Triple meurtre: il réclame des soins pour son fils

Alors que les plaidoiries sur sentence tirent à leur fin, le père du jeune... (François Gervais)

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François Gervais

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Alors que les plaidoiries sur sentence tirent à leur fin, le père du jeune coaccusé du triple meurtre de la rue Sicard à Trois-Rivières a tenu à son tour à s'adresser au tribunal, mardi.

«La durée de la peine m'importe peu. Tout ce que je souhaite, c'est qu'il soit soigné, qu'il se comprenne et qu'il ne fasse plus revivre à quiconque un tel drame», a-t-il demandé au juge Bruno Langelier.

Dans le cadre de la requête en assujettissement déposée par la Couronne qui vise à faire purger à son fils une peine pour adultes (soit la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant dix ans), il a tenu à rappeler que jamais il n'avait tenté d'influencer quiconque sur la durée de la sentence. 

Il n'a pas caché d'ailleurs qu'il était rempli de préjugés avant que ce drame ne survienne et que selon lui, seule la chaise électrique aurait pu alors régler pareille histoire. 

Or, il a rappelé qu'il s'agit de son fils. «Quand la réalité a frappé à ma porte, j'ai dû revoir mes préjugés. Je le connais. Il a grandi dans un environnement sain. Il bénéficie du soutien familial. Tout n'est pas perdu», a-t-il dit, promettant de demeurer auprès de lui.

Les parents et des proches du jeune homme ont d'ailleurs assisté à toutes les audiences depuis le 29 juin. Ils visitent aussi régulièrement leur enfant à l'Institut Philippe-Pinel. Notons d'ailleurs que le père a pris soin de réitérer en son nom personnel et celui de sa famille ses plus sincères condoléances aux familles éprouvées par ce triple meurtre.

Par ailleurs, plus tôt dans la journée, on a pu entendre le témoignage de Cécile Gaudreau Toutant, l'experte criminologue de la défense. Elle estime elle aussi qu'une peine spécifique pour adolescents (dix ans de garde fermée à Pinel et quatre ans de suivi externe) serait suffisante pour le réhabiliter entre autres parce qu'il accepte désormais l'aide thérapeutique. 

Elle croit donc que la protection du public à sa sortie de Pinel sera conditionnelle au traitement qu'il recevra en fonction des facteurs qui l'ont conduit vers la drogue et la délinquance. Il doit donc développer l'estime de soi et apprendre à reconnaître et gérer ses émotions. En ce sens, elle considère que Pinel est capable d'arriver à des résultats très positifs avec lui pour avoir déjà traité des adolescents dans le passé ayant commis des crimes graves. 

Une prise de conscience serait en train de se faire selon elle. «Il n'en revient pas de la nature de ses messages Facebook et à quel point il a été méchant. Il dit qu'il ne veut plus toucher à la drogue. Je ne dis pas que c'est fini mais nous allons devoir être vigilants», a-t-elle rapporté. 

Les preuves sont maintenant closes de part et d'autres. Les plaidoiries des avocats se dérouleront ce vendredi. 

Notons en terminant que le juge Langelier a tenu à souligner le professionnalisme et la rigueur de avocats ayant travaillé sur ce dossier, soit Me Hippolite Brin et Me Alexis Marcotte-Bélanger à la Couronne de même que Me David Guévin et Me Matthieu Poliquin à la Défense.

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