeannine Du Plessis, une propriétaire d'un duplex à Trois-Rivières. Pour accompagner les trous dans les murs, la saleté sur le plancher, les bouteilles d'alcool laissées un peu partout, l'ancienne locataire a cru bon laisser les excréments de ses chiens sur les balcons de l'édifice.

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Le balcon arrière du duplex n'a pas été nettoyé et des excréments d'animaux sont toujours présents

François Gervais

À la suite de cette mauvaise expérience, Jeannine Du Plessis et sa fille Ève-Lyne aimeraient que le gouvernement provincial revoie la réglementation pour minimiser les impacts financiers et réduire les délais d'intervention à la Régie du logement.

«Cet organisme, c'est désuet et ce n'est pas adapté aux besoins des petits propriétaires. Les procédures sont extrêmement lentes. Pour que nous puissions déposer une plainte, il faut que le locataire ait eu, fréquemment, des problèmes à payer son logement. Ensuite, on peut aller de l'avant. On a été en mesure de déposer le document en juin dernier. On a dû faire appel à un huissier pour remettre la lettre à la locataire. On passait devant la Régie lundi, la dame qui louait le logement ne s'est pas présentée. Maintenant, on a la permission de commencer à nettoyer le logement. Si la locataire n'avait pas fiché le camp, on aurait dû attendre encore quatre semaines. On aurait perdu au moins quatre ou cinq mois de revenus à partir du début des procédures», raconte Ève-Lyne. 

En ce qui concerne Jeannine Du Plessis, elle ne cache pas qu'elle a l'impression que la locataire profitait de sa bonté et du fait qu'elle est une personne du troisième âge. «Elle devait penser que je n'avais pas le courage d'aller plus loin dans mes démarches d'éviction. Elle s'est aperçue que je ne me laisserais pas faire, même si je suis une personne âgée». Toutefois, cette aventure avec la locataire n'est pas la seule chose qui a rendu la vie difficile à la propriétaire, qui habite en bas du logement.

«C'était un couple qui louait mon cinq et demi, ils se sont chicanés. Le conjoint s'est retrouvé derrière les barreaux, semble-t-il. C'est à ce moment que le bordel a éclaté. Il y avait du va-et-vient toutes les nuits. La dame a commencé à retarder les paiements du logement, puis après quelques mois, elle a cessé de payer. Il y avait de l'action toute la nuit. Je suis habituée à me lever entre 7 h et 8 h le matin, je ne me couche donc pas à 4 h du matin, je dors à cette heure. Ma qualité de vie n'était plus la même.» D'ailleurs, cette situation inquiétait la fille de madame Du Plessis. «Ma mère était désespérée, elle pleurait, elle ne pouvait plus endurer la locataire.»

Quant à la présence de chiens dans le logement, la propriétaire mentionne qu'elle s'est fait avoir par la locataire. «La femme m'avait donné un papier du médecin mentionnant qu'elle devait avoir un chien parce qu'elle se sentait anxieuse. Je me suis dit, je n'ai pas le choix d'accepter. Elle avait deux boxers. J'ai appris, il y a quelque temps, que dans des circonstances comme celles-là, les bêtes devaient être des chiens Mira, ce qui n'était pas le cas. Avec le recul, rien ne me prouve que le papier du médecin n'avait pas été fait par une connaissance de la

locataire.»

Lors de son arrivée, la dame qui n'a pas pris soin du logement avait fourni une référence à sa nouvelle propriétaire. Après vérification, il s'avérait qu'elle n'était pas véridique, au dire de Jeannine Du Plessis. En ce qui concerne les enquêtes de crédit, la mère et la fille avouent ne pas avoir effectué cette démarche.

«Lorsque tu as un seul logement, tu n'as pas les moyens de payer des enquêtes de crédit pour chacun des visiteurs qui sont intéressés au logement», explique la femme à la retraite.

Au cours des prochains jours, la propriétaire devra mettre plusieurs centaines de dollars en réparation, en plus de procéder à un nettoyage, en profondeur, du logement. Elle devra faire disparaître les excréments d'animaux, changer le couvre-plancher qui a été abîmé par de grosses taches de peinture, remplacer une porte défoncée, réparer les quelques trous dans les murs et remettre la boîte téléphonique dans son état original. La locataire a aussi retiré les détecteurs de fumée et de monoxyde de carbone, en plus de laisser, à l'intérieur, plusieurs bouteilles d'alcool vides, des mouchoirs utilisés et des boîtes de cigarettes vides.

Jeannine Du Plessis avait investi près de 50 000 $, il y a cinq ans, dans son duplex, afin de le mettre au goût du jour et de s'assurer d'avoir un revenu décent de la location.

«On n'a pas les moyens d'absorber des milliers de dollars en dommages à chaque changement de locataire», rappelle Mme Du Plessis. Pour éviter ce genre de situation, les deux femmes proposent que le gouvernement autorise les propriétaires à demander un dépôt de sécurité avant de procéder à la location du logement. «Les hôtels

l'exigent et nous, les propriétaires, on ne peut pas l'utiliser, c'est ridicule», conclut Ève-Lyne Du Plessis.

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