Moins de crimes, plus de cas de maladie mentale

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Francis Gobeil, directeur de la Sécurité publique de Trois-Rivières.

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les infractions criminelles sont en baisse depuis cinq ans à Trois-Rivières, mais la police trifluvienne doit composer avec plus de cas impliquant des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale.

À l'instar de la tendance à l'échelle canadienne, la criminalité continue de se replier dans la capitale régionale. Selon le rapport annuel de la Sécurité publique de Trois-Rivières, 4910 infractions criminelles, excluant les dossiers reliés à la circulation et aux lois fédérales, ont été répertoriées en 2014. C'est 10 1,% de moins qu'en 2013.

Les crimes contre la propriété (-7,5 %) et ceux reliés aux stupéfiants (-6,7 %) affichent une diminution. Les crimes contre la personne sont toutefois en hausse de 4,5 %. Le triple meurtre

de la rue Sicard joue un rôle tristement important dans cette colonne de données, créant une croissance de 200 % du nombre d'homicides en 2014 comparativement à 2013.

«On a des bons programmes de prévention, des policiers qui reçoivent de la formation spécialisée, des bons enquêteurs. Mais on ne peut pas cibler un secteur en particulier», déclare Francis Gobeil, directeur de la SPTP, interrogé sur les raisons qui peuvent expliquer cette diminution de la criminalité.

Le directeur Gobeil se dit très heureux du taux de solution des infractions criminelles (54,2 %). Mais il constate d'autre part que le nombre d'interventions impliquant des personnes souffrant de maladies mentales a toutefois explosé, augmentant de 60 %. Cela représente 636 heures d'intervention de la part des policiers qui deviennent de plus en plus le service de dernier recours pour les proches de ces personnes qui bien souvent ne savent plus où donner de la tête.

«C'est une réalité qui nous rattrape. C'est beaucoup de temps d'intervention: assister la famille, les transports à l'hôpital. Mais on n'est pas des psychologues,

ni des travailleurs de rue. Il faut trouver de la formation et des ressources pour prendre en charge ces gens.»

De la formation est disponible pour les policiers. La direction de la sécurité publique regarde aussi ce qui se fait dans d'autres

corps de police où on met sur pied des équipes multidisciplinaires et on embauche des travailleurs sociaux.

«Les policiers ne sont pas les mieux placés pour répondre à des cas de maladie mentale. À Montréal et à Québec, les résultats sont probants avec des équipes mixtes (assistance psychologique avec des experts). Il faut développer cette complémentarité», ajoute M. Gobeil, qui convient que les corps policiers subissent les impacts de tous les resserrements budgétaires provenant des gouvernements.

Moins d'arrestations pour l'alcool au volant

Une baisse de 3,4 % est observée dans le nombre d'arrestations pour les capacités affaiblies. Cette diminution dure depuis 2010 et les nombreuses opérations policières en la matière n'y sont pas étrangères.

«On est en contrôle routier chaque semaine et aujourd'hui, on pense que le citoyen dans les bars a l'impression qu'il a une forte possibilité de se faire intercepter», commente le chef Gobeil.

Une statistique qui conserve de l'ampleur même si elle est en baisse depuis deux ans est celle reliée à l'utilisation du téléphone cellulaire au volant. Quelque 525 constats d'infraction ont été émis en 2014, comparativement à 592 en 2013 et 688 en 2012.

Le durcissement de la législation en la matière devrait aider à poursuivre dans cette voie: à compter du 23 avril, cette infraction entraînera la perte de quatre points d'inaptitude, alors qu'actuellement, la perte de points est de trois. 

Quand on sait que les jeunes conducteurs détenant un permis probatoire ont une limite de quatre points en banque, la mesure risque de faire son effet.

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