Femmes agressées au centre-ville: le pénitencier pour Linda Laprise

Linda Laprise, une femme de 47 ans, a... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Linda Laprise, une femme de 47 ans, a pris le chemin du pénitencier, vendredi, pour avoir agressé trois femmes à la pointe d'un couteau, dont une qui a subi d'importantes lacérations au visage.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Linda Laprise, une femme de 47 ans, a pris le chemin du pénitencier, vendredi, pour avoir agressé trois femmes à la pointe d'un couteau, dont une qui a subi d'importantes lacérations au visage.

Le juge Guy Lambert l'a en effet condamnée à une peine de 30 mois de prison. Comme elle a été incarcérée pendant trois mois et demi à titre préventif depuis les événements, il lui reste 26 mois et deux semaines à purger. La procureure de la Couronne,Me Catherine Lemay, avait suggéré trois ans alors que l'avocate de la défense, Me Karine Bussière, avait réclamé une peine de 18 mois.

Dans la soirée du 10 novembre 2013, Linda Laprise avait agressé deux inconnues à la pointe d'un couteau. Elle était alors à la recherche d'argent pour se payer de la drogue. Dans un premier temps, elle s'était attaquée à une femme sur la rue Badeau. Armée de son couteau jaune dans la main, elle avait exigé de l'argent. Sous le choc, la victime avait tenté de la repousser. Linda Laprise lui avait alors lacéré le visage en lui coupant le bout du nez et la lèvre avant de prendre la fuite.

Quelques minutes plus tard, elle avait menacé une serveuse d'un bar du centre-ville qui venait de terminer son quart de travail mais toujours sans succès. La victime n'avait pas été blessée.

Linda Laprise avait finalement été arrêtée le 20 décembre à la suite d'un troisième vol qualifié commis cette fois-ci au restaurant Chez Théo. Laprise avait exigé le contenu du tiroir-caisse avec son couteau jaune. Or, elle avait pris la fuite quand la serveuse s'était mise à hurler.

En janvier dernier, elle avait plaidé coupable aux accusations de vols qualifiés, voies de fait causant des lésions corporelles, port de déguisement et à trois chefs de bris d'engagements pour avoir consommé de l'alcool et omis de respecter un couvre-feu lors de ses libérations sous conditions.

Vendredi, dans le cadre des plaidoiries sur sentence, la victime, Lili Villeneuve, qui a été blessée par Linda Laprise, a indiqué à quel point cet événement avait bouleversé sa vie. En raison d'un geste totalement gratuit, elle a été défigurée au point qu'elle a dû montrer une photo d'elle avant l'agression pour guider le chirurgien. «J'ai dû apprendre à faire le deuil de mon ancien visage, celui sans cicatrices».

Aujourd'hui, elle prend du mieux et sa peau se régénère mais elle doit composer avec plusieurs séquelles comme de l'angoisse, des cauchemars, de l'insomnie, la peur de mourir, la honte, la culpabilité, le stress, la méfiance, la perte d'estime de soi, la difficulté à supporter le regard des autres, etc.

Cet événement a également provoqué une rupture entre elle et son conjoint et une incapacité à retourner au travail. À sa sortie du tribunal, la victime s'est toutefois dite soulagée par cette sentence. «Je suis contente car j'appréhendais qu'elle soit libérée. Je vais pouvoir tourner la page maintenant», a-t-elle indiqué.

À plusieurs reprises, Linda Laprise, qui était incapable de retenir ses larmes dans le box des accusés, a dit regretter les gestes qu'elle avait posés et a demandé pardon à Lili Villeneuve et aux autres victimes. «Je ne sais pas si ses regrets étaient sincères mais le fait de m'être adressée à elle devant le tribunal m'a fait du bien. Je trouve au fond qu'elle fait pitié. C'est une personne démunie», a-t-elle conclu.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer