Une des présumées victimes dit avoir été abusée à 8 ans

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Le procès conjoint de cette ancienne mère d'accueil et de son fils, accusés de sévices physiques et sexuels, s'est poursuivi, mercredi, avec le témoignage de l'une des présumées victimes.

Cette dernière, qui est aujourd'hui âgée de 49 ans, a notamment raconté avoir été placée dans cette famille d'accueil de Trois-Rivières par les services sociaux en 1974 à l'âge de 8 ans en même temps que sa jeune soeur. Une autre de ses soeurs a également été placée dans cette famille mais elle est arrivée quelques mois plus tard.

Dès le premier soir, elle soutient avoir été abusée par le père d'accueil, qui est aujourd'hui décédé. Puis, c'est l'accusé, âgé de moins de 14 ans à cette époque, qui se serait à son tour livré à des délits sexuels.

Selon elle, les abus se sont poursuivis tant de la part du père que de son fils pendant toutes les années où elle est demeurée dans leur maison. Elle a quitté les lieux à l'âge de 13 ans après une violente dispute avec sa mère d'accueil, contrairement à ses soeurs qui y sont demeurées pendant plusieurs années.

L'accusé aurait ainsi profité de l'absence de ses parents pour l'agresser sexuellement, que ce soit par des gestes de masturbation, des fellations ou des tentatives de pénétration. Elle a répété à quelques reprises qu'elle n'avait jamais été consentante mais qu'elle n'avait pas le choix de l'être parce que l'accusé lui disait que si ce n'était pas elle, il s'en prendrait à ses soeurs.

Ayant peine à retenir ses sanglots, elle a précisé qu'elle souffrait encore de cet épisode de sa vie. «J'ai le sentiment de ne pas avoir été capable de protéger mes soeurs. Le sentiment aussi que personne ne m'a entendue lorsque je parlais de ce qui se passait», a-t-elle déploré.

Rappelons que l'accusé, qui est défendu par Me Simon Ricard, fait face à des chefs de viol, d'attentat à la pudeur, de grossière indécence et d'agression sexuelle contre les deux soeurs plus âgées. Selon l'acte d'accusation, les gestes auraient été perpétrés entre 1976 et 1986.

Parallèlement à ces abus, la plaignante a aussi été longuement interrogée par la procureure de la Couronne, Me Martine Tessier, sur les sévices physiques commis par la mère d'accueil qui est, pour sa part, accusée de voies de fait entre 1983 et 1986 sur l'une de ses soeurs.

Notons que son témoignage fait l'objet d'un voir-dire puisque la Couronne veut faire une preuve de faits similaires et démontrer que la dame, qui est aujourd'hui âgée de 77 ans, se serait livrée à plusieurs sévices physiques contre les deux soeurs. On parle ici de punitions excessives, de coups et de gestes humiliants, et ce, sur une base régulière.

Par ailleurs, le juge David Bouchard a fait connaître, hier matin, sa décision sur le voir-dire relatif aux interrogatoires dont les deux accusés ont fait l'objet par les policiers. Dans le cas de la mère d'accueil, sa déclaration sera admissible en preuve contrairement à celle de son fils, prise par vidéo, qui a été rejetée. Le tribunal a invoqué ses droits constitutionnels, et plus précisément celui d'assistance à l'avocat, qui n'ont pas été respectés selon les règles de l'art.

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