Triple meurtre: une peine pour adultes est recommandée

Les plaidoiries du coaccusé du triple meurtre de... (PHOTO: OLIVIER CROTEAU)

Agrandir

Les plaidoiries du coaccusé du triple meurtre de la rue Sicard se poursuivaient lundi au palais de justice de Trois-Rivieres.

PHOTO: OLIVIER CROTEAU

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Une intervenante du Centre jeunesse, dont le mandat a été de confectionner un rapport prédécisionnel sur l'un des coaccusés du triple meurtre de la rue Sicard à Trois-Rivières, estime qu'il n'éprouve aucun remords. Elle suggère même au tribunal l'imposition d'une peine pour adultes.

Line Lapointe a non seulement rencontré à quatre reprises le jeune homme de 16 ans en juillet et août 2014 mais elle a également pris connaissance de l'ensemble de la preuve déposée par la Couronne, dont sa déclaration faite aux policiers, ses messages Facebook et ses textos. Elle a aussi pris soin de contacter sa famille de même que les familles des victimes pour la confection de son rapport. 

Lundi, elle a donc été interrogée par le procureur de la Couronne, Me Hippolite Brin, sur les remords ou les regrets qu'il éprouverait. Sur ce point, le psychiatre Louis Morissette avait déclaré plus tôt dans la journée que le jeune homme éprouvait des remords face aux victimes et à ses propres parents et que par conséquent, le risque de récidive était faible.  

Or, dans les discussions que Mme Lapointe a eues avec lui, il ne manifesterait aucun remords ni pitié dans le fait d'avoir tué son rival. En ce qui concerne celle qu'il aimait, il a dit s'ennuyer d'elle et a manifesté de la tristesse. Enfin, il considère que sa soeur était à la mauvaise place au mauvais moment. Il aurait préféré qu'elle soit absente de la résidence familiale le matin du 11 février 2014. 

Toutefois, la Couronne a fait ressortir une contradiction sur ce point puisque le jeune adolescent avait déjà écrit dans des messages Facebook qu'il projetait aussi de la tuer. C'est lui également qui aurait enjoint son complice de l'assassiner ce matin-là, prétendant qu'elle était fatigante parce qu'elle n'arrêtait pas de parler. Au début, son complice n'a rien fait. Il aurait alors fait un décompte pour le forcer à tirer. 

Quant aux familles des victimes, il ne se soucierait pas vraiment d'elles, selon Mme Lapointe. 

Toujours à la lumière de sa propre évaluation, le coaccusé est toujours à risque. Il aurait d'ailleurs dit vouloir arrêter toute thérapie s'il devait purger une peine pour adultes, en l'occurrence la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.  

Il lui aurait également déclaré vouloir purger le moins de temps possible, qu'il avait déjà eu sa punition mais qu'il avait compris que son geste n'était pas une solution. 

L'intervenante du Centre jeunesse a aussi abordé l'aspect de la responsabilité. Elle soutient qu'il aurait fait preuve d'une certaine forme de déresponsabilisation en déclarant notamment que les gens à qui il avait parlé de ses macabres projets auraient dû contacter la police pour faire achopper son plan. 

Le psychiatre Morissette est d'un autre avis. Il soutient pour sa part que la plus belle preuve de sa responsabilité repose notamment dans son plaidoyer de culpabilité. Il a réitéré son diagnostic, c'est-à-dire qu'il souffrait d'un trouble de personnalité limite sans pour autant avoir des traits antisocial et psychopathique. Il se dit convaincu qu'il est sur le bon chemin de la réadaptation. Il prône donc une peine pour adolescents, qui se traduirait par six années de garde dans le milieu de vie de l'Institut Philippe-Pinel avec une thérapie et un encadrement adapté à ses besoins, suivi de quatre ans en suivi externe. Il croit qu'il pourra ainsi réintégrer la société sans mettre celle-ci en danger.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer