Une mort qui aurait pu être évitée?

La signalisation déficiente sur un sentier de motoneige de la réserve faunique... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

Agrandir

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Bécancour) La signalisation déficiente sur un sentier de motoneige de la réserve faunique Rouge-Matawin pourrait être à l'origine du décès de Marc Marenger, un père de famille de Bécancour. Le motoneigiste de 41 ans est décédé le 13 février dernier après avoir heurté un camion-remorque qui circulait sur une route forestière, perpendiculaire au sentier fédéré sur lequel il se trouvait. Selon Maryse Lacroix, la conjointe de la victime, aucun panneau d'arrêt n'indiquait l'imminence du danger.

«À l'endroit où on a eu l'accident, il n'y avait pas de stop. Il n'y en avait pas du tout», affirme toujours très ébranlée Maryse Lacroix, qui était passagère sur la motoneige au moment de l'accident. «Le sentier de motoneige, le 63, croisait une route forestière. C'est un sentier fédéré et nous allions en direction de Mont-Laurier», ajoute-t-elle.

Le couple n'a jamais été conscient de la présence de la route forestière, jusqu'au dernier instant. Malheureusement, la collision n'a pu être évitée.

«Le camionneur n'a pas pu nous voir d'avance. Pour lui, nous étions comme un chevreuil qui sortait du bois. Quand on est sorti du sentier, il nous a vus à la dernière minute. Mon conjoint a mis les freins au fond et il a cambré les skis du mieux qu'il pouvait. Et on se penchait les deux vers la gauche pour frapper le fossé», explique Maryse Lacroix.

Le camionneur a eu comme réflexe normal de ralentir. Or, M. Marenger a frappé le dernier essieu du véhicule.

«Nous avons heurté la fin du camion. Mon conjoint est mort sur le coup», se souvient Mme Lacroix qui s'estime extrêmement chanceuse de n'avoir subi aucune blessure lors de cette violente collision.

Si son conjoint n'a pas survécu à ses graves blessures, Maryse Lacroix s'en est sortie indemne, physiquement du moins. Lors de l'impact, la dame a été éjectée de la motoneige. Elle s'est retrouvée à quelques mètres de l'endroit de la collision. Signe que l'impact a été violent, le casque qu'elle portait était fissuré.

L'arrestation d'un homme de 40 ans, le 11 février, soupçonné de vols de panneaux de signalisation dans la région de Saint-Zénon semblait, à l'origine, expliquer l'absence d'un panneau d'arrêt à l'endroit de l'accident. Plusieurs panneaux ont été trouvés dans la résidence de l'homme. L'hypothèse de sa responsabilité était même considérée par les forces de l'ordre.

Or, la Sûreté du Québec assure que l'accident de Marc Marenger n'est pas, selon les données de l'enquête en cours, lié à des vols de panneaux de signalisation de sentiers de motoneige.

Selon le sergent Gino Paré, porte-parole de la région concernée, l'alcool, la vitesse ou la drogue ne seraient pas en cause. Il explique de plus que les conclusions de l'enquête seront déposées au Directeur des poursuites criminelles et pénales qui déterminera si des accusations seront portées. Par ailleurs, le coroner étudiera les causes et les circonstances du décès. Il est possible, par la suite, qu'il émette des recommandations.

«Les policiers nous assurent que notre cas n'est pas relié aux vols de panneaux de signalisation. Nous étions à environ 100 km de Saint-Zénon», souligneMme Lacroix.

«Nous n'étions pas dans le secteur visé. Ça serait alors une signalisation déficiente. On ne sait pas pourquoi il n'y avait pas de stop là. Mais notre dossier est encore sous enquête. Ça serait la Fédération [des clubs de motoneigistes du Québec] qui serait en tort. Il y a une surfaceuse qui passe là régulièrement, pourquoi personne n'a signalé qu'il manquait un panneau d'arrêt?», se demande la conjointe de Marc Marenger.

La Fédération des clubs de motoneigistes du Québec se défend bien d'être responsable de l'application de la signalisation sur les quelque 33 000 km de sentiers du Québec.

La directrice générale par intérim de la Fédération, Denise Grenier, signale que c'est aux202 clubs de la province de s'assurer de la conformité de la signalisation sur les sentiers.

La responsabilité des sentiers de ce secteur incombe donc au Club de motoneige Notre-Dame-de-la-Merci. Malgré quelques tentatives, il a été impossible de discuter avec un responsable du club lundi ou mardi.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer