Denis Nadeau n'aurait aucun regret

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) La Couronne réclame qu'une peine de quatre ans de prison soit imposée à Denis Nadeau de Trois-Rivières pour des crimes de pornographie juvénile et du même coup, qu'il soit déclaré délinquant à contrôler vu le risque de récidive et ses antécédents judiciaires.

Cet individu de 55 ans a en effet plaidé coupable en décembre 2014 à des chefs de possession et accession à du matériel de pornographie juvénile.

Dans le cadre des plaidoiries sur sentence qui ont eu lieu vendredi, le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Me Jean-Marc Poirier, a demandé au juge Jacques Lacoursière d'imposer une peine sévère qui viendrait satisfaire aux critères de dénonciation et de dissuasion prévus par le Code criminel.

En ce sens, il a fait visionner au juge sept des quarante-deux fichiers vidéo qui avaient été retrouvés en possession de Denis Nadeau, et ce, afin de lui donner une idée de la nature et de la gravité des scènes de pornographie juvénile. On y voit notamment des fillettes et des bébés agressés sexuellement. Le simple fait d'entendre ces extraits a eu pour effet de susciter des réactions de dégoût et de colère contre Nadeau dans la salle d'audiences.

Me Poirier a également lu quelques extraits du rapport d'expertise psychologique sur Denis Nadeau. On y apprend notamment qu'il considère que son délit le plus grave est une affaire de conduite dangereuse.

Rappelons que Nadeau a plusieurs antécédents judiciaires en matière de pornographie juvénile et agression sexuelle sur des enfants. En 2007, il a en effet écopé d'une peine de 21 mois de prison pour complot visant à commettre des attouchements sexuels sur une fillette de 12 ans et possession de matériel pornographique juvénile, soit 8544 fichiers graphiques et 522 fichiers vidéos de pornographie juvénile. Il a aussi été condamné à une peine de 18 mois dans la collectivité pour des agressions sexuelles commises sur deux mineures en 2005.

Toujours selon le rapport, Nadeau estime ne faire aucun mal à ses victimes mais plutôt leur faire du bien. Il a mentionné que les enfants bénéficiaient de son expérience sexuelle et que tous ses gestes étaient corrects puisqu'il n'implique pas de violence. Dans le box des accusés, il a même souri lorsque le procureur a lu un autre extrait dans lequel il disait «aimer les neuves».

Il n'éprouverait non plus aucun regret, hormis le tort qu'il a pu causer à ses proches. En fait, il ne voit aucune faute morale dans ses gestes, car il estime que ses victimes sont toujours consentantes. Les conclusions du rapport psychologique font état d'un risque de récidive élevé.

C'est pourquoi Me Poirier a demandé une peine de 48 mois de prison, moins la détention préventive de 25 mois, et la désignation de délinquant à contrôler, ce qui impliquerait un encadrement plus serré.

Pour sa part, l'avocate de Nadeau, Me Karine Bussière, a indiqué au juge qu'il ne devait pas oublier que 35 fichiers avaient été retrouvés et non pas des milliers comparativement à la fois précédente. Elle a aussi rappelé qu'il avait alors écopé de 12 mois de prison uniquement pour la possession de pornographie juvénile. Elle a par ailleurs demandé au tribunal de tenir compte de son plaidoyer de culpabilité et de la bonne collaboration qu'il avait eue avec les policiers et les psychologues.

Me Bussière a soumis une jurisprudence démontrant qu'il est très rare que des peines supérieures à un an soient imposées pour ce type de crime, précisant qu'il n'était pas accusé de production ni de distribution de pornographie juvénile. Elle a donc suggéré pour sa peine une peine qui varie entre 18 et 24 mois de prison, ce qui signifierait que sa peine serait déjà purgée puisqu'il est détenu préventivement depuis son arrestation en novembre 2013.

Le juge a pris la cause en délibéré. Il fera connaître la sentence le 19 juin.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer