Une demande de libération conditionnelle refusée à Valérie Poulin-Collins

Valérie Poulin Collins... (Sylvain Mayer)

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Valérie Poulin Collins

Sylvain Mayer

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

La Commission québécoise des libérations conditionnelles a refusé, jeudi, d'accorder une sortie préparatoire à Valérie Poulin-Collins qui a enlevé un poupon le 26 mai dernier au CHRTR.

La jeune femme avait écopé en octobre dernier d'une peine de 31 mois de prison pour l'enlèvement de bébé Victoria, pour quatre vols à l'étalage et une possession de méthamphétamine. Or, en tenant compte de la détention préventive effectuée depuis son arrestation, calculée à temps et demi, elle devait purger deux ans moins un jour à la prison Tanguay.

 Ayant purgé le sixième de sa peine, elle pouvait donc demander à la Commission de bénéficier d'une sortie préparatoire à la libération conditionnelle.

Par le biais de son avocate, Me Karine Bussière, elle a donc présenté un plan de sortie qui prévoyait notamment une thérapie fermée à la Maison Carignan de Trois-Rivières. Cette thérapie avait d'ailleurs été adaptée à ses propres besoins. Qui plus est, elle aurait bénéficié d'un suivi par un psychiatre et un psychothérapeute. Il faut se rappeler qu'elle souffre entre autres d'une tumeur bénigne au cerveau, d'un trouble de personnalité limite et de problèmes de consommation.

La Commission a certes tenu compte également de sa motivation à se reprendre en main, de ses remords, de sa conscientisation, de sa participation aux programmes offerts en détention, des recommandations positives de ses intervenants et de son projet de sortie.

Or, la permission lui a été refusée. Dans la décision de la Commission, on lui reproche notamment son comportement carcéral inadéquat. Valérie Poulin-Collins a notamment eu un rapport disciplinaire en janvier 2015 pour refus d'obtempérer. Elle peut quelquefois se montrer arrogante aves les agents et refuserait de prendre à l'occasion sa médication ou ses repas. On a aussi saisi dans sa cellule des rasoirs, des ensembles de couture et des gants en dépit d'une interdiction en ce sens. Elle a aussi été congédiée de son travail en détention (le poste de lavage) pour y avoir volé des vêtements. Elle a toutefois pu réintégrer ce poste plus tard. Enfin, on lui reproche d'avoir nié des idées suicidaires en prison.

On peut lire en guise de conclusion: «La Commission est d'avis que ce genre de comportement n'est pas celui requis pour pouvoir bien fonctionner dans un contexte de ressource thérapeutique. La Commission considère que vous devez démontrer plus de stabilité à ce niveau de façon durable avant de considérer un séjour dans un environnement moins restrictif qu'un centre de détention. Pour tous ces motifs, la Commission conclut qu'à ce stade-ci de la sentence, vous présentez un risque inacceptable pour la collectivité dans le cadre d'une sortie préparatoire.»

L'avocate de la jeune femme n'a pas caché sa déception devant cette décision. «Son plan de sortie était approprié et très structuré. À la limite, il aurait été pire que la détention compte tenu du travail qu'elle aurait dû faire sur elle-même dans la maison de thérapie. Je crois en la réinsertion sociale. C'est un principe de notre système. Cette décision envoie selon moi un drôle de message. Je crois sincèrement qu'il est davantage dans l'intérêt de ma cliente de bénéficier de traitements appropriés et de suivis serrés plutôt que de rester en prison», a-t-elle indiqué.

Elle entend d'ailleurs évaluer la possibilité de porter cette décision en appel. Sinon, Valérie Poulin-Collins devra attendre en juin, lorsqu'elle aura purgé le tiers de sa sentence, avant de retourner devant la Commission pour tenter à nouveau d'obtenir sa libération conditionnelle.

La petite Victoria avait été retrouvée saine et sauve quelques heures après son enlèvement.

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