Victime d'une surdose de méthadone à 6 mois

Renesmée dans les bras de sa mère, Laura... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Renesmée dans les bras de sa mère, Laura Simard.

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(Trois-Rivières) Souriante et allumée, la petite Renesmée Simard Houde a tout d'une petite fille ordinaire. Si elle s'amuse aujourd'hui avec ses frères et soeurs, la petite âgée de 21 mois a bien failli succomber à une surdose de méthadone alors qu'elle n'avait que six mois. Un employé d'une chaîne de pharmacie bien connue a remplacé, par erreur, l'eau qui devait être utilisée pour un médicament contre une otite par cette substance utilisée pour sevrer les personnes dépendantes à l'héroïne.

La petite Renesmée sur son lit avec ses... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste) - image 1.0

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La petite Renesmée sur son lit avec ses parents, Laura Simard et Dany Houle. 

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Les parents de la petite Renesmée, Laura Simard et Dany Houde, ne peuvent oublier les horribles événements de ce fameux soir où leur fille a frôlé la mort, peu de temps après lui avoir administré un médicament qui devait soulager son otite. «Après lui avoir donné le médicament qu'on venait d'avoir à la pharmacie, on s'est rendu compte que sa respiration était plus difficile», se souvient Laura Simard qui ne pouvait soupçonner les véritables causes de l'inconfort de sa fille. «On venait de passer plusieurs heures à l'urgence pour son otite et elle était très fatiguée.»

Quelques instants plus tard, alors que Renesmée était au lit, Dany Houde est allé la voir. L'enfant ne respirait plus et sa peau était bleue. «Il est arrivé dans le passage avec la petite dans ses bras. Elle était bleue et était molle comme une poupée de chiffon», raconte la mère.

«J'ai commencé des procédures pour la réanimer et elle est revenue à elle», ajoute le père de la petite en avouant avoir de la difficulté à vivre avec ces souvenirs.

Les ambulanciers ont pris en charge l'enfant, qui a finalement dû être hospitalisée à Sainte-Justine. Durant de longs jours, elle a été intubée et survivait grâce à un respirateur artificiel. Ne sachant pas ce dont la petite souffrait, Laura Simard suspectait une réaction allergique à la pénicilline, substance utilisée dans le médicament contre l'otite. «Plusieurs personnes sont allergiques dans ma famille. On croyait que c'était ça le problème», dit-elle.

Les médecins se sont toutefois rapidement rendu compte qu'il ne s'agissait pas du tout d'une réaction allergique. Ceux-ci ont découvert, après plusieurs examens, dont certains ont nécessité d'importantes interventions médicales, qu'il s'agissait d'une surdose à la méthadone. «Lorsqu'on m'a dit ça, j'ai répondu Quoi? C'est quoi ça la méthadone?»», se souvient Laura Simard.

Renesmée doit désormais vivre avec des sensibilités au niveau de ses poumons. Selon le pneumologue de la petite, il s'agit là de conséquences à la surdose de méthadone et aux jours passés sous respirateur artificiel. Les parents se croisent toutefois les doigts pour que son développement soit normal.

La pharmacie qui a commis l'erreur a confirmé aux parents que leur fille avait bien été intoxiquée à la méthadone, ce médicament utilisé pour sevrer les héroïnomanes. «Le pharmacien est un ami et il me disait qu'il était extrêmement désolé de la situation. Il s'est rendu compte de l'erreur de son employé le lendemain, lorsque celui-ci allait encore utiliser la bouteille de méthadone, pensant qu'il s'agissait de l'eau», souligne Mme Simard qui avoue malgré tout avoir une certaine peur lorsqu'elle va chercher des médicaments à la pharmacie.

Laura Simard a déposé depuis une demande d'indemnisation. Insatisfaite de l'offre, elle est toujours en attente d'une autre proposition. Celle-ci devait arriver au plus tard le 15 juin dernier. «Nous avons eu une première offre minime que je trouve absolument ridicule.»

Les parents de la petite Renesmée affirment devoir vivre avec une stigmatisation, à la suite de l'intoxication à la méthadone de leur fille. Lorsque les événements se sont déroulés, ils ont dû répondre aux questions des policiers et de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). «Une fois à l'hôpital lorsque je donnais les antécédents de ma fille, on m'a demandé pourquoi je lui avais donné de la méthadone», précise Laura Simard. «Nous devons toujours faire face au jugement des autres, mais nous ne sommes pas des criminels.»

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