Triple meurtre: une réadaptation possible en dix ans

Le psychiatre Louis Morissette estime que le jeune... (PHOTO: OLIVIER CROTEAU)

Agrandir

Le psychiatre Louis Morissette estime que le jeune coaccusé dans le triple meurtre de la rue Sicard à Trois-Rivières peut être réadapté dans la société en l'espace de dix ans.

PHOTO: OLIVIER CROTEAU

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le psychiatre Louis Morissette estime que le jeune coaccusé dans le triple meurtre de la rue Sicard à Trois-Rivières peut être réadapté dans la société en l'espace de dix ans.

Par le fait même, son diagnostic va à l'encontre de la requête en assujettissement présentée par la Couronne qui vise à faire purger au jeune délinquant une peine pour adultes et non pour adolescents. La différence est de taille, car dans le cas d'une sentence pour adultes, il serait éligible à une libération conditionnelle après 25 ans alors que cette période d'éligibilité est de dix ans pour un mineur. «Dans le cas présent, le processus de réadaptation dans la société peut se faire dans la période de dix ans», a-t-il précisé.  

Le Dr Morissette, qui travaille notamment à l'Institut Philippe-Pinel, est celui qui avait été engagé par la défense dans le dossier de Guy Turcotte. À titre de psychiatre traitant du jeune coaccusé, il a pris soin de mentionner qu'il n'avait aucun préjugé positif ou négatif envers le prévenu. 

Certes, il reconnaît que son plan était particulièrement macabre, mais ça ne rajoute rien, selon lui, aux risques de récidive, en autant que le jeune soit pris en charge. «Il ne faut pas se laisser éblouir par l'aspect extrême de cette affaire. Il faut éviter de se laisser distraire par certaines informations. Il faut les savoir, les prendre en compte mais est-ce que ça rajoute au risque de récidive? Non», a-t-il martelé.

Selon lui, le jeune de 17 ans est en train de développer sa capacité d'apprendre à gérer ses émotions dans des situations d'abandon ou de rejet. Il qualifie que son évolution serait favorable depuis février 2014. 

Tout comme sa collègue de Pinel, la psychologue Anne Choquette, il a été mandaté par le tribunal pour faire une évaluation du jeune homme dans le cadre de la requête en assujettissement. Il conclut lui aussi que l'adolescent souffre d'un trouble de personnalité limite et d'un désordre post-traumatique. Par contre, il ne lui attribue pas de trouble factice en lien par exemple aux voix que le coaccusé disait entendre dans sa tête. «Nous travaillons à lui faire comprendre que ces hallucinations viennent de lui, de ses émotions qu'il a du mal à gérer», a-t-il précisé. 

Il a lui aussi été contre-interrogé longuement par l'un des procureurs de la Couronne Me Alexis Marcotte Bélanger sur les messages troublants qu'il avait tenus, sur ses gestes de délinquance, sur ses idées suicidaires, sur des refus de traitement et d'aide, etc.

Or, selon lui, elles font partie de son trouble de personnalité limite et font suite au rejet amoureux par l'une des trois victimes, d'autant plus que dans la majorité des cas, les menaces et la planification des crimes avaient été tenues après cette séparation au début septembre 2013

D'ailleurs, il a insisté sur le fait que le drame avait été causé par sa relation spécifique avec l'une des victimes, ce qui inclut l'assassinat de sa soeur qui était présente dans la maison le matin du 11 février 2014 et de son rival.

Et même s'il a menacé de tuer tout le monde alors qu'il était hébergé dans un centre jeunesse après le triple meurtre (un autre jeune lui avait fait une remarque désobligeante sur sa façon de bouger les mains), il estime que l'important est qu'il en ait parlé spontanément. «Ça fait partie de son processus rééducatif», a-t-il ajouté. 

Le témoignage du Dr Morissette va se poursuivre lundi. Par la suite, ce sera au tour de la Couronne de faire entendre ses propres experts. 

Notons enfin que plus tôt dans la journée, la Dre Anne Choquette a terminé son témoignage. Elle a maintenu son diagnostic initial et précisé que le coaccusé n'avait pas de traits antisociaux et psychopathiques et qu'il ne souffrait pas non plus de bipolarité ou de schizophrénie. Selon elle, une réadaptation va permettre la protection du public.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer