Triple meurtre à Trois-Rivières: «On voulait faire le plus de carnage possible»

Une vidéo d'un interrogatoire policier a été présentée...

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Une vidéo d'un interrogatoire policier a été présentée en cour, lundi, lors des plaidoiries sur sentence de l'un des deux jeunes hommes impliqués dans le triple meurtre survenu sur le rue Sicard en février 2014.

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Dans les heures qui ont suivi le triple meurtre de la rue Sicard, le plus jeune des co-accusés a relaté avec froideur et sans manifester aucun remords apparent le drame qui s'est joué le matin du 11 février 2014.

C'est du moins ce qu'on a pu voir, lundi, avec l'interrogatoire policier présenté dans le cadre des plaidoiries sur la sentence et la requête en assujettissement. Cet adolescent, alors âgé de 16 ans, a en effet raconté comment les deux soeurs et l'amoureux de l'une d'elles avaient été assassinés d'une balle dans la tête au terme d'un plan machiavélique élaboré depuis quelques mois. 

Il prétend avoir vécu une relation amoureuse avec la plus jeune des victimes, âgée de 17 ans, et ce, pendant huit mois. Selon sa propre expression, il était son amant, puisqu'elle fréquentait encore son copain de longue date, également assassiné dans ce drame. Il croyait qu'elle l'aimait mais elle a soudainement rompu avec lui sans

qu'il puisse avoir des contacts avec elle.

Il a d'ailleurs avoué qu'il avait marché un jour pieds nus sous la pluie pendant trois heures pour aller lui porter des roses mais qu'il avait été rabroué. Ses idées suicidaires se sont alors accentuées et il a commencé à planifier des assassinats. Au cours de cette même période, il entendait aussi des voix dans sa tête. D'ailleurs, lors de cet interrogatoire dans lequel il se savait filmé, on l'a vu plusieurs fois parler seul en l'absence de l'enquêteur, murmurant des «Crissez-moi patience» et «Sortez de là» en se donnant des coups sur la tête. Dans le passé, il avait même rencontré un psychologue à la demande de son père et avait été soumis à une médication. Or, il avait cessé de la prendre en leur laissant croire qu'il était correct. 

Pendant les cinq heures et demie de cet interrogatoire, il s'est montré très peu volubile au début, refusant d'expliquer ses motivations, bafouillant des «je ne sais pas», «je ne m'en souviens pas» ou «est-ce que ça va être long encore.» Il a nié avoir déclaré aux policiers l'ayant arrêté qu'il avait tué tout le monde. 

Il s'est plutôt décrit comme un solitaire, qui aimait passer ses journées dans son lit à dormir ou à regarder la télévision. Il considère que sa plus grande caractéristique est de se «crisser» de tout. Il a dit avoir aimé la jeune fille qu'il a tuée mais pas nécessairement avec un grand A. Quant à son copain, il le considérait comme un «dude» qu'il a vu la première fois le matin du drame.

C'est toutefois en voyant une partie de la déclaration vidéo de son complice aux policiers qu'il a commencé à se faire plus bavard. Son plan initial consistait à tuer la jeune fille, sa mère et son amoureux si celui-ci était présent. Outre les armes et des produits inflammables, des instruments de torture avaient aussi été apportés soit une râpe à fromage, du sel, du Tabasco et du fil barbelé. Les deux adolescents avaient ensuite prévu se suicider.

Le matin du drame, ils ont pris l'autobus de la ville. Rendus sur la rue Sicard, le jeune de 16 ans a demandé à son complice de 17 ans de frapper à la porte pendant qu'il était caché afin de pouvoir entrer dans la maison. Une fois sur place, la jeune fille l'a vu et lui a demandé ce qu'il faisait chez elle avec des armes pour ensuite monter à l'étage en appelant le 9-1-1. Elle s'est cachée dans un garde-robe avec son copain mais ils ont tous les deux été forcés de redescendre au salon. En l'espace de 30 secondes, les trois victimes ont ensuite été abattues froidement. «Quand j'ai entendu la détonation et que j'ai vu que [prénom de son complice] avait tué [prénom de la soeur de 22 ans], il était trop tard pour revenir en arrière j'imagine. J'ai tiré [prénom du garçon] et j'ai rechargé mon arme le plus vite possible pour abattre [prénom de la plus jeune soeur].»

Il est monté à l'étage et a fracassé une vitre de la salle de bain. «Tant qu'à mourir, on voulait faire le plus de carnage possible. On a fumé un joint en attendant les policiers mais ils n'arrivaient pas. Et puis, j'entendais des voix dans ma tête qui me disaient de ne pas me tuer, qu'on avait besoin de moi», a-t-il raconté.

Les deux jeunes hommes ont donc quitté les lieux avant d'être arrêtés par les policiers. Il aurait alors dit à son complice et meilleur ami: «Je t'aime pareil et les années avec toi ont été cool.» 

Les plaidoiries vont se poursuivre ce matin. Rappelons que la requête en assujettissement de la Couronne vise à lui faire purger une peine pour adultes et non pour adolescents.

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