Une troisième soeur aurait été malmenée en famille d'accueil

La jeune soeur des présumées victimes d'une ancienne mère d'accueil et de son... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

Agrandir

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La jeune soeur des présumées victimes d'une ancienne mère d'accueil et de son fils, accusés de sévices physiques et sexuels, aurait elle aussi été malmenée dans cette même famille au cours des années 70.

C'est du moins ce qu'elle a affirmé, jeudi, dans le cadre du procès des deux suspects au palais de justice de Trois-Rivières. «J'ai refusé de porter plainte. Moi, dans ma tête, j'avais réglé tout ça et j'avais tourné la page. Je ne voulais pas remettre le couteau dans la plaie. Si je suis ici aujourd'hui, c'est par soutien pour mes deux soeurs uniquement», a-t-elle indiqué.

Entre l'âge de 5 et 11 ans, elle prétend pourtant avoir elle aussi été victime d'humiliations et de corrections physiques de la part de son ancienne mère d'accueil, bien qu'aucune accusation n'ait été déposée contre la dame pour les gestes en question.

Tout comme ses soeurs, elle aurait notamment reçu des coups de règle en bois et de verge. Elle se rappelle également que sa mère lui aurait mise la tête dans le bol de toilette parce qu'elle ne l'avait pas nettoyé correctement.

Elle aurait été forcée de manger du savon pour avoir dit des mensonges. «Ma mère d'accueil s'était inspirée du film Aurore l'enfant martyre qu'elle aimait beaucoup. Lorsque nous l'écoutions avec elle, elle nous disait que nous n'étions pas si pires par rapport à Aurore», a-t-elle précisé.

À quelques reprises, elle n'a pu réprimer ses sanglots lors de son témoignage. Elle soutient qu'elle et ses soeurs avaient une vie normale en public mais dès qu'elles se retrouvaient en privé, la donne changeait. «C'était toujours le paraître mais à la maison, c'est là que ça se passait. Nous étions toujours sur le qui-vive avec notre mère. On nous a sauvées d'une soi-disante famille dysfonctionnelle pour en arriver là», a-t-elle ajouté.

En fait, son témoignage est venu corroborer certains éléments qui avaient été dénoncés par ses deux soeurs ainées qui elles, rappelons-le, ont porté plainte à la police. Elle aurait d'ailleurs été témoin de plusieurs sévices physiques.

Quant aux abus sexuels qui auraient été commis par le fils de cette mère d'accueil, elle se rappelle d'une seule fois où elle l'aurait vu agripper sa soeur par le bras pour l'emmener au sous-sol. «Je n'ai rien vu mais je l'ai entendu crier. Elle était ensuite remontée en sous-vêtements. Je me rappelle encore du visage qu'elle avait», a-t-elle affirmé.

Par contre, lors du contre-interrogatoire, dont celui fait par Me Simon Ricard, l'avocat du suspect, elle a admis n'avoir jamais été victime d'attouchements de sa part. Dans une déclaration faite aux policiers, elle avait également indiqué n'avoir jamais été témoin d'une agression sexuelle qui aurait été commise par cet homme.

Notons que son témoignage s'est déroulé dans le cadre d'un voir-dire. La procureure de la Couronne, Me Martine Tessier, essaie de faire une preuve de faits similaires devant le juge David Bouchard. Ce sera à lui de trancher si cette preuve est acceptée ou non.

Plus tôt dans la journée, Me Mario Melançon, l'avocat de la suspecte, a terminé son contre-interrogatoire avec la seconde présumée victime, avec l'objectif de miner sa crédibilité.

Rappelons que la mère d'accueil, qui est aujourd'hui âgée de 77 ans, est accusée d'un chef de voies de fait entre 1983 et 1986 contre l'une des trois soeurs dont elle avait la garde de 1983 et 1986.

Quant à son fils, âgé de 52 ans, il fait face à des chefs de viol, d'attentat à la pudeur, de grossière indécence et d'agression sexuelle contre les deux soeurs plus âgées. Les gestes auraient été perpétrés entre 1976 et 1986. Il était mineur lorsque les délits auraient commencé. L'une des présumées victimes était âgée entre 11 et 13 ans au moment des délits tandis que la seconde aurait été abusée entre l'âge de 10 et 18 ans environ.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer