Enfant enceinte à la suite d'une agression: la DPJ dénonce

Gina Landry, directrice de la Direction de la... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Gina Landry, directrice de la Direction de la protection de la jeunesse en Mauricie-Centre-du-Québec.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «C'est un événement désarmant. C'est intolérable qu'en 2015, un événement de cette nature se produise.»

C'est ainsi que Gina Landry a amorcé la conférence de presse portant sur le bilan annuel de la Direction de la protection de la jeunesse en Mauricie et au Centre-du-Québec. Au lieu de lancer certaines informations et statistiques sur l'année 2014-2015, la directrice de ce service dans la région n'a pu s'empêcher de commenter le dossier révélé la semaine dernière à propos d'une fille de 12 ans qui a accouché en mai après avoir été victime d'agression sexuelle.

Mme Landry assure qu'aussitôt avisée d'une telle situation, la DPJ met rapidement en place tous les services et le soutien nécessaires. Malgré les mécanismes existants, il est malheureusement impossible de contrer toutes les situations d'abus sexuels. «C'est une situation épouvantable qui frappe l'imaginaire, a-t-elle ajouté après la conférence de presse. Il faut agir et dénoncer, soutenir et aider les victimes. Chaque fois qu'on est interpellé, on intervient et on agit.»

Affirmant que la lutte aux abus sexuels est la responsabilité de toute la société, Mme Landry mentionne que ces cas arrivent dans toutes les sphères sociales et peuvent survenir dans des familles où les parents s'occupent bien de leurs enfants. «Ça ne permet pas toujours d'éviter que leur enfant se trouve au mauvais endroit, au mauvais moment», raconte Mme Landry, qui n'a pas voulu entrer dans les détails concernant ce dossier, clause de confidentialité oblige.

Moins de signalements

Le bilan 2014-2015 des activités montre une baisse de 7 % du nombre de signalements acheminés à la DPJ régionale. Quelque 7091 signalements ont été notés au cours de la dernière année, comparativement à 7623 en 2013-2014, une année record pour la DPJ.

La région va ainsi à contre-courant de la tendance québécoise. En 2014-2015, 86 861 signalements ont été effectués, soit une hausse de 4,8 % comparativement à l'année précédente.

Mme Landry avoue ne pas connaître exactement les raisons qui sont à l'origine de cette diminution. «Est-ce qu'on est, comme société, davantage sensible? Est-ce qu'on agit davantage en amont? C'est difficile à dire. Mais c'est ce que je souhaite.»

Si la région se distingue dans la colonne du nombre de cas de signalements, elle ressemble au reste du Québec quant aux deux grands secteurs d'interventions. Les spécialistes répondent encore principalement à des cas de négligence et d'abus physiques. Mais les DPJ doivent aussi intervenir auprès d'enfants dont l'ampleur de la détresse entraîne des cas de dépression sévère, de tendances suicidaires et d'automutilation.

Coupe de 800 000 $

Le mouvement de restriction budgétaire lancé par le gouvernement Couillard a engendré en 2014-2015 une coupe de 800 000 $ dans le budget de la DPJ qui est d'environ 81 millions de dollars. 

Mme Landry assure que ce rétrécissement du budget a été respecté en imposant des mesures au niveau administratif et que les services sont maintenus. Mais elle se dit préoccupée par ce qu'elle voit avec les commissions scolaires et les centres de la petite enfance.

Voilà pourquoi la direction régionale souhaite que le gouvernement fasse preuve de discernement, notamment en ce qui a trait aux services de prévention qui permettent d'éviter de se retrouver avec des problèmes qui s'enracinent. «Il y a un coût social, reconnaît la directrice. Mais les enfants sont les décideurs de demain. On n'a pas le choix d'investir dans la jeunesse. Il ne faut pas gérer à courte vue. La jeunesse doit demeurer au centre de nos décisions.»

Aperçu des signalements retenus en 2014-2015 en Mauricie et au Centre-du-Québec

Cas Nombre

Abus physique 626

Risque sérieux d'abus physique 260

Négligence 624

Risque sérieux de négligence 398

Mauvais traitements psychologiques 373

Abus sexuel 205

Risque sérieux d'abus sexuel 157

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