Triple meurtre à Trois-Rivières: «Il me reste des os, de la peau et la mort»

Outre une 30-06, un fusil de calibre 22-250...

Agrandir

Outre une 30-06, un fusil de calibre 22-250 et une trentaine de munitions, l'adolescent avait apporté une massue, du fil barbelé, des couteaux, des ciseaux, du sel de mer, du tabasco et une râpe à fromage.

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les conversations que l'un des co-accusés du triple meurtre de la rue Sicard à Trois-Rivières a eues sur Facebook avec des amis avant le drame tendent à démontrer à quel point son état mental et physique s'était dégradé depuis l'automne 2013.

C'est du moins ce qui ressort de la preuve informatique et virtuelle qui a été présentée, mardi, par la police de Trois-Rivières.

 D'une part, ce jeune homme de 16 ans consommait beaucoup de stupéfiants notamment du cannabis, des speeds, du LSD, de la cocaïne, de l'ectasy, des champignons magiques et du MDMA. Il pouvait ingurgiter trois «speeds» par jour. Selon ses amis Facebook, il lui arrivait parfois de vendre des stupéfiants. À une reprise, il s'était vanté d'avoir volé 32 plants de pot.

 Ses problèmes de drogue étaient à ce point importants qu'il avait maigri énormément. «Il me reste des os, de la peau et la mort», a-t-il notamment écrit. À certains amis, il prétendait même qu'il avait le cancer de la peau et qu'il lui restait environ un an à vivre.

 Toutefois, ce sont ces idées suicidaires et les scénarios morbides qu'il peaufinait avec son complice qui ont marqué les dernières semaines avant le passage à l'acte le 11 février 2014.

 Incapable d'accepter sa rupture avec la jeune fille de 17 ans qu'il a assassinée en même temps que son amoureux et sa soeur de 22 ans, il a parlé de ses idées noires à plusieurs amis Facebook, disant notamment que ça faisait quatre mois qu'il avait le «gun» sur la tempe . «Je n'ai plus rien. J'ai détruit ma vie en entier.» Il a également mis sur sa page Facebook des photos morbides, dont un Mickey Mouse qui se pend.

 Il affirmait qu'il ne voulait pas qu'elle en tue un autre, qu'il allait crever avant de jamais pouvoir lui reparler et qu'il allait se suicider devant elle. À trois reprises, il prétendait d'ailleurs avoir tenté de se suicider mais que la corde avait lâché. Il disait aimer cette jeune fille mais lui reprochait d'être une folle et d'avoir profité de lui parce qu'elle n'avait pas laissé son amoureux.

 Lorsqu'il s'est rendu sur la rue Sicard, il avait pris soin d'apporter avec lui des dessins qu'elle lui avait faits et des figurines qu'elle lui avait données en cadeaux.

 Plus le temps avançait et plus ses idées sont devenues noires. Il a commencé à vouloir obtenir l'adresse du copain de son ancienne flamme parce qu'il voulait le tuer. Il en est arrivé au point où il voulait tuer tout le monde dans la maison de cette jeune fille, les policiers y compris. Certes, des gens ont tenté de lui faire entendre raison mais en vain. D'autres ont cru à une blague.

 En écoutant le récit de toutes ces conversations sur Facebook, le prévenu a d'ailleurs fondu en larmes dans le box des accusés. On a notamment entendu le récit d'une discussion qu'il avait eue peu de temps avant le triple meurtre avec une autre ex-copine. Il lui reprochait de ne plus l'aimer, suscitant beaucoup de peur chez elle. En janvier, elle avait d'ailleurs fait part à un policier éducateur des propos troublants et suicidaires du jeune homme.

 Les photos qui ont été également déposées en preuve, mardi, démontrent qu'il avait planifié cette tuerie. Outre une 30-06, un fusil de calibre 22-250 et une trentaine de munitions, il avait apporté une massue, du fil barbelé, des couteaux, des ciseaux, du sel de mer, du tabasco et une râpe à fromage. On sait que le plan des deux adolescents était de torturer la mère des deux soeurs. Il avait même apporté des serviettes sanitaires pour panser ses blessures dans l'éventualité où l'un de deux adolescents serait blessé par les policiers. Il avait aussi apporté des produits inflammables et des allumettes pour incendier la maison.

 Notons qu'une bible a plus tard été retrouvée dans son sac à dos. En effet, il a quelque fois fait référence à Dieu dans ses conversations, disant qu'il était encore de son côté. «Dieu me donne la tâche de tuer des gens, moi le premier». Il s'est aussi décrit come un néo-socialiste et néonazi.

 Après le passage à l'acte, lorsqu'il a été arrêté et menotté par les policiers dans la rue, ces derniers ont constaté qu'il souriait. Et dans son baladeur, il écoutait une chanson du groupe métal Decapited.

 Les plaidoiries sur sentence vont se poursuivre jeudi. La Couronne veut lui faire purger une peine pour adultes.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer