Les constables spéciaux accroissent leurs moyens de visibilité

Les moyens de visibilité des constables spéciaux seront... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Les moyens de visibilité des constables spéciaux seront accrus à compter de mardi matin. Si depuis quelques jours, on pouvait voir dans leur dos un collant rouge montrant des menottes et l'inscription «Menottés par l'austérité», ils vont désormais arborer une manche noire sur laquelle il est écrit: «Négociez notre vrai rangement.»

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) À compter de ce matin, les constables spéciaux du Québec, dont la convention collective est échue depuis le 31 mars, vont accroître leurs moyens de visibilité en arborant désormais une manche noire portant l'inscription «Négociez notre vrai rangement.»

Ce nouveau moyen vise à dénoncer la lenteur de leurs négociations avec le gouvernement et l'évaluation de leur rang salarial qu'ils jugent discriminatoire comparativement aux autres agents de la paix du Québec. «Nous voulons être évalués à notre juste valeur. Ce n'est pas compliqué pourtant. Nous ne demandons pas d'être envoyés dans l'espace mais plutôt que le Conseil du trésor s'asseoit avec nous en toute bonne foi et fasse l'exercice d'évaluer notre emploi afin d'en arriver à un résultat permettant une rémunération juste et équitable», a précisé le sergent Éric Bourdages, vice-président, secrétaire-trésorier du Syndicat des constables spéciaux du gouvernement du Québec.

Ce syndicat regroupe 350 membres. Le litige qui l'oppose au gouvernement porte principalement sur l'évaluation des emplois en vertu du programme d'équité salariale. Là où le bat blesse est dans la cote que Québec attribue aux constables spéciaux dans certains sous-facteurs tels que le raisonnement exigé pour accomplir leurs tâches, les responsabilités des constables à l'égard de la réussite des activités du ministère et les risques inhérents à l'emploi. Les discussions menées entre les parties patronale et syndicale ont d'ailleurs mené à un désaccord qui s'est officialisé en mars 2011. En bout de ligne, l'impact se fait sentir sur le salaire. Si des rattrapages dans l'évaluation de leur emploi sont accordés, le salaire des constables spéciaux pourrait être augmenté de 8 % environ.

À l'heure actuelle, un constable spécial gagne moins que les agents de la faune, les contrôleurs routiers et les agents de services correctionnels. Au premier échelon, un constable spécial reçoit environ 38 373 $ par année alors que l'agent de la faune gagne 43 166 $. Le contrôleur routier en vérification mécanique, toujours au premier échelon, reçoit pour sa part 39 909 $ par année; l'agent de services correctionnels gagne 44 892 $. «Nous sommes en quelque sorte les mal aimés des cinq grands corps d'agents de la paix du gouvernement du Québec. Pourtant, nous sommes persuadés de notre importance dans le système judiciaire afin que tout se déroule bien. Le problème est que nous ne rapportons pas d'argent contrairement aux agents de la faune, aux contrôleurs routiers et aux policiers qui donnent des constats d'infraction et qui saisissent des véhicules. On peut se comparer à une police d'assurances. Oui, il faut payer mais nous sommes bien contents de l'avoir cette police quand il arrive quelque chose», a ajouté le sergent Bourdages.

Les constables spéciaux ont la même formation que les policiers. Leur rôle dans les palais de justice, dans les bureaux du premier ministre et à l'Assemblée nationale est d'assurer la sécurité de tous, tant de la population, que des avocats, juges et personnel de la cour. À Trois-Rivières, ils sont cinq présentement à se partager le travail. Coupes obligent: des agences de sécurité sont embauchées à titre de sous-traitants pour les appuyer, bien que ceux-ci n'aient pas la même formation ni le même pouvoir.

On aura compris que les salles d'audiences et les corridors des palais regroupent plusieurs individus de tout acabit, dont les émotions sont rarement positives. «Nous devons faire beaucoup de prévention et étudier le non-verbal des gens pour détecter les situations explosives et les désamorcer avant que ça n'éclate. La pression est énorme car nous devons toujours être très vigilants. Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. On ne sait jamais ce qui peut arriver. Nous n'avons pas droit à l'erreur ou à la pause mentale», a expliqué M. Bourdages.

Il arrive en effet que des individus s'emportent: voies de fait, méfaits, menaces et intimidation sont monnaie courante dans les palais de justice. La problématique ne va pas en s'améliorant avec l'augmentation du nombre de personnes souffrant de problématique de santé mentale.

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