Femme agressée à coups de marteau: Normand Jr Benoît écope cinq ans de prison

Maryse-Josée Lamy avait été gravement blessée lors de... (Photo: Archives, Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

Agrandir

Maryse-Josée Lamy avait été gravement blessée lors de cette agression. On la voit ici au palais de justice un mois plus tard, soit en février 2014.

Photo: Archives, Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Une peine de cinq ans de pénitencier a été imposée, jeudi, à Normand Jr Benoît pour avoir agressé violemment une femme avec un marteau le 17 janvier 2014 à Shawinigan.

Dans la sentence qu'il a rendue jeudi, le juge Guy Lambert a conclu que les critères de dénonciation et de dissuasion devaient être privilégiés en raison notamment de la violence inouïe de l'agression et des risques de récidive toujours présents. «M. Benoît vit avec un sérieux problème de consommation d'alcool. Ce n'est pas son premier passage à la cour et il ne veut pas faire d'effort pour cesser sa consommation», a-t-il noté.

Toutefois, le tribunal a tenu compte de son emprisonnement provisoire d'une durée de 17 mois, calculé à temps et demi. Il l'a donc condamné à 34 mois et deux semaines à compter de maintenant.

Rappelons que Normand Jr Benoît a violemment frappé Maryse-Josée Lamy à la tête avec un marteau dans son logement de la 110e Rue, dans le secteur Shawinigan-Sud. Selon la preuve, il avait rencontré cette dame par hasard en 2013. Les deux avaient par la suite eu des contacts ensemble et même des relations sexuelles sans pour autant avoir de véritable relation amoureuse.

Or, en décembre 2013, Mme Lamy avait décidé de prendre ses distances car Normand Jr Benoît consommait beaucoup d'alcool, devenant très agressif envers elle. Le 17 janvier 2014, elle s'était néanmoins rendue à la résidence de l'accusé. Pour des raisons encore nébuleuses, une bagarre avait éclaté. Dans un excès de rage, il l'avait violemment frappée avec un marteau. Lors de son arrestation, il s'était également montré très agressif, frappant des pieds et crachant en direction d'une policière.

Plus tard, la victime avait raconté qu'après chaque coup de marteau, il lui disait qu'il allait la découper en morceaux pour la placer ensuite dans un conteneur. Elle avait dû rester deux semaines à l'hôpital. Encore aujourd'hui, elle doit vivre avec d'importantes séquelles physiques et psychologiques. Elle a notamment souffert d'un traumatisme crânien sévère, de fractures aux doigts, elle a dû être opérée au bras, elle souffre encore d'étourdissements, ne fait plus confiance aux hommes, a dû réapprendre à marcher et à parler et elle est incapable de travailler.

L'homme de 60 ans avait plus tard plaidé coupable à des accusations de voies de fait graves contre Mme Lamy, de voies de fait contre une policière et de menaces contre celle-ci. La poursuite avait déclaré un arrêt des procédures sur le chef de tentative de meurtre.

La poursuite, représentée par Me Vicky Belleville, réclamait une peine de six ans de prison. La défense, assurée par Me Alain Blanchard, avait pour sa part suggéré une peine variant entre 36 et 42 mois de prison.

Dans sa décision, le juge a tenu compte des facteurs aggravants et atténuants. D'une part, il a commis un crime d'une rare violence, il a perdu le contrôle, s'en prenant aussi aux policiers et il a consommé de l'alcool. Le tribunal n'a pas cru Benoît lorsqu'il s'est excusé auprès de la victime, d'autant plus qu'il lui a fait beaucoup de reproches. Qui plus est, il a des antécédents de violence et sa victime devra vivre avec des séquelles.

D'autre part, il a 60 ans, a toujours été un actif pour la société, il a plaidé coupable et il s'agit d'une première incarcération. Pour toutes ces raisons, le juge lui a imposé une peine de cinq ans, moins sa détention provisoire.

À sa sortie du tribunal, Mme Lamy n'a pas caché qu'elle aurait préféré une peine plus sévère encore. «Je sais qu'il va revenir un jour dans la vie normale. J'ai peur qu'il vienne me voir pour finir la job. D'un autre côté, je me considère choyée d'être encore en vie», a-t-elle mentionné.

Me Belleville était pour sa part satisfaite de cette sentence. «Le juge a retenu le fait que les critères de dénonciation et dissuasion devaient s'appliquer», a-t-elle indiqué.

Par ailleurs, Me Alain Blanchard estime que cette sentence était à la limite du raisonnable dans les circonstances. «Toutefois, il bénéficiera de plus de services au pénitencier, ce qui peut l'aider à cheminer s'il a le désir de le faire», a-t-il précisé, rassurant du même coup des proches de M. Benoît.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer