Fausses accusations: 18 mois dans la collectivité pour Nancy Bédard

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Alain Leclerc, 28 ans, accusé de proxénétisme et d'agressions sexuelles sur des mineures, ne pourra reprendre sa liberté durant les procédures judiciaires.

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Pour avoir faussement accusé un octogénaire d'agression sexuelle, une femme de 43 ans, Nancy Bédard, a écopé d'une peine de 18 mois de prison.

Elle pourra cependant la purger dans la collectivité puisqu'elle n'a aucun antécédent judiciaire et que les conséquences sur la victime sont peu importantes. Il s'agit en fait d'un militaire à la retraite. Il a indiqué à la procureure de la Couronne, Me Marie-Ève Paquet qu'il avait vu bien pire à la guerre.

Les faits qui sont reprochés à Nancy Bédard sont survenus le 14 juillet 2013. Ils sont d'autant plus particuliers que l'octogénaire a tout simplement voulu aider la dame en lui prêtant 40 $ pour soi-disant faire son épicerie.

Or, cette dernière souffre d'un problème de jeu pathologique. Après avoir passé une soirée au Salon de jeux de Trois-Rivières le 14 juillet, elle a porté une plainte à la police vers 1 h 50, se disant victime d'agression sexuelle par cet homme âgé de 82 ans. Elle soutenait même qu'il avait utilisé un couteau pour la menacer.

Une enquête a alors été déclenchée. La plaignante s'est rendue à l'hôpital où une trousse médico-légale a été effectuée. Elle a aussi donné une bonne description et l'adresse de son supposé agresseur.

Les policiers se sont rendus à sa résidence pour lui parler. Il a admis que la dame était venue le rencontrer mais sans plus. Il a donc été arrêté et conduit au poste pour un interrogatoire où il est demeuré 12 heures environ. Pendant ce temps, ses draps et ses vêtements ont été saisis, son logement a été fouillé mais aucune trace du couteau n'a été retrouvée.

L'enquête a alors permis aux policiers d'apprendre que la dame avait auparavant appelé cet homme pour lui demander de l'aide. Elle se trouvait alors au Salon de jeux. Il est allé la rejoindre. Elle lui a réclamé de l'argent pour supposément faire son épicerie et manger. Il l'a donc emmenée chez lui pour lui donner 40 $, mais elle voulait plus. Elle lui a même proposé des relations sexuelles mais il a refusé, se déclarant incapable à son âge.

Nancy Bédard est ensuite retournée au Salon de jeux. Peu de temps après, elle a porté sa plainte à la police pour l'agression sexuelle.

Lorsque confrontée sur les éléments de preuve recueillis par les policiers, elle a finalement admis avoir fait une fausse plainte. Elle a donc été accusée de méfait public. En octobre dernier, elle a plaidé coupable.

On a pu apprendre qu'avant les événements, elle avait rencontré l'octogénaire une seule fois à l'hôpital. Il lui avait donné ses coordonnées et offert tout simplement son aide en cas de besoin.

Jeudi, dans le cadre des plaidoiries sur sentence, Mme Bédard a indiqué au tribunal avoir posé ce geste sur un coup de tête, pour l'argent, et parce qu'elle était mêlée.

Son avocat, Me Yvan Braun, a réclamé à la juge une peine dans la collectivité sans quantum. Il a plaidé le fait que sa cliente était démunie et qu'elle était prête à suivre une thérapie pour ses problèmes de jeu.

Me Paquet a elle aussi suggéré une peine dans la collectivité mais d'une durée de deux ans moins un jour. Elle a aussi demandé des travaux communautaires et une probation avec suivi. Elle a notamment insisté sur les coûts que cette fausse plainte avait engendrés. Les policiers ont notamment fait une quarantaine d'heures supplémentaires.

Me Braun s'est opposé à l'imposition de travaux communautaires en rappelant que sa cliente souffrait de problèmes de santé qui limitent ses capacités.

Finalement, la juge a opté pour 18 mois de prison dans la collectivité et une probation dans laquelle Nancy Bédard devra se soumettre à une thérapie pour son problème de jeu notamment. Elle sera assignée à son domicile 24 heures sur 24 pendant les neuf premiers mois. Elle devra ensuite respecter un couvre-feu et de nombreuses conditions.

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