Une absolution demandée pour un policier coupable d'importation de stéroïdes

Denis Jalbert, ce policier de la Sûreté du Québec qui a été reconnu coupable... (Émilie O'Connor, Archives Le Nouvelliste)

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Denis Jalbert, ce policier de la Sûreté du Québec qui a été reconnu coupable d'importation de stéroïdes anabolisants, souhaite maintenant obtenir une absolution inconditionnelle.

Au stade des plaidoiries sur la sentence qui ont eu lieu lundi matin au palais de justice de Trois-Rivières, son avocate Me Nadine Touma a demandé au juge Michel Babin de lui imposer une absolution inconditionnelle afin de favoriser sa réhabilitation et de lui donner des chances de garder son emploi au sein de la Sûreté du Québec.

Elle a notamment insisté sur le principe de la proportion de la peine qui doit tenir compte de la gravité du crime et de la responsabilité de son client dans cette affaire.

Rappelons qu'en février 2013, des agents du service frontalier du Canada à Vancouver avaient découvert dans deux enveloppes en provenance de la Thaïlande 1505 comprimés de stéroïdes ainsi que 45 fioles d'un dérivé de ces substances anabolisantes. Or, ces deux enveloppes étaient destinées à Denis Jalbert.

Dès lors, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) avait entrepris une enquête et notamment piégé le suspect. Les policiers avaient remplacé la majorité des comprimés de stéroïdes qui se trouvaient dans une enveloppe par des bonbons et y avaient ajouté un dispositif visant à tacher les mains de la personne qui l'ouvre. Les policiers avaient par la suite acheminé l'enveloppe au suspect tout en le surveillant.

Une fois chez lui, Denis Jalbert avait ouvert l'enveloppe. Conscient du guet-apens, il avait ensuite tenté de se débarrasser des comprimés mais il était trop tard. Lundi, son avocate a rappelé qu'il était un bon policier. Il prenait des stéroïdes pour augmenter sa masse musculaire et soulager une blessure à un tendon. S'il a pris la décision de les importer de la Thaïlande, ce qui constitue un acte illégal, c'est parce que les comprimés étaient de meilleure qualité et moins dispendieux.

Or, toute cette affaire lui aurait causé beaucoup d'anxiété et d'angoisse. Selon elle, son arrestation, sa détention de quelques heures, sa mise en accusation, son passage devant les tribunaux et la médiatisation de cette histoire ont eu l'effet dissuasif escompté.

Denis Jalbert, 51 ans, a d'ailleurs été suspendu avec solde par la SQ le temps des procédures. Même si une enquête disciplinaire est toujours en cours sur lui et que rien ne garantit qu'il va conserver son emploi, Me Touma croit qu'il faut lui permettre de continuer à gagner sa vie, ce qui explique sa demande d'absolution inconditionnelle.

La Couronne, représentée par Me Roxanne Gagné, a plutôt suggéré l'imposition d'amendes de 1000 $ par chef pour un total de 2000 $. Pour elle, il s'agit d'une sentence raisonnable, d'autant plus que les accusations ont été portées par voie de déclaration sommaire. Par contre, elle estime qu'une absolution inconditionnelle n'est pas appropriée dans cette affaire puisqu'à titre de policier, il se devait d'agir de façon légale et exemplaire. Elle a donc insisté sur le facteur d'exemplarité.

Le juge fera connaître la sentence le 25 juin.

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