Le pédophile Denis Nadeau écope de 4 ans de prison

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Le juge Jacques Lacoursière a conclu que Denis Nadeau présentait un risque de récidive important et qu'il fallait l'encadrer à sa sortie de prison pour assurer la sécurité de la population.

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Nancy Massicotte
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(Trois-Rivières) Un pédophile multirécidiviste, Denis Nadeau, a été condamné à une peine de quatre ans de prison pour des crimes de pornographie juvénile et déclaré délinquant à contrôler pendant dix ans.

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Denis Nadeau

Dans la sentence qu'il a prononcée vendredi, le juge Jacques Lacoursière a en effet conclu que cet individu de 55 ans présentait un risque de récidive important et qu'il fallait l'encadrer à sa sortie de prison pour assurer la sécurité de la population. 

Rappelons que Nadeau avait plaidé coupable en décembre 2014 à des chefs de possession et accession à du matériel de pornographie juvénile. En novembre 2013, lors d'une perquisition menée à son domicile, les policiers avaient saisi une clé usb contenant 35 fichiers montrant des fillettes de 3 à 12 ans victimes d'abus sexuels avec des adultes ou d'autres fillettes. 

Le procureur de la Couronne, Me Jean-Marc Poirier, avait non seulement demandé une peine de 48 mois de prison pour ces crimes mais qu'il soit également déclaré délinquant à contrôler pour la période maximale, soit dix ans. 

L'avocate de la défense, Me Karine Bussière, avait pour sa part suggéré une peine de quelques mois, compte tenu de sa détention préventive depuis son arrestation. Le juge en a d'ailleurs tenu compte puisque 28 mois et demi seront soustraits de sa peine de 48 mois de sorte qu'il devra purger 19 mois et demi. 

Néanmoins, le tribunal est d'avis qu'une peine sévère s'imposait de façon à répondre aux critères de dénonciation et dissuasion. En matière de possession et accession à de la pornographie juvénile, la peine maximale est de cinq ans. Même si Denis Nadeau n'a pas partagé ces fichiers (la distribution ou le fait d'avoir rendu accessible est punissable d'une peine maximale de dix ans), il a insisté sur le fait que cela ne constitue pas une circonstance atténuante. 

Le juge a également précisé: «S'il est vrai que les policiers ont saisi environ 35 fichiers, le visionnement de quelques-uns de ceux-ci ne fait pas le poids par rapport à leur contenu troublant, voire répugnant.» En d'autres mots, il tient à lancer le message à quiconque serait tenté d'agir comme l'a fait l'accusé qu'«un fichier est un fichier de trop». 

En plus, Nadeau n'en est pas à ses premières infractions en matière de pornographie juvénile. Il compte de nombreux antécédents. En 2007, il avait en effet écopé d'une peine de 12 mois pour possession de matériel pornographique juvénile, soit 8544 fichiers graphiques et 522 fichiers vidéos et neuf mois pour complot visant à commettre des attouchements sexuels sur une fillette de 12 ans. Il avait aussi été condamné à une peine de 18 mois dans la collectivité pour des agressions sexuelles commises sur deux mineures en 2005.

Récemment, il a d'ailleurs affirmé à une psychologue que la possession et l'accès à de la pornographie juvénile sont certes des actes illégaux mais pas des crimes graves. Il a dit choisir des images où les enfants ont l'air d'être d'accord et qu'il cesse de regarder si les enfants pleurent ou ont mal. 

Confronté sur une agression sexuelle commise il y a quelques années sur une petite fille de sept ans, il a affirmé qu'il s'agissait là aussi d'un crime sans gravité puisqu'il était survenu dans un climat de non-violence et qu'il avait procuré du plaisir à une fillette consentante. Il ne considère pas l'enfant comme une victime et ne manifeste aucun remord. 

Même s'il montre une certaine disposition à faire un travail de réflexion sur lui-même, Nadeau ne voit pas la pertinence d'une thérapie spécialisée, considérant que sa sexualité n'est pas un problème pour lui. 

C'est pourquoi le risque de récidive est considéré comme important et qu'il sera surveillé pendant dix ans à sa sortie de prison. Le juge a d'ailleurs indiqué à Nadeau qu'il devait comprendre que cette surveillance visait à lui permettre d'entrevoir une réhabilitation véritable s'il accepte évidemment d'y mettre du sien. 

À sa sortie du tribunal, Me Poirier a indiqué que cette peine était de nature à protéger le public. En effet, Nadeau devra se soumettre à plusieurs conditions restrictives comme se rapporter à son agent de surveillance et peut-être même être soumis à une hormonothérapie.

Notons que Nadeau sera également inscrit sur le registre des délinquants sexuels à perpétuité et qu'il lui sera interdit d'être en présence de jeunes de moins de 16 ans et même de les contacter via Internet, et ce, pendant dix ans.

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