Des victimes qui faisaient confiance

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Plusieurs producteurs agricoles de la région ont perdu d'importantes sommes dans la fraude révélée par l'accusation d'Olivier Charrière

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(TROIS-RIVIÈRES) L'arrestation d'Olivier Charrière pour fraude de grains a rappelé de très mauvais souvenirs à des dizaines de producteurs agricoles de la région. Si la plupart d'entre eux ont perdu d'importantes sommes d'argent dans cette affaire, tous savent qu'ils ne reverront jamais la couleur de cet argent.

La ferme Cosguy 2012 de Sainte-Anne-de-la-Pérade produit du maïs, du soya et de l'avoine. La copropriétaire de l'entreprise agricole, Louise Lacoursière, affirme avoir confié à Olivier Charrière du grain d'une valeur de près de 52 000 $. La perte de ces revenus a fait mal à l'entreprise.

«C'est sûr qu'à ce moment-là, les marges de crédit montent et on absorbe ça sur quelques années pour essayer de récupérer», précise Mme Lacoursière qui avoue que ce fut une période très difficile. «Lorsque c'est arrivé, c'était vraiment catastrophique. Mais avec le temps, on absorbe les pertes.»

Sur ce 52 000 $, la ferme Cosguy a pu obtenir près de 12 000 $ en dédommagement, précipitant malgré tout l'entreprise dans une situation financière précaire.

«Nous avions été capables de réclamer un peu, mais la plupart des entreprises victimes n'ont pas pu réclamer du tout. Le délai était dépassé», souligne Mme Lacoursière.

Pour Luc Cossette, la perte de près de 23 tonnes de soya a également entraîné une importante perte financière de plusieurs milliers de dollars pour son entreprise, la ferme Jerrayco. Depuis,M. Cossette a été contraint de cesser les activités de sa ferme. Bien qu'il indique que le vol de grain n'est pas la seule raison qui explique cette fermeture, il avoue que «c'est sûr que ça n'a pas aidé».

Roger Perreault de la ferme R et H Perreault s'est dit heureux de l'arrestation d'Olivier Charrière. Le producteur laitier qui cultive également du grain avait confié à l'accusé près de 22 tonnes de soya ainsi que 35 tonnes de maïs. Il s'agissait essentiellement des surplus de production qui n'étaient pas utilisés pour nourrir ses bêtes.

«On mettait nos surplus dans les installations d'Olivier Charrière à Sainte-Geneviève-de-Batiscan, mais il a vendu notre grain sans nous en parler», se souvient M. Perreault. «On s'en est rendu compte lorsque tout était fait. C'est nos commerçants de grain qui nous ont dit que le grain n'était plus là.»

Les conséquences ont été extrêmement fâcheuses pour ce producteur. «J'ai perdu pour 10 500 $ de maïs et 25 000 $ de soya», confie M. Perreault.

«Pour certains, c'est encore plus que ça. Ça ne prend pas de temps frauder pour 70 000 $. Certains producteurs ne vivent que des cultures du grain. C'est encore plus préoccupant pour eux. Ça mange les profits et l'année d'après, le producteur manque d'argent pour faire ses semences.»

Tous les producteurs qui ont accepté de discuter avec Le Nouvelliste ont affirmé qu'ils avaient fait confiance à Olivier Charrière. D'ailleurs, plusieurs le connaissaient personnellement ou connaissaient sa famille. «On laisse partir deux chargements de soya qui valent chacun 13 000 $ et on fait confiance», souligne Madeline Besson de la ferme Besson de Sainte-Geneviève-de-Batiscan.

Comme le précise Louise Lacoursière, la plupart des producteurs agricoles victimes des fraudes ne reverront jamais la couleur de leur argent. La Régie des Marchés Agricoles et Alimentaires du Québec (RMAAQ) offre une garantie de paiement, mais les critères d'admissibilité s'appliquaient difficilement à cette situation.

Selon le site Internet de la Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec, le délai pour demander une réclamation si un acheteur ne paie pas dans les 14 jours est de sept jours, à condition que celui-ci soit titulaire d'un permis de RMAAQ. Malgré des demandes d'entrevues, il nous a été impossible de discuter avec un représentant de la fédération ou avec de l'Union des producteurs agricoles du Québec (UPA).

«Nous n'avons pas fait de plainte, le grain était entreposé. C'est ce qu'on pensait», se souvient Roger Perreault. «Mais au bout de14 jours, ça faisait longtemps qu'il était parti. Maintenant quand le chèque n'est pas rentré, on prend le téléphone et on appelle.»

Liste des entreprises agricoles de la région

Gosguy 2012

R et H Perreault

Ferme Jerrayco

Ferme Besson

Ferme Gravel R.S.J.M.

Semences Nicolet

Ferme Nicksi

Bourassa Agro-service

Ferme Genevoise

Ferme Déry et fils

Ferme Sylvain Désaulniers

Ferme Labissonière et fils

Ferme du Rapide Sud

Ferme Nima

Ferme C.S. Toupin

Ferme SSK7

Les Entreprises

M et R Massicotte

Ferme BFJ

Ferme Gibily

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