Fillette brûlée par une cigarette: Alain Bellemare déclaré coupable

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Aux termes de la huitième journée d'audience, le tribunal a déclaré Alain Bellemare coupable d'avoir commis des voies de fait graves sur l'enfant de cinq ans.

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Audrey Tremblay
Le Nouvelliste

(LA TUQUE) Une triste histoire de violence envers une enfant de cinq ans, qui a été brûlée plusieurs fois à l'aide d'une cigarette, a connu son dénouement, mardi, au palais de justice de La Tuque. Alain Bellemare a été déclaré coupable de voies de fait graves par le juge Guy Lambert de la Cour du Québec.

Le tribunal s'est dit convaincu hors de tout doute raisonnable que l'accusé a commis des voies de fait graves à l'égard de la fillette de cinq ans.

«Le témoignage des enfants est confirmé par la docteure Trudel (Judith) qui conclut que les cicatrices sont causées par des brûlures faites avec une cigarette. La déclaration extrajudiciaire donnée par l'accusé confirme aussi le témoignage des enfants», soutient le juge.

Ce dernier en est donc venu à la conclusion qu'Alain Bellemare avait perdu patience et brûlé l'enfant avec une cigarette.

Le tribunal a rejeté la thèse de la varicelle avancée par l'accusé. Le juge a souligné que son témoignage n'était pas crédible et qu'il ne pouvait soulever un doute raisonnable.

«Durant son témoignage lors du procès, monsieur Bellemare n'est pas convaincant. Il a de la difficulté à nier avoir commis les gestes qu'on lui reproche», a affirmé le juge Lambert.

Il a, entre autres, soulevé le fait qu'Alain Bellemare n'avait jamais mentionné que les cicatrices provenaient de la varicelle lors de l'interrogatoire avec les policiers.

Monsieur Bellemare avait toutefois admis avoir attaché la victime aux barreaux du lit avec une ceinture.

«Même s'il veut en minimiser l'ampleur, cette violence envers l'enfant est inadmissible», a affirmé le juge.

Ce dernier s'en est donc remis à la théorie de la poursuite, soulignant d'entrée de jeu le témoignage «très crédible» de la pédiatre Judith Trudel.

Cette dernière était venue affirmer qu'elle avait répertorié 25 brûlures faites par une cigarette et deux causés par un briquet. Les plaies ont été observées sur le visage, le dos, les bras, les jambes et la vulve. Elle avait également affirmé que ces brûlures étaient au troisième degré et que les cicatrices seraient permanentes.

«En partant de ce fait prouvé hors de tout doute raisonnable, il s'agit de déterminer qui a pu être l'auteur de ces blessures», note le juge.

Ce dernier a pris en considération le témoignage et l'enregistrement vidéo de la victime, âgée de cinq ans au moment des faits, qui a raconté avoir été brûlée par l'accusé.

«Même si elle donne peu de détails et contourne certaines questions, la valeur probante de sa version des faits est importante si l'on tient compte de l'ensemble de la preuve», soutient le juge.

Le témoignage et l'enregistrement de l'autre jeune fille, âgée de neuf ans, qui a été témoin de la scène ont aussi été pris en compte. Le juge a considéré que sa version des faits était sincère avec beaucoup de détails.

«C'est une enfant intelligente et le tribunal croit sa version des faits.»

Quant à la contradiction concernant l'endroit où se déroule l'événement qui avait été soulevé par l'avocat de la défense, le juge a fait savoir qu'elle n'était pas assez importante «en tenant compte de l'ensemble de la preuve pour entacher la véracité de son témoignage».

Puis le juge a pris en considération la version de l'accusé dans sa déclaration extrajudiciaire où il raconte l'événement.

«L'autre fois, je ne peux pas dire quand ni pourquoi, mais j'ai perdu le contrôle de moi. Je ne sais pas comment l'expliquer, mais comme je l'ai dit plutôt aujourd'hui, je me vois en train de brûler, brûler, brûler [...] partout sur le corps avec une cigarette. Elle pleure, elle crie et elle a peur», a raconté Alain Bellemare lors de sa rencontre avec les policiers.

Lorsque l'enquêteur lui demande d'expliquer ses gestes, il répond qu'il a de la misère à croire qu'il a fait ça.

«Tout n'est pas clair. Je me vois faire ça, mais je ne veux pas y croire. J'ai vraiment besoin d'aide», avait alors souligné l'accusé.

Aux termes de la huitième journée d'audience, le tribunal a donc déclaré Alain Bellemare coupable d'avoir commis les voies de fait graves sur l'enfant de cinq ans.

Son avocat Me Denis Otis a demandé la confection de rapport de type Gladue, il s'agit d'un rapport prédécisionnel qui explique le contexte socio-économique de la communauté autochtone de l'accusé. Alain Bellemare est issu de la communauté atikamekw de Wemotaci. D'ailleurs le procès a été traduit en atikamekw.

Il reviendra devant le juge à l'automne pour connaître sa sentence. L'individu pourra demeurer en liberté jusqu'à cette date avec certaines conditions.

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