Voies de fait sur un paraplégique: l'accusé dit avoir voulu se défendre

Claude Saint-Arnaud... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Claude Saint-Arnaud

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'ophtalmologiste Claude Saint-Arnaud, qui est accusé d'avoir infligé des lésions corporelles à un paraplégique, a livré sa version des faits, mardi, sur les événements survenus le 4 juin 2010.

Dans le cadre de son procès devant le juge Jacques Trudel, il a en effet indiqué qu'en aucun temps, il n'avait frappé le plaignant, Michel Duval, mais qu'il avait plutôt tendu le bras dans un geste défensif pour l'empêcher de l'approcher.

Selon lui, ce dernier était très en colère et s'était rué sur lui très rapidement avec son fauteuil roulant, au point de lui heurter la jambe. «Il était enragé. Et j'ignorais ce qu'il voulait faire. Il avait sur lui un objet avec un manche dont j'ignorais la nature exacte. J'ai juste mis ma main pour parer le coup. J'ai été très surpris de le voir basculer à l'arrière. Pour moi, ça ne se pouvait pas. Le choc n'avait pas été très violent pourtant», a-t-il indiqué.

Il aurait alors voulu l'aider à se relever mais sa conjointe lui aurait interdit de le faire parce qu'elle craignait que M. Duval ne l'agrippe et ne lui fasse mal. Il avait donc quitté les lieux, le laissant sur le sol. «Il ne s'était pas cogné la tête. Il était correct et pas sonné. Ma conjointe l'avait vu prendre son téléphone pour appeler. Moi-même, j'étais sous le choc et mal à l'aise. Plus tard, j'ai appelé la police», a ajouté le médecin, qui est défendu par Me Louis-R. Lupien et Me Simon Ricard.

Cet événement a par ailleurs été le point culminant d'une relation très tendue entre les deux hommes depuis 2008. Le Dr Saint-Arnaud fréquente en effet l'ex-conjointe de M. Duval. Ils auraient notamment eu des prises de bec à quelques reprises à cause de la garde des enfants et de la rupture que le plaignant acceptait mal selon les dires de l'accusé.

Le 4 juin 2010, M. Saint-Arnaud aurait voulu favoriser une réconciliation entre M. Duval et son fils, qui vivait alors à temps plein dans sa résidence. Il l'aurait donc contacté dans l'après-midi pour tenter de négocier avec lui mais en vain.

Le couple aurait alors pris la décision de contacter la DPJ pour y dénicher un intervenant neutre. N'ayant pas l'adresse exacte de M. Duval, le médecin serait donc parti avec sa conjointe pour localiser la maison de celui-ci et prendre en note le numéro civique et la rue afin de faire le signalement.

Or, en passant devant la maison, le plaignant les avait aperçus, ce qui aurait déclenché sa colère. «J'ai été obligé de freiner par peur de le frapper. Il était à la hauteur de la porte du passager et il s'affairait à endommager mon véhicule. Ma conjointe s'est même penchée de mon côté parce qu'elle avait peur. Je suis donc sorti du véhicule pour tenter de l'éloigner. Il est devenu hors de contrôle», a-t-il mentionné.

Lors de son témoignage, Michel Duval avait pour sa part affirmé avoir été violemment poussé au thorax par l'accusé au point d'avoir été éjecté de son fauteuil roulant. En tombant à la renverse, il s'était cogné la tête. Il avait ensuite dû être transporté à l'hôpital pour des blessures dont il garderait encore des séquelles de cet événement. Il a d'ailleurs intenté une poursuite civile contre le médecin.

Selon sa version, c'est le prévenu qui était débarqué en trombe de son véhicule pour l'insulter et se ruer sur lui en colère.

Mardi, le Dr Saint-Arnaud a tout nié. Lorsque la procureure de la Couronne Me Marie-Ève Paquet s'est attaquée à sa crédibilité, il a clamé avoir toujours été poli avec M. Duval, n'avoir jamais sacré après lui ou tenu des propos menaçants.

Il a précisé que son rôle avait été d'encaisser les coups dans cette affaire. Il s'est d'ailleurs décrit comme la victime d'une injustice.

Son procès va se poursuivre mercredi.

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