Une préposée écope de 40 heures de travaux communautaires

Une préposée aux bénéficiaires devra réaliser 40 heures de travaux... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

Agrandir

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Une préposée aux bénéficiaires devra réaliser 40 heures de travaux communautaires pour avoir volé les cartes de crédit d'une personne âgée dans le cadre de son travail et l'avoir ainsi flouée d'une somme de 250 $ environ.

Manon Hébert, 57 ans de Trois-Rivières, a en effet admis, mardi, s'être emparée des cartes de crédit Sears et Visa d'une résidente âgée de 84 ans le 19 juin dernier à la Résidence Laviolette. Quelques jours plus tard, elle a utilisé ces mêmes cartes pour s'acheter de l'essence notamment et des souliers pour le travail. «C'est un geste pas intelligent. Je le regrette, je suis consciente de mes torts», a-t-elle répété à plusieurs reprises lors de son passage devant le tribunal.

Or, son plaidoyer a été enregistré dans un contexte où la société dénonce vivement les crimes commis contre les personnes âgées. Le juge Guy Lambert n'a d'ailleurs pas manqué de souligner qu'un article de La Presse faisait justement mention de la hausse des plaintes pour vols et fraudes commis par des préposés aux bénéficiaires contre les aînés. «La préposée est la personne qui est la plus près du patient. Son métier n'est pas facile, il n'est souvent pas valorisé», a-t-il tout d'abord indiqué.

D'un autre côté, le juge estime qu'il y a lieu de dénoncer le trop grand nombre de crimes qui sont commis contre les gens âgés.

«Il devient important de faire des vérifications pour savoir qui on engage pour s'occuper des personnes vulnérables», a-t-il notamment ajouté.

Dans le cas de Manon Hébert, cette dernière n'en est pas à ses premiers vols. Le procureur de la Couronne, Me Jean-Marc Poirier, a mentionné qu'elle compte en effet des antécédents de même nature qui datent de 1993 et 2013. Il a aussi pris soin de souligner qu'elle était sur le coup d'une probation lorsqu'elle a volé sa patiente en 2014. Pour lui, il s'agit d'un crime prémédité puisqu'il s'est écoulé quelques jours avant qu'elle n'utilise les cartes de crédit pour se procurer des biens. Il a donc réclamé une peine de prison sans toutefois donner de quantum.

L'avocate de la défense, Me Mélanie Bédard, a plutôt suggéré une absolution inconditionnelle, mentionnant que sa cliente avait entrepris une réhabilitation et réglé ses problèmes personnels suite à un divorce difficile. Selon elle, les risques de récidive sont nuls. Manon Hébert travaille maintenant comme préposée aux bénéficiaires dans un endroit qui accueille des personnes aux prises avec des problèmes cognitifs. Elle n'aurait pas accès à leurs ressources financières.

Le juge Lambert a tenu compte du fait qu'elle est toujours un actif pour la société et qu'elle a plaidé coupable. Toutefois, il est clair dans sa tête qu'une absolution irait à l'encontre de l'intérêt public. La peine de prison aurait été l'ultime alternative. Il lui a donc imposé une sentence suspendue avec un suivi pendant neuf mois. Au cours de cette période, elle devra entreprendre et compléter la thérapie suggérée par son agent de probation, réaliser 40 heures de travaux communautaires et payer les suramendes de 600 $.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer