Procès d'une ancienne mère d'accueil: un climat de peur

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) L'ancienne mère d'accueil, qui subit son procès pour voies de fait entre 1983 et 1986, avait instauré semble-t-il un climat de peur auprès des trois filles dont elle avait la garde.

Selon l'une des présumées victimes, les règles étaient tellement strictes dans la maison qu'elle et ses soeurs n'avaient pas le droit de parler ni presque de respirer pour reprendre son expression. «On avait peur!», s'est-elle exclamée, jeudi, dans le cadre du procès.

Elle prétend que l'accusée les aurait même obligées à manger du savon. Toujours selon ses dires, elles étaient forcées de faire plusieurs tâches ménagères sous peine de corrections physiques et de punitions allant jusqu'à leur mettre la tête dans le bol de toilette, ce qui n'était pas le cas pour ses enfants biologiques. Elle a de nouveau réitéré que le fils de cette dame, autant que le père qui est aujourd'hui décédé, s'étaient livrés à des abus sexuels entre l'âge de 8 ans et 13 ans.

Toutefois, dans le cadre du contre-interrogatoire mené par les avocats des deux prévenus, soit Me Simon Ricard et Me Mario Melançon, elle a été confrontée à certains éléments de sa déclaration faite aux policiers lors du dépôt de sa plainte en 2010.

Ils ont aussi voulu la mettre en contradiction avec des portions de son témoignage à l'enquête préliminaire. En fait, le travail de ces derniers a consisté, hier, à tenter de miner sa crédibilité que ce soit sur les crimes dont elle aurait été victime, les circonstances autant que sur des détails de son quotidien.

Rappelons que l'accusé, âgé maintenant de 52 ans, fait face à des chefs de viol, d'attentat à la pudeur, de grossière indécence et d'agression sexuelle contre les deux soeurs plus âgées. Les gestes auraient été perpétrés entre 1976 et 1986. Il était mineur lorsque les délits auraient commencé.

La mère d'accueil, qui a 77 ans, se serait pour sa part livrée à des voies de fait. L'acte d'accusation porte uniquement sur l'une des trois filles en raison d'une prescription sur les délais. Notons que le témoignage de cette première présumée victime fait l'objet d'un voir-dire puisque la procureure de la Couronne, Me Martine Tessier, veut faire une preuve de faits similaires. Le procès va se poursuivre aujourd'hui devant le juge David Bouchard.

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