Triple meurtre: une peine pour adolescents suffirait, selon la défense

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Selon le Dr Christophe Nowakowski, une peine pour adolescents, soit six années de garde fermée et quatre années de suivi externe, serait suffisante pour le réhabiliter.

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La troisième semaine des plaidoiries sur sentence du coaccusé dans le triple meurtre de la rue Sicard a débuté, lundi, avec le témoignage de l'expert psychiatre de la défense.

Selon le Dr Christophe Nowakowski, une peine pour adolescents, soit six années de garde fermée et quatre années de suivi externe, serait suffisante pour le réhabiliter. Lorsque l'un des avocats de la défense Me David Guévin lui a demandé dans quelle mesure le public serait protégé à la fin de sa garde fermée, il a précisé qu'il n'existait certes aucune garantie mais qu'il deviendrait assurément un individu plus mature et différent en autant toutefois qu'il bénéficie d'une thérapie de réadaptation.

Tout comme les autres experts qui ont défilé devant le tribunal depuis le début des procédures judiciaires, il estime que le jeune homme souffrirait d'une organisation fragile de la personnalité. Certains ont parlé de trouble de personnalité limite mais il s'agit de la même problématique qui varie selon son degré de cristallisation. Le psychiatre lui attribue également des traits de personnalité évidente. «Il est un jeune psychologiquement immature confronté aux impératifs dictés par son âge biologique et chronologique», a-t-il ajouté. 

Toutefois, il ne voit pas en lui des traits psychopathes et ce, en dépit des plans très macabres qu'il avait élaborés sur Facebook. En ce sens, il soutient qu'il faut faire preuve de prudence lorsque vient le temps de distinguer les fantasmes de la réalité, faisant un parallèle avec les jeux vidéo. Il se demande d'ailleurs si les deux complices auraient planifié les mêmes scénarios d'horreur s'ils n'avaient pas été dans le cyberespace. «Le contact face-à-face les aurait forcés à confronter une réalité émotive», a-t-il précisé. 

En ce qui concerne le trouble factice que les deux experts de la Couronne ont diagnostiqué, le Dr Nowakowski n'y croit pas. Il a mentionné que même s'il ne souffre pas de schizophrénie, le jeune coaccusé peut bel et bien entendre des voix. «C'est plutôt un phénomène dissociatif fréquent dans les troubles de personnalité sévères, surtout en période de stress», a-t-il indiqué. 

De toute façon, il considère que même s'il serait atteint d'un trouble factice, celui-ci n'a aucune relation avec le délit, ne comporte aucune dangerosité et ne modifiera pas le traitement. 

L'expert a pris soin de rappeler que sa problématique de consommation de stupéfiants a aussi eu une incidence dans cette affaire. «Même s'il présente une structure de personnalité fragile, les substances qu'il a consommées sont de nature à aggraver les symptômes», a-t-il déclaré. 

Il est d'ailleurs convaincu que le jeune coaccusé a commis un meurtre spécifique (qui s'apparente au crime passionnel). Pour toutes ces raisons, le risque de récidive lui apparaît relativement faible et susceptible d'être diminué dans l'avenir en autant qu'il demeure abstinent. 

Par ailleurs, dans le cadre du contre-interrogatoire effectué par Me Hippolite Brin de la Couronne, il a notamment admis de ne pas avoir consulté tous les documents médicaux et notes évolutives qui lui ont été transmis. Il s'est justifié par le manque de temps et d'argent octroyé par l'aide juridique dans des causes semblables. 

Les procédures judiciaires vont se poursuivre ce matin.

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