Triple meurtre à Trois-Rivières: un récit à glacer le sang

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Lors des événements, les deux accusés ont quitté les lieux en sortant par la porte avant. C'est alors qu'ils ont été interceptés et arrêtés.

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Lorsqu'il a plaidé coupable vendredi matin aux six accusations portées contre lui pour le triple meurtre de la rue Sicard à Trois-Rivières, le second adolescent n'a manifesté aucune émotion particulière dans le box des accusés.

Aujourd'hui âgé de 18 ans, (il en avait 17 ans lors des crimes), il avait la tête baissée pendant que le procureur de la Couronne Me Hippolite Brin faisait la lecture du narratif des événements.

Sans broncher, il a admis en présence de son avocat Me René Duval avoir commis les trois meurtres au premier degré et d'avoir comploté pour tuer une jeune fille de 17 ans, sa mère, son amoureux lui aussi âgé de 17 ans et des policiers.

Pourtant, le drame qui s'est joué le 11 février 2014 et dans les mois précédents a de quoi glacer le sang. C'est en effet ce que révèle la preuve qui a été déposée en cour vendredi. L'incompréhension est d'autant plus forte que ce jeune homme ne connaissait pas du tout les trois victimes. 

C'est son complice, âgé de 16 ans en février 2014 qui est, en quelque sorte, à l'origine de ce triple meurtre. En fait, il s'était amouraché de la plus jeune des deux soeurs décédées. Celle-ci vivait alors une relation amoureuse avec un jeune homme depuis quelques années. Il y aurait néanmoins eu des rapprochements mais uniquement d'ordre amical. Cette jeune fille voulait tout simplement aider l'adolescent mais la relation s'est avérée malsaine au point que sa mère lui a demandé de couper les ponts pour éviter qu'elle ne se fasse du mal. Et c'est ce qu'elle a fait, mais ce dernier s'y est refusé. Il a plutôt tenté d'établir des contacts avec elle de plusieurs façons. En septembre 2013, elle lui a donc envoyé un message pour lui dire qu'elle aimait son chum et qu'elle allait toujours l'aimer. Elle lui  enjoignait de sortir de sa vie et de cesser de la contacter car elle porterait plainte à la police pour harcèlement. Elle lui a aussi clairement fait savoir qu'elle ne l'aimait pas et qu'elle ne voulait rien savoir de lui. 

Dès lors, cet adolescent a très mal réagi, se sentant trahi et en colère. Il a commencé à envoyer des messages de plus en plus sombres sur les réseaux sociaux dans lesquels il parlait de tuer des gens et/ou de se suicider. Il a même demandé qu'on lui trouve de la poudre à canon et l'adresse de l'amoureux de la jeune fille mais sans succès. Au cours de la même période, il s'est rapproché de l'autre accusé, un adolescent qu'il connaissait depuis deux ans à peine et qui lui aussi avait eu des difficultés amoureuses.  

Ils ont alors ourdi un plan monstrueux, qui consistait à tuer la jeune fille et son amoureux, les policiers qui voudraient les arrêter, à torturer la mère de la jeune fille, à incendier sa maison et enfin à mettre fin à leurs jours. 

Dans les jours qui ont précédé leur passage à l'acte, ils ont eu des échanges courriels et messages textes dans lesquels ils disaient que leur moment de gloire approchait enfin et que le sang allait couler dans leurs mains.

Le 11 février, ils ont quitté la résidence du jeune homme de 16 ans en apportant avec eux du fil barbelé, du Tabasco, une râpe à fromage, du sel, un marteau, des produits inflammables, deux armes  longues qui étaient entreposées dans la maison et des munitions. 

Ils ont ensuite pris l'autobus de la Ville mais l'étui qui contenait leur matériel s'est déchiré. Ils sont donc retournés à la maison, ont réparé l'étui et ont repris l'autobus. 

À 7 h 50, ils sont arrivés sur la rue Sicard. C'est celui qui ne connaissait pas les victimes qui a sonné à la porte pour dire qu'il avait une urgence et qu'il devait téléphoner. L'autre était alors caché non loin. Une fois entré, le premier a pris soin de fermer la porte derrière lui mais sans la verrouiller et ce, afin de laisser passer son ami qui avait les deux armes. 

À ce moment, il y avait dans la maison la jeune fille, son amoureux et sa soeur âgée de 22 ans. La mère était pour sa part déjà au travail. En voyant les armes, la plus jeune des soeurs est allée se cacher avec son chum dans un garde-robe pour y appeler le 9-1-1. Quelques minutes plus tard, ils ont été retrouvés par l'un des tueurs et forcés de rejoindre l'autre soeur et le complice dans le salon. En l'espace de 30 secondes, les trois jeunes ont été abattus d'une balle dans la tête. L'adolescent de 16 ans a tué le couple alors que celui de 17 ans a froidement tiré sur la soeur. 

Ils se sont ensuite rendus dans une salle de bain pour attendre l'arrivée des policiers. Ne voyant aucun mouvement dans la rue, ils ont changé d'idée et quitté les lieux en sortant par la porte avant. C'est alors qu'ils ont été interceptés et arrêtés.

Compte tenu de la demande formulée par Me Hippolite Brin, le juge Raymond W. Pronovost a ordonné qu'un rapport pré-décisionnel soit fait sur le jeune homme qui a plaidé coupable vendredi.

La cause a donc été reportée pour la forme au 13 novembre. À ce moment, on devrait fixer les dates des plaidoiries sur sentence et de la requête en assujettissement de la Couronne qui vise à lui faire purger une peine pour adultes et non pour mineurs.

Dans le cas de l'autre prévenu, qui a plaidé coupable aux mêmes chefs en juin 2014, les plaidoiries sur sentence et la requête en assujettissement débuteront ce lundi. Dans le cas de meurtre au premier degré, la peine imposée est la prison à perpétuité. Toutefois, un mineur peut être éligible à une libération conditionnelle après 10 ans alors qu'un adulte le sera après 25 ans.

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