Triple meurtre: plaidoyer pour une prise en charge de longue durée

Tout comme la représentante du Centre jeunesse, le Dr Martin Gignac, un expert... (Émilie O'Connor, Archives Le Nouvelliste)

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Émilie O'Connor, Archives Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Tout comme la représentante du Centre jeunesse, le Dr Martin Gignac, un expert en pédopsychiatrie mandaté par la Couronne, conclut que le jeune coaccusé dans le triple meurtre de la rue Sicard doit être pris en charge pendant une longue période de temps, et ce, dans son propre intérêt autant que dans celui de la protection du public.

C'est du moins ce qui ressort de son interrogatoire en chef qui a été fait, mardi, dans le cadre des plaidoiries sur sentence et de la requête en assujettissement de l'adolescent. On sait que la Couronne souhaite obtenir du juge Bruno Langelier l'imposition d'une peine pour adultes au jeune tueur. 

Il importe ici de noter que cette peine ne prévoit pas une admissibilité à une libération conditionnelle après 25 ans mais bien après dix ans puisqu'il était âgé de 16 ans lors du meurtre. Le Code criminel prévoit en effet que dans les cas d'emprisonnement à vie pour meurtre au premier degré impliquant des mineurs, la période d'éligibilité à la libération conditionnelle varie entre cinq et dix ans, tout dépendant de l'âge du contrevenant.

D'un autre côté, s'il est condamné à une peine pour adolescents, il sera sous garde et surveillance pendant une période maximale de dix ans, ce qui signifie par exemple qu'il pourrait être placé en garde fermée pendant six ans (la période maximale) et avec suivi externe pendant les quatre dernières années.

Concrètement, dans l'éventualité d'une peine pour adolescents, il sera totalement libre après dix ans. Dans le cas

d'une peine pour adultes, il pourrait être libéré après dix ans mais sous surveillance pour le reste de sa vie. 

Dans son cas, le Dr Gignac estime que la peine doit être longue en raison notamment de la planification du crime qu'il a commis. Cela nécessitera une réorganisation de sa personnalité et une restructuration de ses valeurs. Si le geste avait été impulsif, l'intervention aurait été de moins longue durée.

En ce sens, l'expert en pédopsychiatrie a posé un diagnostic suivant, soit une fragilité de la personnalité, qui s'apparente au trouble de personnalité limite, et un trouble factice. Cette pathologie psychiatrique consiste à simuler des symptômes pour adopter le rôle de malade. Les objectifs poursuivis sont de ne pas assumer ses responsabilités et d'attirer l'attention. Le Dr Gignac a donné l'exemple de l'automutilation, de sa propension à rapporter ouvertement ses plans macabres, à partager ses hallucinations et à vouloir être spectaculaire dans le suicide qu'il avait envisagé de faire. Souvent, ces personnes vont fuir toute forme d'aide lorsqu'elles seront démasquées.

Par ailleurs, Line Lapointe, intervenante du Centre jeunesse mandatée pour produire le rapport prédécisionnel, a terminé son témoignage plus tôt dans la journée. Elle suggère non seulement une peine pour adultes compte tenu de l'absence de garanties sur une possible récidive mais elle estime que celle-ci devrait être purgée dans un pénitencier. Selon elle, le Centre jeunesse ne peut pas répondre à ses besoins spécifiques à long terme compte tenu de son âge - il a maintenant 17 ans - et de sa personnalité. Elle croit également que malgré la compétence des intervenants de l'Institut Philippe-Pinel, un placement à cet endroit ne serait peut-être pas d'assez longue durée pour garantir la protection durable du public.

Les procédures vont se poursuivre ce matin avec le contre-interrogatoire du Dr Gignac.

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