Soixante jours de prison pour un portier

Patrick Bellavance... (Photo d'archives)

Agrandir

Patrick Bellavance

Photo d'archives

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Un ancien portier du bar Le Temple, Patrick Bellavance, devra purger 60 jours de prison de façon discontinue pour avoir violemment expulsé un client de l'établissement et lui avoir infligé des voies de fait causant des lésions corporelles.

Les événements reprochés à cet individu étaient survenus le 6 septembre 2010. Un client s'était pointé au bar Le Temple en compagnie d'amies mais Patrick Bellavance lui avait refusé l'accès pour un motif personnel uniquement. En fait, il connaissait l'existence d'un conflit civil entre ce client et une amie.

Le plaignant était tout de même entré dans le bar. Le portier l'avait alors empoigné par le collet et l'avait sorti à l'extérieur. Il l'avait ensuite projeté sur le sol et lui avait infligé plusieurs coups de poing au visage au point de l'assommer.

Des clients avaient même tenté de retenir le portier mais en vain. Ce dernier avait ensuite traîné la victime sur le trottoir pour l'abandonner contre un lampadaire, en dépit de ses blessures évidentes. Les examens médicaux avaient d'ailleurs révélé une double fracture au visage.

Au terme d'un procès, Bellavance avait été reconnu coupable de voies de fait causant des lésions corporelles. Le juge Jacques Trudel avait conclu qu'il avait utilisé une force excessive et déraisonnable, et ce, même s'il avait l'autorité nécessaire à titre de portier pour empêcher un client d'entrer dans un bar ou carrément l'expulser.

Dans cette affaire, la victime n'avait pas été en mesure de se défendre contre cet assaut, d'autant plus que Bellavance fait de la boxe, pratique des arts martiaux et comptait 20 années d'expérience comme portier en 2010.

Lors des plaidoiries sur sentence, la procureure de la Couronne, Me Catherine Lemay, avait donc réclamé une peine de prison ferme tandis que l'avocat de la défense, Me Michel Lebrun, avait suggéré une absolution inconditionnelle.

Hier, lors du prononcé de la sentence, le juge Trudel a rappelé que Bellavance avait déjà bénéficié d'une absolution conditionnelle pour des événements semblables survenus en 2012, soit deux ans plus tard. Même s'il n'a aucun antécédent judiciaire, il avait tout de même récidivé.

Le tribunal retient d'ailleurs le fait que Bellavance n'a jamais manifesté de remords, ni de regrets dans cette affaire pour les blessures infligées à la victime. Il n'a jamais non plus admis ses torts et démontré une certaine forme de conscientisation. En cour, il avait clamé avoir uniquement fait son travail. Ses propos avaient d'ailleurs soulevé de sérieux doutes dans l'esprit du juge sur les risques de récidive éventuels.

Le tribunal a indiqué hier percevoir chez lui de la frustration et de l'agressivité. L'abus de pouvoir qu'il a commis, la violence dont il a fait preuve, le fait qu'il ait initié l'altercation avec le client, les séquelles physiques et psychologiques de ce dernier sont d'autres facteurs aggravants qui ont milité contre lui.

En fait, comme seuls facteurs atténuants, le tribunal a retenu son absence d'antécédent judiciaire, le fait qu'il soit un père de famille et un actif pour la société. Présentement, Patrick Bellavance travaille comme surveillant dans une école. En dépit de sa condamnation en décembre 2010, il a pu conserver son emploi.

Pour toutes ces raisons, et tout particulièrement en raison du risque de récidive et de l'absence de cheminement après la première absolution, le juge a favorisé le critère de dissuasion. Il a conclu qu'une peine de prison ferme s'imposait.

L'ancien portier devra donc purger 60 jours de prison les fins de semaine et se soumettre à une probation. Il lui sera interdit d'avoir des armes pendant dix ans.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer