Il a fraudé sa mère souffrant d'Alzheimer

Le juge Guy Lambert a imposé une sentence... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Le juge Guy Lambert a imposé une sentence de neuf mois à Claude Drainville hier au palais de justice de Trois-Rivières.

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Claude Drainville, un Trifluvien de 51 ans, devra purger une peine de neuf mois de prison pour avoir soutiré à sa mère souffrant d'Alzheimer 110 000 $ en l'espace de quatre ans.

Et si cela n'avait été de certaines circonstances atténuantes, le juge Guy Lambert n'a pas caché qu'il lui aurait imposé 18 mois de prison pour le crime qu'il a commis. Il a en effet tenu de compte de son absence d'antécédents judiciaires, du fait qu'il a toujours été un actif pour la société, des problèmes de santé de ses enfants et de sa volonté de rembourser l'argent.

Toutefois, il estime qu'il est primordial de dissuader quiconque dans la société de s'en prendre de la sorte aux personnes vulnérables, d'autant plus qu'un lien de confiance avec sa famille a été brisée et que le crime s'est déroulé sur une longue période.

Certes, il est conscient que Drainville va perdre son emploi, ce qui rendra de plus en plus difficile un éventuel remboursement. «De toute façon, je crois que le remboursement était hypothétique dans les circonstances. Votre frère et vos soeurs pourront toujours intenter un recours civil», a-t-il mentionné.

Les délits ont commencé en 2007. La mère de Claude Drainville, qui était alors âgée de80 ans, souffrait de la maladie d'Alzheimer. Son fils, qui était chargé de la gestion de ses biens par le biais d'un mandat d'inaptitude, a entrepris de lui soutirer peu à peu son argent.

Selon la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Catherine Roberge, il a en effet ouvert plusieurs comptes dans d'autres institutions financières et procédé à des virements à son avantage personnel et de sa compagnie au point de lui voler 110 000 $ environ entre 2007 et 2010.

C'est une institution financière qui, dans un premier temps, a alerté la Curatelle publique sur ces transactions financières. Celle-ci a fait une enquête en demandant notamment à Claude Drainville des informations plus détaillées sur les virements mais les requêtes ont été vaines. Il a continué son manège.

C'est finalement le centre d'hébergement de la victime qui a contacté la famille à la suite d'un chèque sans provisions signé par Claude Drainville. Une plainte a ensuite été portée à la police de Trois-Rivières. En 2013, le suspect a été arrêté et il a comparu. Il a plus tard plaidé coupable à l'accusation de fraude portée contre lui.

Jeudi, il a déclaré avoir fait une erreur. Il a soutenu avoir pris cet argent pour tenter de sortir sa compagnie du gouffre financier. Au cours de cette période, il a aussi été confronté à de nombreux problèmes personnels en raison des handicaps dont souffrent ses enfants. En bout de ligne, ses difficultés financières se sont conclues par une faillite.

À ce jour, en dépit du délai accordé par le tribunal depuis son dernier passage à la cour en novembre, il n'a pas été en mesure de faire un remboursement à sa famille. Sa mère étant décédée, il a cependant renoncé à sa part de l'héritage, ce qui équivaut à une somme de 20 000 $. Il a donc une dette de 90 000 $, qu'il prétendait être en mesure de rembourser d'ici quelques années en autant que le juge lui donne la chance de le faire en ne l'envoyant pas en prison.

Or, son frère Guy Drainville s'est également adressé au tribunal. En son nom et celui de ses soeurs, il a réclamé une peine à la hauteur de son crime compte tenu du manque de respect et de loyauté dont Claude Drainville a fait preuve, de l'absence d'un quelconque signe de regret et des conséquences de cette fraude. Il soutient en effet que la famille a été ébranlée et bouleversée par cette affaire, qu'elle a vécu beaucoup de colère, de tristesse, d'incompréhension et de culpabilité.

La Couronne a réclamé une peine variant entre 10 et 12 mois alors que l'avocat de la défense Me Yvan Braun a plutôt suggéré une sentence qui se situerait en bas de 10 mois. Le juge Lambert a plutôt opté pour une peine de neuf mois, assortie d'une probation de deux ans.

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