Le bunker des Hells de Trois-Rivières vidé

Les bâtiments du bunker des Hells Angels de... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Les bâtiments du bunker des Hells Angels de Trois-Rivières ont été vidés de leur contenu mardi par des sympathisants du groupe de motards.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) C'était jour de grand déménagement, mardi, au bunker des Hells Angels de Trois-Rivières. Sous l'oeil de policiers de la Sûreté du Québec (SQ) et de la Sécurité publique de Trois-Rivières, une quinzaine de membres du club de motards et des sympathisants ont vidé le bunker du boulevard Saint-Jean.

Ils ont sorti des bâtiments tout ce qui n'est pas touché par l'ordonnance de confiscation. On parle surtout de meubles, d'outils ou d'objets hétéroclites. Les membres du groupe de motards et leurs proches ont rempli au moins deux grandes remorques ainsi qu'un camion cube, sous le regard d'enquêteurs de la SQ et d'un patrouilleur de la Sécurité publique de Trois-Rivières. Avant d'entrer sur le terrain du bunker, les «déménageurs» devaient discuter avec les policiers. 

«C'est le cours normal des choses relativement à cet immeuble», a déclaré le porte-parole du Directeur des poursuites criminelles et pénales, Me Jean Pascal Boucher, en parlant du «déménagement». «Les biens qui ne font pas l'objet d'une ordonnance de confiscation ou d'une ordonnance judiciaire ont été remis à leurs légitimes propriétaires.»

Plusieurs personnes qui ont sorti les objets et meubles du bunker ainsi que du garage portaient des vêtements à l'effigie des Hells Angels ou de groupes de motards sympathisants, comme des Red Devils - seul club école officiel des Hells - ou des Death Messengers. Quelques chandails affichaient également des messages comme «Support 81 Trois-Rivières» ou «Support 81 Montréal». Le chiffre 81, qui représente la huitième et la première lettre de l'alphabet, H et A, est souvent utilisé par les Hells Angels pour s'afficher. 

Une page Facebook nommée «Support 81 Trois-Rivières» compte d'ailleurs 983 membres. Cette page est associée au site Internet www.hamc3r.com (Hells Angels Motorcycle club Trois-Rivières), où il est possible de se procurer en toute légalité plusieurs produits à l'effigie des Hells Angels trifluviens, dont des casquettes, des chandails, un calendrier, des camisoles ou des sous-vêtements féminins.      

Le journaliste aux affaires criminelles à La Presse, Daniel Renaud, indique que la vente de ces «produits dérivés» des Hells Angels sert à financer les frais juridiques des motards de l'organisation qui sont actuellement devant les tribunaux. 

Le déménagement de mardi fait suite à la confiscation la semaine dernière du repaire des Hells Angels, qui était sous une ordonnance de blocage depuis l'opération SharQc en 2009. Rappelons que cet important coup de filet a permis l'arrestation de 156 sympathisants des Hells Angels, dont 111 membres en règle. La quasi-totalité des membres de l'organisation criminelle avaient alors été arrêtée. 

La semaine dernière, quatorze membres en règle des Hells Angels, dont plusieurs sont associés au chapitre de Trois-Rivières, ont plaidé coupable à une accusation de complot pour meurtre. 

La Ville de Trois-Rivières et la Procureure générale du Québec discutent toujours concernant les modalités entourant la propriété et le terrain. La volonté de Québec depuis la confiscation du bunker est de procéder à sa démolition. 

Chantale Carignan, la chef du service des communications à la Ville de Trois-Rivières, souligne que l'administration municipale communique depuis environ quinze mois avec la Procureure générale du Québec au sujet de l'avenir du bunker. La Ville maintient toutefois sa position. Elle ne souhaite pas payer pour la démolition des bâtiments. 

Rappelons que les anciens propriétaires des lieux doivent plus de 72 000 $ en taxes impayées. De plus, la Procureure générale propose de payer 50 % de la facture de la démolition et de donner le reste à la Ville. Or, le maire Yves Lévesque affirmait la semaine dernière en entrevue que la Ville a proposé de son côté de renoncer aux taxes impayées, mais que le gouvernement doit assumer les coûts de démolition et doit nettoyer le terrain afin de le rendre prêt à la revente avant de le remettre à la Ville. 

«Chose certaine, les élus de Trois-Rivières devront se prononcer sur la question avant qu'une décision soit prise», souligne Chantale Carignan.

Avec la collaboration de Martin Lafrenière

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