Triple meurtre de la rue Sicard: une peine pour adolescents serait risquée

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Selon la psychologue Johanne Bergeron, une peine pour adolescents dont la durée maximale est de dix ans, n'est pas suffisante pour le coaccusé du triple meurtre de la rue Sicard.

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La psychologue Johanne Bergeron privilégie nettement une peine pour adultes au jeune coaccusé du triple meurtre de la rue Sicard, et ce, afin d'assurer son encadrement durant toute sa vie et diminuer le risque de récidive.

Selon elle, une peine pour adolescents dont la durée maximale est de dix ans (six ans de garde fermée et quatre ans de suivi externe) n'est pas suffisante. 

«Je ne peux pas vous garantir que ce jeune aura assaini ses problématiques et sera fonctionnel. Ce que je garantis par contre est que s'il ne travaille pas suffisamment sur lui, il aura de grosses difficultés dans ses relations amoureuses. Dès qu'il aura une frustration, il risque de réagir de la même façon. Peut-être pas de façon aussi spectaculaire mais son comportement ne sera peut-être pas adéquat», a-t-elle indiqué, craignant notamment de la violence conjugale. 

En fait, elle a manifesté plusieurs fois son inquiétude jeudi, dans le cadre de la requête en assujettissement et des plaidoiries sur sentence de l'adolescent. 

La lourdeur de son délit, son trouble de personnalité limite sévère, sa dépendance aux stupéfiants, le fait que son dossier présente des indices de traits antisociaux qui pourraient se développer dans l'avenir, la planification du passage à l'acte et ses propres limites à s'investir dans une thérapie sont tous des éléments qui laissent présager des soins et un encadrement à long terme. 

Elle déplore tout particulièrement le fait que le jeune homme manifeste encore une résistance à reconnaître ses difficultés et ses responsabilités et à s'investir dans une thérapie. 

À trois reprises entre janvier 2013 et octobre 2014, il a refusé l'aide professionnelle qui lui était offerte pour ses problèmes. Qui plus est, il a déjà mentionné qu'une peine de dix ans était bien assez pour lui. «Il pense plus aux conséquences qu'à travailler sur lui. Dans six ans (après sa garde fermée), s'il est toujours au même stade, il va arriver quoi?», a-t-elle prévenu.  

Par exemple, lorsqu'elle lui a demandé s'il pensait avoir un problème lors de ses rencontres en novembre et décembre dernier, il a répondu non. Il soutient même que le fait d'entendre des voix pour lui constitue un don.

Certes, il adopte une attitude plus conformiste depuis qu'il est à l'Institut Philippe-Pinel. Or, elle note que lors de son transfert pendant quelques mois à l'automne 2014 dans un centre de réadaptation, les mêmes problématiques sont revenues à la charge lorsqu'il s'est retrouvé par hasard avec une éducatrice qui ressemblait à la jeune fille qu'il a tuée après leur rupture amoureuse. 

L'un des avocats du prévenu, Me Matthieu Poliquin, l'a pour sa part confrontée sur les conclusions de son rapport. Mme Bergeron a ainsi admis que le stress post-traumatique dont il souffrait depuis le drame et le stress relié aux procédures judiciaires pouvaient avoir retardé son évolution et contribué au détachement émotif dont il fait preuve en relatant les événements tragiques. 

En toute fin de journée, ce fut au tour de Danielle Hébert, chef de service à la Loi sur le système de justice pénale pour adolescents (LSJPA) de témoigner. On sait que la Direction provinciale recommande une peine

pour adultes dans ce dossier, soit la sentence à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant dix ans. 

Par contre, outre ce scénario, il existe deux autres possibilités quant à la sentence qui sera prononcée en vertu de la LSJPA. L'adolescent, qui a 17 ans, pourrait être placé pour ses six années de garde fermée à Pinel. 

Sinon, il pourrait être envoyé dans un centre de réadaptation jusqu'à sa majorité pour ensuite être transféré dans une prison pour adultes. 

Par contre, il existe des bémols compte tenu de son âge, de la durée à purger et de la présence de son complice au centre de réadaptation.

Aujourd'hui, ce sont les familles des victimes qui vont témoigner.

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