Olympiques: la victime alléguée d'un viol collectif se confie

La victime alléguée d'une agression sexuelle, impliquant quatre... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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La victime alléguée d'une agression sexuelle, impliquant quatre joueurs des Olympiques de Gatineau, survenue à Québec en janvier 2014 soutient recevoir des appels qui visent à lui faire peur.

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Alors que la police de Québec a décidé de ne pas aller de l'avant avec sa plainte, la jeune Trifluvienne qui affirme avoir été victime d'un viol collectif de la part de quatre joueurs des Olympiques de Gatineau a décidé de se confier, déçue de la décision des forces de l'ordre.

En visite à Québec le 16 janvier 2014 dans ce qui devait être une soirée sur la Grande Allée, Catherine (nom fictif) a décidé de faire un arrêt à l'hôtel Hilton, où logeait l'équipe, à l'invitation d'un des joueurs qu'elle considérait à l'époque comme un ami.

Les Olympiques étaient, selon ses dires, en arrêt à cet endroit puisqu'ils disputaient un match le lendemain à Baie-Comeau. «Quand je suis arrivée à la chambre, ce n'était pas mon ami qui était là, mais trois autres joueurs, explique-t-elle. Une de mes amies s'est chicanée avec l'un d'eux, et elles ont décidé de quitter, mais m'ont dit que je pouvais rester.»

C'est après le départ de ses copines que les choses ont mal tourné, indique-t-elle. Deux des joueurs lui auraient alors fait des avances, qu'elle a refusées. Les joueurs s'en seraient par la suite pris physiquement à son endroit. «Ils ont forcé la chose. Tu as beau te débattre, quand ils te tiennent les mains et les jambes, tu ne peux plus rien faire. En plus, ce sont des armoires à glace. Ils ont forcé le joueur que je connaissais à agir. Ils l'ont obligé. Lui, il disait de me lâcher, mais un autre joueur l'a forcé en disant que c'était son initiation. Ils me tenaient par les bras et la bouche. Je criais, je ne comprenais pas ce qui se passait.»

Les viols se seraient déroulés durant de longues minutes, avant que deux des joueurs décident de quitter.

C'est alors qu'un quatrième hockeyeur serait entré dans l'endroit et aurait imité ses coéquipiers après que Catherine ait été en mesure d'appeler ses amies pour leur dire de venir la chercher. «J'étais couchée sur le sol de la toilette. Ils avaient caché mon téléphone pour que je n'appelle pas la police. Quand l'autre joueur est arrivé, il m'a levée du sol et il m'a couchée sur le comptoir. Du début à la fin, je ne voulais pas», martèle celle qui était alors âgée de 18 ans.

Après quelques minutes, ses amies ont été en mesure de retrouver la jeune fille afin de la ramener à Trois-Rivières. Elle avoue aujourd'hui que si tout était à refaire, elle aurait porté plainte à la police immédiatement. «Je pleurais, je capotais, je shakais, je ne savais pas quoi faire. Je ne voulais pas en parler à mes parents.»

Depuis, Catherine souligne qu'elle a dû être suivie par un psychologue, en plus d'être médicamentée. Elle a abandonné l'école, ainsi que son travail.

Les textos se poursuivent

Durant les semaines suivant les agressions présumées, Catherine a continué de recevoir des messages texte de la part des joueurs en question, a constaté le Nouvelliste, qui l'incitaient à ne pas porter plainte. Hier encore, après que le 106,9 Mauricie ait recueilli ses propos, six appels ont été logés à son appareil à partir d'un numéro confidentiel.«Depuis que l'article est sorti, ça n'arrête pas. J'ai l'impression qu'ils veulent me faire peur. Je sais que c'est eux, parce que personne ne m'appelle en privé. Je répondais, mais ça ne parlait pas à l'autre bout

du fil.»

C'est afin de se libérer du poids qu'elle avait sur les épaules que la Trifluvienne a accepté de se confier. «Le monde devait savoir la vérité. Il y avait beaucoup de rumeurs et plein de commentaires méchants.»

Au-delà du viol collectif dont elle aurait été victime, Catherine se désole en pensant au travail du Service de police de la Ville de Québec, qu'elle n'hésite pas à critiquer. Elle avait décidé de porter plainte après avoir pris connaissance de l'affaire du Boston Pizza, où des joueurs des Olympiques se sont de nouveau retrouvés au coeur d'un scandale sexuel en février dernier. Après avoir rencontré deux policiers à Trois-Rivières, son dossier a été transféré à Québec où elle a porté plainte en mars dernier. «Ç'a duré six heures de temps où je n'ai même pas pu aller à la toilette. J'avais une lumière sur ma face, comme si j'étais la coupable. Les gars m'interrogeaient, je me sentais attaquée. Ils ne m'ont pas crue, ils ont tenté de me décourager plus qu'autre chose, entre autres en me disant que ça coûterait cher. Les policiers m'ont dit de dessiner le plan de la chambre. C'était identique. Mon amie avait même pris des photos de la chambre.»

Aucune accusation n'a finalement été portée contre les quatre joueurs des Olympiques, dont certains n'évoluent plus avec l'équipe.

«Les policiers m'ont rappelé le lendemain pour me dire que ma plainte n'allait pas aller plus loin. Comment ont-ils pu décider ça en une journée? Je trouve ça ordinaire.»

Le SPVQ a préféré ne pas commenter les allégations, notant que jamais les cas d'agression sexuelle ne font l'objet de commentaires dans les médias.

Catherine compte maintenant faire appel à un avocat afin de poursuivre les joueurs au civil, elle qui dit que son nom est maintenant connu par toutes les équipes du circuit Courteau à titre de persona non grata.

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