Triple meurtre à Trois-Rivières: le coaccusé souffrirait d'un trouble de personnalité limite

La Dr Anne Choquette, psychologue à l'institut Philippe-Pinel... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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La Dr Anne Choquette, psychologue à l'institut Philippe-Pinel à Montréal, a témoigné hier au procès du jeune coaccusé dans le dossier du triple meurtre de la rue Sicard.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le jeune coaccusé dans le dossier du triple meurtre de la rue Sicard souffrirait d'un trouble de personnalité limite, jugé de modéré à sévère.

C'est du moins le diagnostic formulé par la Dre Anne Choquette, psychologue à l'institut Philippe-Pinel à Montréal. À la lumière de son évaluation, le pronostic de réhabilitation dans le cadre d'une thérapie serait même favorable compte tenu de ses capacités cognitives, de sa transparence, de son implication dans une démarche thérapeutique et des enjeux psychiques.

Même si ce témoin expert a été appelé à la barre par la Couronne dans le cadre de la requête en assujettissement visant à faire purger à l'adolescent une peine pour adultes, elle a néanmoins été confrontée sur son évaluation.

À titre de psychologue traitante, elle a entre autres avoué que l'adolescent, maintenant âgé de 17 ans, avait omis de lui relater toute sa délinquance du passé notamment qu'il avait déjà volé des plants de cannabis, qu'il avait souhaité faire partie d'un gang de rue et qu'il avait vendu des stupéfiants à des amis. Elle a toutefois maintenu son diagnostic mais émis certains bémols sur le degré de dangerosité. Il en va de même lorsqu'interrogée sur le fait qu'il aurait déclaré abandonner tout traitement s'il devait purger une peine pour adultes ou mettre fin à ses jours.

Selon elle, le geste de violence qu'il a posé est isolé et lié à une perte relationnelle et ce, même s'il s'en est pris également à la soeur de la jeune fille de 16 ans dont il était tombé amoureux et qu'il projetait de torturer leur mère.

Par contre, elle a quelque peu révisé ses positions dans l'éventualité où le coaccusé aurait mis à exécution son projet de tuer des policiers et même de violer une autre jeune femme qu'il ne connaissait même pas, de la décapiter et de faire brûler sa tête.

En effet, on a pu apprendre dans ses messages sur Facebook qu'il avait élaboré d'autres scénarios macabres dignes des plus grands films d'horreur. Incapable d'accepter sa séparation avec la jeune fille depuis septembre 2013, il voulait faire souffrir celle-ci, sa famille, son amoureux et la famille de celui-ci. Il était même prêt à filmer ces scènes atroces pour les diffuser sur Internet.

En ce sens, il était appuyé et encouragé par l'une de ses amies Facebook. C'est elle notamment qui a fait des recherches pour essayer de lui trouver de la poudre à canon. Il voulait en effet fabriquer une bombe et avait trouvé la recette pour la fabriquer mais il a été incapable de mettre la main sur cette fameuse poudre.

Bien qu'il ait subi des modifications au fil du temps, son funeste projet a donc été planifié longuement avec son complice. Il a tenté à plusieurs reprises de trouver l'adresse de son rival mais en vain. Les deux jeunes ont finalement convenu de tuer l'ancienne copine, de torturer sa mère, d'abattre les policiers pour ensuite se suicider.

Dans les jours précédant le 11 février 2014, il disait avoir hâte à son heure de délivrance, que la mort ne lui faisait pas peur et que celle-ci serait spectaculaire. «Ce sera magnifique et sanglant.»

Il a aussi parlé à quelques reprises des voix qu'il entendait dans sa tête à des proches. Certains lui ont dit de lâcher la drogue mais de toute évidence, il n'en a pas tenu compte. Il a continué à consommer du pot, des speed, du LSD et autres substances chimiques.

Qui plus est, il a été hospitalisé en janvier 2013. Il a alors rencontré un psychiatre. Selon la Couronne, le rapport qui a été fait à ce moment révélerait qu'il n'entendait pas réellement des voix. Il s'agissait davantage d'un trouble factice pour attirer l'attention.

Les procédures vont se poursuivre vendredi matin.

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