Triple meurtre de la rue Sicard: une décision le 30 octobre

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Le coaccusé du triple meutre de la rue Sicard à Trois-Rivières connaîtra sa sentence le 30 octobre.

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est le 30 octobre que le juge Bruno Langelier fera connaître la sentence du coaccusé dans le triple meurtre de la rue Sicard à Trois-Rivières.

Au terme des plaidoiries des avocats qui ont eu lieu vendredi, il devra décider s'il assujettit le jeune homme à une peine pour adultes, soit une sentence à vie avec possibilité de libération conditionnelle après dix ans ou encore s'il lui impose une peine spécifique pour adolescents. Si c'est le cas, le prévenu sera en garde fermée pendant six ans pour ensuite être soumis à un suivi externe pendant les quatre années suivantes. Le juge a décidé de prendre le tout en délibéré.

Le procureur de la Couronne Me Hippolite Brin a ainsi réclamé une peine pour adultes. «Monsieur le juge, il est primordial que vous vous assuriez que ce jeune homme ait une possibilité de suivi à vie afin d'éviter que son presto explose à nouveau», a-t-il demandé. 

En ce sens, il a rappelé que l'adolescent a plaidé coupable à trois chefs de meurtre au premier degré et trois autres de complot pour meurtre. Il a tout particulièrement insisté sur la préméditation des crimes qui s'est étirée sur six mois, sur la violence extrême des gestes posés le 11 février 2014 - les trois victimes ont été tirées à bout portant dans la tête avec des armes de gros calibre -, sur son intention de torturer la mère des deux soeurs assassinées, sur la poursuite de son objectif en dépit des possibilités qu'il a eues d'y mettre fin à quelques reprises et sur les très graves conséquences de ce drame dans la vie des familles. 

Selon Me Brin, le juge doit considérer deux principes essentiels dans la requête en assujettissement, soit la culpabilité morale de l'individu qui est extrêmement élevée dans le cas présent selon lui et le châtiment. «La question qu'il faut se poser ici: croyez-vous qu'une peine pour adolescents assurera la protection durable du public et apportera une réponse appropriée aux besoins du jeune homme? La réponse est non», a-t-il mentionné. 

À la lumière des témoignages de ses experts, il estime qu'une peine pour adolescents ne sera pas suffisante pour modifier sa conduite, refléter la gravité du crime, le responsabiliser et fournir une assurance raisonnable qu'il sera réhabilité lorsqu'il réintégrera la société. 

De son côté, l'avocat de la défense, Me David Guévin, a réclamé une peine pour adolescents, rappelant que le jeune homme de 17 ans - il avait 16 ans au moment du triple meurtre - souffre d'un trouble de personnalité limite. Selon lui, sa maladie affecte sa culpabilité morale. Il a donc demandé au juge de tenir compte de cet aspect mais également de son âge, de son absence d'antécédents, de ses problèmes de drogue et du support familial dont il bénéficie. «Oui, il a tenu des propos extrêmement violents dans les mois précédant le drame mais ceux-ci font partie du continuum de son incapacité à gérer ses émotions et sa colère», a-t-il précisé. 

Me Guévin a rappelé que le programme thérapeutique de l'Institut Philippe-Pinel pour adolescents avait fait ses preuves et que l'adolescent avait la volonté d'y participer. «Les garanties, il n'y en a pas mais les pronostics de réhabilitation sont bons. La norme n'est pas d'avoir des garanties de toute façon mais une assurance raisonnable qu'il sera réhabilité», a-t-il ajouté, précisant que quatre experts s'étaient prononcés en faveur d'une peine spécifique. 

À la fin de sa plaidoirie, il a aussi demandé la permission au juge de permettre à son client de lui adresser quelques mots sans que ceux-ci ne soient versés en preuve mais cela lui a été refusé en raison des dispositions de la loi pour les jeunes à ce stade des procédures. L'adolescent pourra parler seulement lorsque le juge aura rendu sa décision et s'il est assujetti. 

Notons par ailleurs qu'une fois la peine rendue, le juge devra ensuite statuer sur le milieu de garde. Il pourrait être envoyé à Pinel, dans un centre de réadaptation, dans une prison provinciale ou un pénitencier.

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