Fillette brûlée à 25 reprises par une cigarette: la varicelle, selon l'accusé

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(La Tuque) S'il l'avait fait, il s'en souviendrait. C'est ce que prétend Alain Bellemare, l'individu accusé d'avoir brûlé à 25 reprises une fillette de cinq ans. L'homme a témoigné, hier, au palais de justice de La Tuque. Son procès s'est conclu avec les plaidoiries des avocats. Le juge Guy Lambert a pris la cause en délibéré, il fera connaître son jugement dans les prochaines semaines.

L'avocat de l'accusé a présenté une défense avant que le juge prenne le tout en délibéré. Il a fait entendre son client. Ce dernier a nié avoir commis les gestes qui lui sont reprochés.

«Si c'était arrivé, j'aurais eu des souvenirs, parce que je me souviens de ce que je fais», a-t-il lancé. Il a également expliqué les cicatrices de la victime en mentionnant avoir été surpris de les voir sur la fillette, mais qu'on lui avait expliqué qu'elles avaient été causées par de la varicelle.

Il a également dit à la cour qu'il avait fait une déclaration incriminante aux policiers pour mettre fin à l'interrogatoire.

«Pour sortir de là, je lui ai dit ce qu'ils voulaient entendre», a-t-il fait savoir. Il a également été question de sa consommation d'alcool et de drogue.

En contre-interrogatoire, le procureur de la Couronne a, entre autres, cherché à démontrer des contradictions entre le témoignage de l'accusé et les deux déclarations qu'il a faites aux policiers. Le procureur a aussi fait ressortir les pertes de contrôle de l'accusé. S'il a nié les brûlures de cigarettes, Alain Bellemare a toutefois admis avoir attaché la fillette.

Dans sa plaidoirie finale, la défense a présenté sa position en affirmant que la Couronne n'avait pas démontré clairement la culpabilité de son client.

Il a d'abord soulevé des doutes dans le témoignage de l'expert, qui a été catégorique quant à la nature des blessures sur la fillette. Dr Trudel a affirmé qu'il s'agissait de brûlures de cigarettes.

«Un ou deux éléments me laissent perplexe. Premièrement, le fait de ne pas pouvoir identifier avec précision à quand remontent les faits qui ont occasionné les blessures», a mentionné Me Denis Otis.

L'avocat de la défense a également soulevé des doutes concernant les témoignages de la victime et d'un témoin mineur, notamment en ce qui a trait au lieu des gestes reprochés à M. Bellemare.

Quant aux déclarations de l'accusé, Me Otis soutient que son client a voulu en finir avec l'interrogatoire. Il est venu dire en cour qu'il n'avait pas brûlé la jeune fille.

La Couronne, pour sa part, soutient s'être déchargée de son fardeau. Le procureur a notamment soulevé que le seul élément dont s'éloigne l'accusé dans son témoignage, c'est les brûlures de cigarettes.

«Il ne vient pas expliquer, il ne vient pas justifier, il ne met pas de contexte, mais pour tous les autres éléments qui sont de nature disculpatoire, monsieur a un souvenir franc. Il explique la situation, se décharge de sa responsabilité, mais pour les brûlures, monsieur n'a aucun souvenir», a-t-il fait valoir.

Il a également souligné la preuve de l'expert, sans contre-expertise. Les déclarations vidéos de la victime et d'un témoin où il y a corroboration entre les deux et les deux déclarations de l'accusé.

Puis il est revenu sur les propos de l'avocat de la défense, qui a fait remarquer que personne ne s'était aperçu avant, dans l'environnement scolaire ou familial, de ces blessures-là malgré le temps de guérison des plaies.

«Dès que les éléments ont été constatés, le processus s'est enclenché. Il n'est pas exclu que d'autres personnes aient vu ces éléments-là avant, mais personne ne les a dénoncés», a dit le procureur.

Ce dernier est allé plus loin dans ses hypothèses en disant que pour M. Bellemare il s'agissait de varicelle. Il s'est questionné à savoir si on aurait pu mentionner à quelques reprises que c'était ce dont il s'agissait.

Le juge rendra sa décision le mois prochain.

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