Pratique illégale de la médecine: Jean Le Sieur plaide coupable

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Jean Le Sieur devra payer des amendes totalisant 22 500 $ pour pratique illégale de la médecine.

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Nancy Massicotte
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(Trois-Rivières) Jean Le Sieur a plaidé coupable, lundi, à quatre des 14 chefs d'accusation qui étaient portés contre lui en lien avec la pratique illégale de la médecine.

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Kalie Charest s'est dite satisfaite du plaidoyer de culpabilité enregistré lundi par Jean Le Sieur. Elle a également intenté une poursuite civile de 36 000 $ contre lui.

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Jean-Louis Granger, enquêteur au Collège des médecins, a rappelé que les ostéopathes ne font pas partie d'un ordre professionnel et qu'à ce titre, ils ne sont pas des professionnels de la santé.

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En retour, il devra payer des amendes totalisant 22 500 $ d'ici les neuf prochains mois.

En effet, lors de son procès qui devait avoir lieu au palais de justice de Trois-Rivières lundi matin, l'ostéopathe a plutôt décidé d'enregistrer des plaidoyers de culpabilité sur certains chefs, soit ceux d'avoir pratiqué illégalement la médecine en utilisant des techniques ou en appliquant des traitements qui pourraient causer des préjudices, d'avoir prodigué des traitements médicaux et d'avoir posé un diagnostic.

En contre-partie, le Collège des médecins a retiré les autres accusations pour pratique illégale puisqu'elles se dédoublaient.

Plus tard en entrevue, M. Le Sieur a admis avoir pratiqué la médecine illégalement à la lumière de l'article 31 de la Loi médicale. «Tout thérapeute qui prodigue des traitements à des gens est exposé à ce genre de poursuites si on se base sur la loi 31. Ça devient un acte de médecine. À tous les thérapeutes, faites donc attention! C'est malheureux, mais on peut être condamné», a-t-il mentionné.

Jean Le Sieur, qui a une clinique sur le boulevard Thibeau à Trois-Rivières, se présente sur le site Internet de sa clinique comme «docteur en ostéopathie». Il travaille dans ce domaine depuis une vingtaine d'années et soutient avoir vu 6000 patients sans jamais avoir de problèmes.  

Au départ, lorsque la plainte initiée par Kalie Charest avait été portée contre lui par le Collège des médecins, il s'était défendu d'avoir pratiqué illégalement la médecine, d'avoir posé des diagnostics et même d'avoir causé une fracture au sternum de sa cliente en mars 2012.

S'il a révisé sa position sur la pratique illégale de la médecine, il a cependant maintenu sa version des faits quant à la fracture qu'il lui aurait infligée. «C'est une patiente qui n'est pas contente. Je ne lui ai pas fracturé le sternum. Si cela avait été le cas, elle serait montée en urgence à l'hôpital», a-t-il ajouté.

Sur ce point d'ailleurs, il n'en a pas fini avec la justice puisque Kalie Charest a intenté une poursuite civile de 36 000 $ contre lui. Elle soutient dans sa requête qu'elle l'a consulté à quelques reprises en mars 2012 pour des douleurs au dos. Il aurait alors appliqué des fortes pressions avec ses mains sur sa tête et son sternum.

Lors de leur dernière rencontre, voyant que son état ne s'améliorait pas, «il aurait couché Mme Charest par terre, se serait accroupi au-dessus d'elle, avec ses organes génitaux à trois pouces de son visage, il se serait assis sur son sternum en lui donnant un coup à deux reprises.» Selon la plaignante, cela lui aurait causé une fracture du sternum, des douleurs importantes et des restrictions physiques.

Cette dernière était d'ailleurs présente, lundi, dans la salle d'audiences. «Je suis satisfaite mais il en reste encore à faire au civil», a indiqué Mme Charest.

Jean-Louis Granger est pour sa part enquêteur au Collège des médecins. Il a rappelé qu'un ostéopathe ne fait partie d'aucun ordre professionnel et que par le fait même, il ne peut être déclaré comme tel. «Lorsque la population a des problèmes de santé, elle doit se référer à un professionnel de la santé comme un médecin, un chiropraticien, un physiothérapeute, un podiatre ou une infirmière», a-t-il rappelé.

Dans le cas de l'ostéopathie ou de la naturopathie, ce n'est pas le cas. Des accusations pour pratique illégale de la médecine seraient de plus en plus souvent portées contre eux pour la pratique illégale de la médecine.

Sans vouloir se lancer dans une chasse aux sorcières, le Collège des médecins précise toutefois que des accusations sont portées après la réception de plaintes. Il précise aussi que l'utilisation du mot docteur est également interdite pour des gens comme Jean Le Sieur puisqu'elle constitue une  usurpation d'identité.

Or, M. Le Sieur se décrit toujours comme un docteur en ostéopathie. Il entend également poursuivre ses activités professionnelles. Il a cependant avoué qu'il devra faire preuve de prudence à l'avenir. «Je vais en parler avec mon avocat. Il y a peut-être des documents que mes clients devront signer», a-t-il conclu.

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