Triple meurtre de la rue Sicard: témoignages émouvants des familles

Avec une très grande dignité et beaucoup de... (Photo: FRANÇOIS GERVAIS)

Agrandir

Avec une très grande dignité et beaucoup de courage, les parents des deux soeurs décédées, leur belle-mère, de même que les parents du jeune homme assassiné ont tous défilé devant le juge Bruno Langelier pour parler de leur immense souffrance et du sentiment de vide causé par le départ de leurs enfants.

Photo: FRANÇOIS GERVAIS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Pour la première fois depuis le début des procédures judiciaires intentées contre les deux jeunes tueurs de la rue Sicard, les familles des trois victimes se sont adressées au tribunal, vendredi, afin de témoigner des impacts que ce drame avait eu dans leur vie.

Avec une très grande dignité et beaucoup de courage, les parents des deux soeurs décédées, leur belle-mère, de même que les parents du jeune homme assassiné ont tous défilé devant le juge Bruno Langelier pour parler de leur immense souffrance et du sentiment de vide causé par le départ de leurs enfants. 

Dans la salle d'audiences, l'ambiance était alors particulièrement lourde. Leurs propos, leurs sanglots, même ceux qu'ils tentaient tant bien que mal de contenir, le tremblement de leur voix ont su ébranler tous les gens qui s'y trouvaient, tout particulièrement la famille du jeune coaccusé, visiblement attristée par ce drame et ses impacts. 

Quant au coaccusé, généralement imperturbable dans le box, il a pleuré à plusieurs reprises, notamment lors du témoignage de la mère des soeurs, cette femme qu'il avait prévu torturer. Depuis le début des procédures, il n'a d'ailleurs jamais véritablement regardé en direction des familles des victimes, toujours présentes aux audiences. Vendredi, il a gardé la tête baissée pendant qu'elles parlaient, pleurant quelques fois à chaudes larmes.  

La soeur des deux jeunes filles avait elle aussi un message à exprimer mais elle a préféré remettre une lettre confidentielle au juge afin qu'il en prenne connaissance.

D'ailleurs, dans la majorité des cas, les parents n'ont pas voulu que leurs propos soient rapportés dans les médias, estimant que leur vie privée avait déjà été suffisamment exposée. Étant la première à s'exprimer, c'est la mère des deux soeurs qui a fait la demande, réclamant le respect de la part des médias. Le juge a par la suite prononcé des ordonnances de non-publication pour tous les témoins qui le désiraient. 

Seule la mère du jeune homme de 17 ans a dit ne pas être dérangée par le fait que le contenu de son témoignage soit rendu public. Elle a indiqué que le 11 février 2014, on lui avait arraché le coeur. Depuis, elle n'aime plus la vie et celle-ci n'a plus de sens. Elle se dit envahie par une rage étouffante, la rage que quelqu'un comme le coaccusé, un jeune qui ne la connaît même pas, ait tué son fils et n'éprouve aucun remord.

«À cause de lui, même si je suis la mère de deux enfants, je regrette d'en avoir mis au monde, car c'est inhumain de devoir en redonner un. C'est une situation qu'aucun parent ne doit vivre», a-t-elle indiqué en ayant peine à retenir ses larmes. La torture est d'autant plus grande qu'elle voit souffrir sa fille aussi. 

Elle affirme être condamnée à devoir se centrer sur le présent, car le passé est trop douloureux et l'avenir, insupportable. Elle doit vivre avec des visions d'horreur, soit celle des meurtres de son fils et de sa bien-aimée et de la soeur de celle-ci.

«J'ai toujours en tête la vision qu'ils se sont cachés parce qu'ils avaient peur. Je l'entends me dire: Maman, j'ai peur. Maman, ils me visent, toi qui m'as dit plus jeune de ne jamais viser quelqu'un avec mes pistolets en jouets»,

a-t-elle exprimé. 

Pour elle, ce crime est tellement lourd à porter et si épuisant qu'elle a peine à croire qu'elle va devoir vivre avec des souvenirs aussi pénibles jusqu'à sa mort.

«Il a commis un crime impardonnable et irréparable. Un crime et une peine que je ne souhaite à personne», a-t-elle ajouté.

Le juge, qui a lui aussi été ébranlé par les témoignages des familles, a d'ailleurs pris soin de s'adresser à chacun d'eux pour saluer notamment leur courage, leur dignité et leur force. À la mère du jeune homme, il a notamment déclaré: «Vous avez été assez forte pour livrer ce vibrant témoignage. Je crois que vous allez continuer à l'être pour ceux qui restent.»

Les plaidoiries sur sentence et la requête en assujettissement visant à faire purger au jeune coaccusé une peine pour adultes vont se poursuivre lundi.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer